Vendée Globe. La bonne option de Thomas Ruyant

Photo envoyée depuis le bateau LinkedOut pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 4 Janvier 2021. (Photo prise par le skipper Thomas Ruyant)

Thomas Ruyant a pris une option Ouest après le cap Horn qui a été payante. Il recolle un peu à Charlie Dalin. Le jeu s’annonce ouvert.

« Les conditions sont agréables. Ça change ! On arrive sur les horaires qui ne sont pas encore celles de l’Europe, mais là, il fait nuit et les nuits sont plus longues. On sent qu’on remonte dans le Nord ! On est en bordure d’anticyclone, je suis sur un bord de reaching un peu ouvert avec une mer plate, des étoiles et c’est sympa. Ça fait du bien de naviguer sur une mer qui n’est pas croisée où on peut aller vite assez facilement. Le ralentissement a eu lieu hier, maintenant plus ça va, plus j’aurai un petit peu de vent, avec un peu de refus, je suis sur un près très ouvert. Je suis en bâbord amures donc du bon côté pour moi. Je n’aurai pas le ralentissement qu’ont Charlie (Dalin) et Yannick (Bestaven) en ce moment. Après, Damien (Seguin), je ne sais pas. Ça bouge pas mal les prévisions. Il y a tellement de choix de route différents, il y a un peu de jeu. J’ai une route à l’écart, mais je suis plutôt content, ce n’est pas si mal.”

Option Ouest

“Après le passage du cap Horn, il y avait deux choix de route possibles. Une route plus directe vers le Nord avec un angle plus fermé, ou une route VMG avec quelques empannages à placer pour se rapprocher de l’anticyclone. Je ne sentais pas trop la route Est vu ma position. Les deux choix de route se valent, je suis un peu joueur de temps en temps, et je suis en mode chasseur. Des occasions et des choix d’options, il n’y en aura plus beaucoup après. C’est une route finalement assez peu risquée qui me permettait de faire quelque chose de différent pour essayer de recoller, même si j’ai peu d’espoir de recoller franchement sur Yannick. Je peux revenir sur Charlie. J’essaye de trouver mon chemin et de me rapprocher des deux premiers.

Il se passe beaucoup de choses en Atlantique Sud : les dépressions qui se forment dans l’Indien, des bulles anticycloniques, ce n’est pas fluide, mais ça ouvre le jeu sur cette remontée. Après, ce sera moins le cas, une fois qu’on sera dans les alizés de sud-est puis de nord-est. Les choses peuvent se faire en ce moment. Mais la route n’est pas simple !

Retour à la civilisation

“J’ai eu une super journée après le passage du cap dans le détroit de Lemaire, à l’intérieur de l’île des Etats et dans l’Ouest des Falklands. J’ai vu des cargos, une mer de couleur différente, du soleil. Hier, j’en ai beaucoup profité pour faire un gros contrôle de tout le bateau, quelques petites réparations. On sent qu’on a basculé dans un monde différent. J’avais l’impression d’être dans un monde parallèle jusqu’au Horn. Le changement est radical par rapport au grand Sud. On retrouve un monde plus normal. C’est une navigation en dehors du temps le grand Sud. On retrouve une navigation plus normale, on se rapproche de la civilisation, c’est une sensation agréable.”

Un Pacifique à tenter de raccrocher le wagon

“Je n’ai pas trouvé la longue houle que j’étais venu chercher, ni dans l’Indien, ni dans le Pacifique. J’avais eu des bribes en 2016 de ces longues glissades. Ça m’a manqué. La régate a été intense, j’ai eu la sensation de gérer des soucis techniques et de courir après quelques chose suite à mon épisode de voie d’eau. J’ai sans cesse essayé de raccrocher le wagon sans y arriver. Maintenant, la régate est intense, c’est aussi ça qu’on est venu chercher sur ce Vendée Globe. Je suis content d’avoir franchi mes obstacles et de remonter vers la maison. »