Vendée Globe. Louis Burton en confiance !

Louis Burton s'entrainant sur l'imoca Bureau Vallée 2 pour le Vendée Globe 2020 (Photo Stephane MAILLARD)

Louis Burton est au taquet depuis le départ sur ce Vendée Globe. Il ose, il suit sa route et son bateau Bureau Vallée II, vainqueur de la dernière édition est bien au rendez-vous. C’est une bonne surprise. Arthur Hubert, le boat Captain nous parle des évolutions qui ont été faites sur le bateau.

Nous avons eu Arthur quelques heures après le choix de Louis de descendre plein sud pour contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène. A ce moment-là, Louis Burton était le seul à tenter cette option avant d’être rejoint ensuite par Sam Davies. « J’ai eu Louis. Il est en confiance. Il suit sa route. Ce n’est pas un coup de poker. Il y va ! »
La confiance dans son bateau, c’est aussi une donnée fondamentale sur un Vendée Globe. Louis Burton l’a assurément sur son Bureau Vallée II même s’il n’a pas navigué beaucoup avec. Il est actuellement 8e et file dans le sud à bonne vitesse rivalisant avec Initiatives Cœur et PRB depuis le départ alors qu’il n’a que des foils de première génération. Si le bateau a été bien pensé dès le départ par Verdier-VPLP, Louis l’a depuis bien pris en main. Arthur Hubert nous décrit ses évolutions et tous les petits détails qui font parfois la différence.

« L’évolution majeure qui a été faite est le système de réglage des foils. Suite à son avarie lors de la Route du Rhum 2018, la poulie qui permettait de descendre le foil s’était arrachée de la coque. On en a profité pour changer le système. Il a été testé sur la Transat Jacques Vabre 2019 avec Davy Baudart. On a vu que l’évolution était payante. On s’est rassuré en vitesse. En plus, le bateau n’avait pas encore son jeu de voiles neuves. Ce qui est le cas depuis. 

On a beaucoup travaillé sur le confort à bord. Louis est plus performant quand il va bien. On a fermé la casquette notamment. Ce sont plein de petits détails que l’on a amélioré. Sous la casquette, on avait une toile en Spectra qui faisait beaucoup de bruit en vibrant avec le vent. On est passé sur un plexiglas développé par Arkema qui fait 3mm d’épaisseur, plus transparent et qui ne fait pas de bruit. On a fermé la casquette à l’arrière avec une bâche qui vient jusqu’au rail d’écoute et qui ferme un peu comme sur Apivia. Cela enlève beaucoup le retour du vent par l’arrière, cela ne fait plus de bruit. Il y aune sensation de confort qui est beaucoup plus forte. On a remis aussi le siège de barre à la forme du gabarit de Louis.

On a également travaillé sur les manières de matosser. On a rajouté des palans des deux côtés du bateau pour amener facilement les voiles à l’arrière. Maintenant, il n’a plus qu’à mettre ses voiles sur les palans et cela renvoi tout à l’arrière dans les fonds de coque. On a également un toboggan de matossage. C’est ce qu’il avait sur son précédent bateau pour matosser de tribord à bâbord. Avec un rail au plafond, Louis peut passer les voiles d’un côté à l’autre facilement et rapidement. Là on a fait un tobogan qui part de la bannette au vent vers la bannette sous le vent et qui s’accroche sur les tunnels où passent les bouts. Cela motive à matosser chaque truc.


On a mis également un chauffage. Il y avait une penderie qui a été développé par Banque Pop. Là, cela permet de prendre moins d’affaires. Cela marche très bien. Ça chauffe et permet de sécher les affaires et ventiler à bord.
Quand il est en confiance, il va vraiment bien. Le bateau est fiable, il a été hyper bien pensé et développé par Banque Pop. Louis connait très bien son bateau. Il a eu toute les data après le Vendée d’Armel. Il n’a pas les mêmes questions par exemple que les bateaux de nouvelle génération qui se sont inquiétés après le démâtage de Corum.


Il a cet avantage même s’il n’a pas énormément navigué. Il a également l’expérience du précédent Vendée globe, ce qui l’a sans doute amené à descendre plus sud vers les glaces. Louis est en confiance.
Les foils sont les mêmes mais il peut en gérer l’incidence. On a fait un peu de la performance avec KND, Louis joue beaucoup avec ses sensations et il valide ses réglages. Il allait plus vite que PRB dans la descente. Il a trouvé des réglages intermédiaires. La route est encore longue. 
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