Vendée Globe. Ralentissement en tête

Le suspens est toujours présent en tête de course et ce finish reste toujours aussi incertain. Louis Burton a été le premier à ralentir, suivi par Charlie Dalin. Qui a trouvé le meilleur passage pour traverser la zone anticyclonique. Réponse dans quelques heures.

Le skipper de Bureau Vallée 2 s’est créé depuis 2 jours et la sortie du pot au noir un décalage latéral de 280 milles plus à l’Ouest que Charlie Dalin. « Il peut rattraper des vents de Sud-Ouest et bénéficier d’un couloir anticyclonique avec un flux plus constant, plus soutenu et avec un meilleur angle que ses poursuivants, décrypte Sébastien Josse, consultant météo au Vendée Globe. Les autres seront vent arrière, ce qui les obligent à davantage de manœuvres. Louis pourrait rester dans le même flux jusqu’aux Sables d’Olonne et avoir plusieurs heures d’avance à l’arrivée ». Charlie Dalin, contacté à la vacation ce matin, assure néanmoins que les deux skippers qui mènent la course « vont se retrouver sous les Açores ». Et le vainqueur de la Transat Jacques-Vabre de préciser : « il va falloir enchaîner les empannages et les changements de voile, il y aura encore du travail d’ici l’arrivée ! ».
Une chose est sûre c’est que les obstacles sur la route des skippers ne seront pas finis.

Longtemps deuxième du Vendée Globe, le skipper de LinkedOut n’est pas avantagé alors que les conditions sont actuellement propices aux foilers. « Je savais que la remontée de l’Atlantique allait être compliqué avec beaucoup de tribord amure, confiait-il à la vacation ce matin. Avec un bateau diminué (avarie à son foil bâbord), c’est difficile et frustrant de ne pas rivaliser avec ceux qui sont autour de moi ». Thomas Ruyant assure « prendre son mal en patience » et « garder un esprit de compétiteur ». « Dans quelques jours, la brise au portant va me permettre de me stabiliser un peu. Il y aura peut-être moins d’écart donc je vais tout faire pour garder le contact ».

Beyou- Boissières-Roura, bataille dans l’Atlantique sud

« On a beaucoup parlé de la tête de course mais nous aussi, on était au corps-à-corps ! » Ce constat, Arnaud Boissières l’avait fait en 2013, en plein duel entre François Gabart et Armel Le Cléac’h. Sept ans plus tard, le skipper de La Mie Câline – Artisans Artipôle est à nouveau en course, loin du groupe de tête mais ça ne l’empêche pas de batailler, entre Jérémie Beyou (Charal) et Alain Roura (La Fabrique). « C’est très excitant ce match entre nous, je vais tout faire pour rattraper Jérémie et rester à bonne distance d’Alan », souligne Arnaud, invité du Vendée Live ce midi. Jérémie Beyou, toujours aussi combatif, est monté au mat pour réparer son J2. Dans le même temps, Alan Roura, qui doit contourner une dorsale comme Arnaud Boissière, espère « sortir de ce passage à niveau avec ‘Cali’ et remonter à bloc. C’est ma carotte et ma motivation même si je suis obligé de donner plus avec ce bateau un peu handicapé ».

Pipe Hare et la piqûre

La navigatrice anglaise n’est pas épargnée par les galères dans ce Vendée Globe. Après avoir affronté une forte dépression ces derniers jours, Pipe Hare a connu une autre mésaventure. Elle raconte dans un mot du bord : « J’ai été piquée dans le dos par une Galère portugaise, autrement appelée Physalie ou Vessie de mer ». La skippeuse de Medallia parle de ces « petits fléaux maléfiques » bleutés qui ont envahi le pont en profitant des vagues qui déferlaient. Pipe a ressenti une « brûlure à l’arrière de la nuque » qu’elle s’évertue à soigner en se maintenant au sec pour ne pas que ça s’infecte. Et l’Anglaise d’ajouter : « ce n’était pas vraiment prévu. Rire est la bonne solution, la seule autre option serait de me recroqueviller en position fœtale et d’espérer que le vent me ramène éventuellement aux Sables d’Olonne ».

Une flotte très homogène

Certes, il y a plus de 6000 milles d’écart entre le 1er Charlie Dalin et le dernier, Ari Huusela. Pourtant, il s’agit à ce stade de la course de l’écart le plus faible entre la tête et la queue de la flotte. « C’est du jamais-vu », soulignait ce matin Christian Dumard de la cellule météo du Vendée Globe. Une façon aussi de souligner que tous les rescapés de la course, quelles que soient leurs positions, réalisent tous un sacré un Vendée Globe de haute volée.

Les yeux pleins d’étoiles

Les nuits dans l’Atlantique n’ont plus grand chose à voir avec celles dans les mers du sud. Alors, malgré l’intensité de la course et la nécessité d’avancer, chacun prend le temps, une poignée de minutes, afin de lever les yeux au ciel. Charlie Dalin, à la vacation du matin, résumait ainsi sa dernière nuit dans les alizés : « elle était belle, ventée et pleine d’étoiles ». Et il poursuit : « là où je veille, j’ai un hublot au-dessus et je peux voir les étoiles, comme quand j’étais petit sur le plafond de ma chambre ! C’est très beau. Je peux faire de beaux rêves… » Clarisse Crémer (Banque Populaire X) évoquait elle aussi « les belles nuits étoilés ». « Il faut chaud et ça permet de sortir dehors pour en profiter. En ce moment, je n’ai qu’une envie, c’est de partir en vacances aux Antilles. »