Vendée Globe. L’écart se creuse devant, la flotte s’étire

Photo envoyée depuis le bateau Newrest - Art et Fenetres pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 19 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Fabrice Amedeo)

Alex Thomson est toujours en tête ce matin mais Thomas Ruyant devrait lui prendre son leadership dans la journée avec son positionnement plus Est. Charlie Dalin, 3e, reste en observation et s’est positionné entre les deux. Les heures qui viennent rendent encore très incertaine la meilleure trajectoire pour contourner Sainte-Hélène.

Derrière ce trio qui joue la gagne de ce Vendée Globe, la flotte s’étire. Jean Le Cam est encore dans la course avec PRB et Bureau Vallée. Louis Burton fait une très belle course. Son bateau, ex-Banque Populaire, est décidément très rapide et parvient à rivaliser avec Kevin Escoffier. C’est un peu la surprise de ce Vendée Globe.

60 milles derrière, Samantha Davies, Boris Hermann ont décroché. Ils sont rattrapé par Sébastien Simon sur Arkea Paprec qui revient à fond dans la course. C’est la bonne nouvelle pour son architecte de renom Juan Kouyoumdjian. Le bateau mériterait d’être au moins à une 4e place. Une place qui ne serait pas improbable la semaine prochaine. Son skipper met le charbon mais cela demande un effort considérable pour être capable de réguler en permanence comme il l’explique à la vacation. « J’ai bien avancé depuis 24h, j’ai repris du terrain, je suis super heureux d’avoir raccroché le wagon ! » confiait ce matin à la vacation de 5h Sébastien Simon. Le skipper d’ARKÉA PAPREC ne croit pas si bien dire : il est le plus rapide de la flotte avec 507,3 milles engloutis depuis 24h. A entendre le bruit de fond à l’autre bout du fil, son foiler semblait ce matin cavaler à vive allure, cognant parfois les vagues, volant à plus de 22 nœuds sur une mer formée. Mais le marin n’en avait visiblement cure : « J’ai bien dormi, je me suis mis des bouchons dans les oreilles, je vais d’ailleurs y retourner ! » racontait-il la voix claire. Sébastien, 10e ce matin, compte bien continuer sur la lancée : il trace sa route à 20 milles du tableau arrière de Sam Davies (Initiatives-Cœur), toujours sans girouette, donc sans donnée de vent.

Actuellement, 14 IMOCA naviguent désormais dans les alizés de l’hémisphère Sud, 14 skippers bienheureux d’avoir été épargnés par la Zone de Convergence Intertropicale et de glisser maintenant à belle vitesse le long des côtes brésiliennes. Pour Stéphane Le Diraison entré dans le Pot au Noir hier soir, ce n’est pas la même chanson. Encalminé dans la Zone de Convergence Intertropicale, le skipper de Time for Oceans mange son pain noir et se gratte la peau irritée par le sel et l’humidité ambiante. « C’est dingue, il fait une chaleur étouffante. Je slalome entre les nuages et les orages. Je soupçonne le Pot de se refermer sur moi. Je ne vais pas avoir la chance des premiers, je m’y vois encore bloqué pendant une quinzaine d’heures » racontait le skipper de Time for Oceans ce matin. Philosophe et adepte des bons mots, Stéphane parle de patience et décrit le ciel comme un feu d’artifice. « Juste un moment à passer » ajoute le solitaire qui navigue en cavalier seul, entre deux « paquets » : à 150 milles de La Fabrique (Alan Roura) et à 260 milles de One Planet One Ocean (Didac Costa).

Plus haut, au Cap-Vert, tandis que Nicolas Troussel a été rejoint par son équipe à Mindelo, 7 IMOCA filent vers le Sud dont s’est échappé Armel Tripon qui tente d’accélérer mais les conditions météos ne favorisent pas son retour. A contrario de Fabrice Amédéo qui revient sur la flotte après avoir contourner l’anticyclone.