Vendée Globe. Thomas Ruyant : Ça va repartir par devant, Alex est très bon !

Thomas Ruyant s'entraine à bord de LinkedOut pour le Vendee Globe au large de Groix, France, le 1 Juin 2020. (Photo Pierre Bouras / TR Racing)

Les leaders du Vendée Globe devraient s’extraire du Pot sans encombre aujourd’hui. Thomas Ruyant, 2e du Vendée Globe raconte son pot et la suite à venir.

« Encore un dernier grain, et je serai sorti du pot! »  C’est un Thomas Ruyant visiblement soulagé, satisfait et quelque peu étonné de la tournure de ce pot au Noir millésimé 2020 qui s’extrait ce matin sans encombre de cette si redoutée barrière de péage entre deux hémisphères. La porte de l’Atlantique Sud est en effet demeurée ouverte pour les premiers protagonistes du Vendée Globe qui s’y engouffrent avec envie dans le sillage d’un Alex Thomson absolument impérial de maitrise et d’autorité. « Deuxième du Vendée Globe! c’est génial » s’exclame Thomas, heureux de son long bord bâbord amure dans l’alizé. « Le vent a commencé à tourner franchement à l’Est dès hier » raconte-t’il. « On a pu mettre un peu d’Ouest dans notre route pour choisir notre chemin dans cette Zone de Convergence Intertropicale peu active. » Au menu des Solitaires, l’observation tous les quarts d’heure des images satellites pour bien repérer les amas nuageux synonymes de grains violents, jeu de voiles ad hoc à poste sur le pont, et une vigilance de tous les instants à l’arrivée subite des lignes de grains, pour réagir dans la seconde et adapter le plan de voilure à ces passages d’une rare brutalité de zones pluvieuses et ventées.

« Mais le pot cette année est vraiment docile et complaisant à notre égard » s’amuse presque le skipper de LinkedOut. « Il est relativement peu actif, et s’il a fallu beaucoup travailler et manœuvrer, il ne nous a pas beaucoup ralenti. Il nous a comme à l’accoutumée imposé énormément de travail à rouler et dérouler les voiles d’avant avec tout le corollaire de réglages induits. La chaleur est difficilement supportable, surtout à l’intérieur quand le moteur tourne. Il fait plus de 36 degrés et je ne supporte même plus le T.shirts. C’est bien d’avoir pu avancer correctement cette nuit, car le pot est moins virulent la nuit. Je pense que j’en ai pour encore 3 heures max, et puis j’en serai sorti. Je suis un peu revenu sur Alex, et Charlie (Dalin) s’est rapproché. Mais le phénomène de l’élastique va de nouveau fonctionner à mon avantage en se tendant en ma faveur après l’équateur. Ca va repartir par devant. Deuxième à l’équateur, ce sera une belle satisfaction, d’autant qu’Alex devant moi est, comment dire ? très bon ! »


LinkedOut pointait ainsi en ce début de matinée de la fin du 10ème jour de course à moins de 70 milles du leader Alex Thomson (Hugo Boss). Ce dernier franchira, sauf incident, l’Equateur en milieu d’après midi, améliorant le temps de course Les Sables – Equateur  d’Armel Le Cléac’h en 2016 (10 jours, 19 heures et 18 minutes). Un chrono que Thomas est lui aussi en mesure de battre.