Vendée Globe. Problèmes structurels sur Hugo Boss, Alex Thomson va t-il abandonner ?

Flottille 35F de la @MarineNationale il y a quelques jours dans le Golfe de Gascogne. Visage souriant avec des yeux en forme de cœur © Marine nationale / Défense

Alex Thomson a annoncé samedi soir avoir des problèmes structurels sur son IMOCA HUGO BOSS. Il a alerté cette nuit la direction de course de ses « problèmes possibles de structure ». Il poursuit sa route à vitesse réduite et a déjà perdu beaucoup de terrain. Est-ce que la course est finie pour lui ? On ne le sait pas encore.

Cette nuit, l’équipe d’Alex Thomson a alerté la direction de course de la survenance d’un « problème possible de structure ». Voici les faits (succints) énoncés pour l’heure : le skipper de HUGO BOSS a pris contact avec son équipe à terre à 20 heures (HF) samedi. A la discussion technique ont été conviés les architectes de VPLP et les ingénieurs structure, afin « d’envisager les solutions avec l’équipe à terre et de définir un programme de réparation et un calendrier ».

Sur son site internet, on peut y lire le message suivant : Le samedi 21 novembre, vers 19h00 UTC, Alex Thomson a notifié à son équipe à terre un éventuel problème structurel à bord du bateau HUGO BOSS. Alex était situé à environ 800 miles à l’est de Rio de Janeiro dans l’océan Atlantique Sud, et était à 13 jours de course. Thomson et son équipe, ainsi que leurs architectes navals et ingénieurs en structure , travaillent maintenant ensemble pour évaluer l’étendue du problème structurel et pour déterminer un programme de réparation et un calendrier. Thomson est en sécurité et en dialogue régulier avec l’équipe. L’organisation de course du Vendée Globe a été notifiée et est bien informée.

Lorsque l’on dit problème structurel, on pense évidement à la zone de slamming, – la zone sous la coque qui retombe dans l’eau brutalement lorsque le bateau vole puis retombe sur les vagues. Elle se situe à hauteur des foils sur la plupart des foilers, très en arrière alors qu’elle est juste derrière l’étrave sur un bateau à dérive. Les efforts portés sur cette zone sont très importants et la plupart des foilers l’ont beaucoup renforcés après leur mise à l’eau en rajoutant des cloisons. Les architectes ayant du mal à en établir les contraintes. Alex Thomson après sa mésaventure sur la Transat Jacques Vabre, l’a peut-être fait davantage que les autres en renforçant également la zone autour de la quille.

Comment Alex a t-il su qu’il avait des problèmes structurels ? Son bateau est bardé de capteurs intégrés directement dans le carbone de ses appendices et de sa coque qui permettent de mesurer les efforts et problèmes structurels éventuels. Soit il a constaté de visu un problème : délaminage, fissure, voie d’eau, soit une alarme s’est déclenchée grâce à un capteur suite à la rupture d’une fibre lui indiquant un problème de structure.

Lire l’article :La fibre, la meilleure amie des skippers

Alex va-t-il abandonner ? Si Alex constate un problème grave de structure, il est évident que sa course est finie. Il ne prendra pas le risque d’aller dans les mers du sud avec un bateau fragilisé. Toute la question est de connaitre et de mesurer ce problème. “Il est en contact avec son équipe technique et les architectes de VPLP pour faire un bilan des dégâts « internes » ; un check de tout le bateau de l’avant à l’arrière doit être opéré. Nous avons été informés hier à 21 heures. ” indique Hubert Lemonnier, directeur de course adjoint. Alex est en contact avec les architectes donc il doit savoir où se situe le problème et ils vont pouvoir lui dire le danger éventuel que cela représente de continuer. Une chose est sûre, c’est qu’Alex devra lever le pieds sur son Hugo Boss.

Alex était alors toujours en 2e position de la flotte, il avançait à 16,3 nœuds (sur 4 heures) dans un vent medium et face à une mer relativement sage (1,7m de houle de face). A 800 milles au large de Rio de Janeiro, il concédait une trentaine de milles à Thomas Ruyant (LinkedOut), leader encore ce dimanche matin. A 10h, il était à 90 nm de Thomas Ruyant et n’avançait qu’à seulement 6nds.

Joint ce matin à la vacation, Charlie Dalin (Apivia) pouvait témoigner du tempérament pour le moins déstabilisant de ce front froid qui coupe en deux l’anticyclone : « J’ai eu l’impression de revivre un passage de pot au noir, en encore plus bizarre. J’ai trouvé des variations de vent assez étranges, des changements brusques de direction et de force, je ne m’attendais vraiment pas à ça. J’ai même eu du Nord-Ouest, des grains hier. Ce matin, la mer s’aplatit, il y a un beau ciel étoilé, c’est magnifique ».

Privé de sommeil cette nuit – moins d’une heure en cumulé – Charlie n’avait pas eu le temps de prendre connaissance des contrariétés de son rival britannique. « J’espère que ce n’est pas trop grave et que l’étendue des dégâts est limitée. J’espère surtout que cela ne signifie pas pour lui la fin du Vendée Globe. On fait une belle course avec lui et le trio que nous composons est très stimulant ».