Vendée Globe. Les skippers surpris par les annonces de la SAEM Vendée

Finish arrival of Armel Le Cleac’h (FRA), skipper Banque Populaire VIII, winner of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in 74d 3h min sec, in Les Sables d'Olonne, France, on January 19th, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe Arrivée de Armel Le Cleac’h (FRA), skipper Banque Populaire VIII, vainqueur du Vendee Globe en 74j 3h min sec, aux Sables d'Olonne, France, le 19 Janvier 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

L’annonce d’une décision le 15 juin d’un report ou non du Vendée Globe par Yves Auvinet, Président de la SAEM Vendée au cours d’une interview sur France 3 Pays de la Loire hier mardi, a surpris tous les skippers du Vendée Globe. Si certains d’entre eux saluent cette décision qui permet de sortir de l’incertitude le plus tôt possible, elle ne fait pas l’unanimité. Elle rompt surtout le “gentleman agreement” entre les skippers et la SAEM qui souhaitaient communiquer d’une seule voix, notamment auprès de leur différents partenaires dans ce contexte incertain du déconfinement. La Classe Imoca devrait communiquer ce jour pour prendre position et elle a invité les skippers à ne pas prendre position publiquement. Elle devrait réaffirmer que pour l’instant le Vendée Globe part toujours le 8 novembre.

Le village du Vendée Globe en question
En choisissant de communiquer cette date du 15 juin, la SAEM par l’entremise de son président, met clairement la priorité sur l’enjeu du village du Vendée Globe plus que sur la course en elle-même; On peut penser qu’Yves Auvinet a surtout voulu communiquer en direction de toutes les entreprises vendéennes directement impactées par cette incertitude; On peut le comprendre, les enjeux financiers sont importants. Mais cela donne l’idée que  la course est presque devenue le prétexte à cette grande kermesse du village.
C’est là peut-être où le bât blesse. Le Vendée Globe est avant tout une course au large et le public attend de rêver, de vivre cette aventure par l’entremise des skippers. Certains envisageraient même de prendre le départ le 8 novembre quoiqu’il advienne.
Chaque skipper voit midi à sa porte en fonction des intérêts de ses partenaires. Sébastien Simon défend la position de son sponsor Arkea-Paprec de reporter la course à 2021 quand Fabrice Amedeo ou Halvard Mabire pour Miranda Meron militent pour un départ le 8 novembre même sans village.
Côté sponsors, des entreprises vendéennes souhaitent un départ le 8 novembre prochain.
Jean-Jacques Laurent, le dirigeant du fabricant d’enduits PRB, qui soutient le skipper Kevin Escoffier « Je pense qu’il est important de faire ce Vendée Globe. Les gens auront besoin de rêver, la vie ne s’arrêtera pas. Pour le moment, restez confinés pour que la fête ne soit que plus belle le 8 novembre 2020.
Stéphane Windsor, directeur général de la coopérative vendéenne d’artisans du bâtiment, Artipôle, et co-sponsor du skipper Arnaud Boissières avec la Mie Câline :« Tous les événements du printemps et beaucoup de ceux de cet été sont annulés, il faut quand même qu’on ait un Vendée Globe. Financièrement, je ne vois pas l’intérêt de le reporter, la quasi-totalité des dépenses sont déjà effectuées »
Pour Christophe Guyony, le directeur général du volailler Maître Coq à Saint-Fulgent (85), qui accompagne le skipper Yannick Bestaven, « la plus grosse course médiatique, c’est le Vendée Globe. Si celle-ci était annulée, ça serait embêtant. Maintenir l’événement, c’est prouver la résilience de la Vendée. Même en période de crise, il faut continuer à communiquer ».

Benjamin Dutreux sur Water Family : ” C’est une bonne décision que nous soyons fixé assez vite. Aujourd’hui, nous sommes bloqués avec nos partenaires. Le 15 juin on pourra leur dire si la course a lieu en 2020 ou 2021. Le village c’est important pour nos partenaires. C’est le moment où ils peuvent mettre en place toutes leurs actions.

Fabrice Amedéo : ” Je regrette que la communication n’est pas été faite en concertation avec les skippers. L’avis de course parle d’une course autour du monde qui part le 8 novembre mais pas d’un village. Cette course c’est justement le rêve, le partage d’une aventure unique.