Vendée Globe. Regroupement à venir à Rio ?

Yannick Bestaven reste leader ce matin avec 320 milles d’avance. Il navigue sous spi et poursuit vers le nord en cherchant la meilleure route au travers des bulles anticycloniques qui trainent devant son étrave et l’empêchent d’aller vite. Le scénario d’un regroupement à la hauteur de Rio se précise.

L’écart s’est réduit depuis hier avec Charlie Dalin et Thomas Ruyant qui filaient à plus de 18 nœuds ce matin et se trouvent désormais à 320 milles du leader. Plus de 100 milles de perdus en 24h pour Yannick Bestaven et cela devrait continuer tout ce week-end. Damien Séguin en profite également pour revenir avec le grouep qui le suit : « Je réussis à mettre quelques milles à mes poursuivants. Je ne suis pas mécontent. J’arrive à tenir la distance, c’est bien pour la suite pour moi ! Charlie Dalin et Thomas Ruyant ne sont pas si loin que ça. » confiait Damien Seguin à la vacation de 5h.

La mer est d’un bleu profond, le ciel est pur, le soleil brille sur le pont de Maître CoQ IV. Yannick Bestaven dans une vidéo envoyée du bord hier, torse nu et lunettes de soleil, navigue au grand large du Brésil sous spi dans la chaleur de la latitude 30° Sud.

Déssérrement samedi, resserrement dimanche ? (LA MATINALE)Les dix solitaires en chasse du leader Yannick Bestaven laissent ce matin s’évacuer vers le Sud le centre dépressionnaire né sous les côtes Argentines. Ils bénéficient en ses bordures de conditions propices à allonger la foulée. C’est déjà le cas des deux plans Verdier Apivia et LinkedOut, véloces cette nuit dans les vents d’Ouest au Nord de la dépression, et qui ont grignoté une bonne soixantaine de milles sur le leader. Ce sera le cas ce matin de leurs poursuivants immédiats qui vont pouvoir se caler dans un flux d’Ouest Sud Ouest allant fraichissant et mettre de plus en plus de Nord dans leur route. Grands sont leurs espoirs de se rapprocher demain de Bestaven, pour un spectaculaire regroupement au large de Rio, à quelques 5 000 milles des Sables d’Olonne. Avec ses armes du moment, Thomas Ruyant n’est pas en reste, encore capable sur son « bon » bord, de belles vitesses. Il observe bien entendu le ralentissement de Bestaven, aux prises avec un petit centre dépressionnaire qui lui barre la route vers l’alizé de Sud Est. Ces vents qui soufflent le long des côtes du Brésil jusqu’au cabo Frio et l’entrée de la baie de Rio de Janeiro sont de plus en plus compressés par l’étalement de l’anticyclone de Sainte Hélène. Un véritable passage à niveau se met en place, que Bestaven, Ruyant et Dalin aimeraient franchir et voir se rabaisser devant leurs poursuivants, perspective hélas de plus en plus illusoire. C’est bien le scénario haletant d’un regroupement au large du Brésil qui se met en place, avec Sainte Hélène pour juge de paix. Cette édition hors norme du Vendée Globe continue de surprendre et de s’écrire d’imprévisible et peu orthodoxe manière.

Derrière, dans le Pacifique, par 57° Sud, on prend son mal en patience, on réfléchit à deux fois avant d’aller manœuvrer sur le pont. « J’ai les mains dures comme de la pierre, mais je suis content j’ai pu dormir pour la première fois sans bottes dans mon duvet. Je prépare mes chaufferettes » confiait le skipper de la Mie Câline-Artisans Artipôle ce matin à la vacation de 5h. Pour le groupe Boissières-Roura-Hare-Beyou, les cap Horn est encore distant de plus de 700 milles et une belle dépression pointe le bout de son nez. Avantage : vitesse pour rejoindre le dernier cap franchir, inconvénient :  encore des heures à jouer la prudence sur une mer cabossée et un froid de canard.

Merron-Giraud sortis de la tempête, Cousin a réparé sa grand-voile

Ils s’y étaient préparés, ils en sont sortis ! Clément Giraud et Miranda Merron ont subi hier et la nuit dernière une grosse dépression en provenance du nord générant de belles rafales à plus de 45 nœuds. A 600 milles dans l’ouest du point Némo, les deux navigateurs avaient pris les devants, réduit la voilure et fermé les écoutilles pour se sécuriser dans leur premier gros coup de chien. Les conditions en arrière du front sont maintenant propices à glisser à bonne vitesse même si la mer reste forte. Manu Cousin, lui, a réussi à réparer la déchirure de sa grand-voile suite à une défaillance de son pilote automatique causant un départ à l’abattée.