Vendée Globe. Jean Le Cam : “Un J2 dans la cuisine”

Photo envoyée depuis le bateau Seaexplorer - YC de Monaco pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 25 Décembre 2020. (Photo prise par le skipper Boris Herrmann) Yes We Cam!, skipper Jean le Cam (FRA) en vue

Jean Le Cam explique comment il est monté à son mât et ravive ses souvenirs d’enfance. Il a également fait atelier voilerie à bord de Yes We Cam.

” Si vous voyez quelqu’un qui va bien, c’est moi. J’ai vu un porte-conteneurs : je n’avais pas vu un bateau réel depuis l’océan Indien. Il est passé à 5 milles derrière, c’est déjà pas mal. Ce matin j’ai pris une bonne douche, j’ai bu mon café et j’ai bien dormi. Je suis dans la position du chasseur et non pas du chassé. La situation actuelle est on ne peut mieux.

Je pense qu’on a à peu près fait toutes les conneries possibles. Il y a une belle collection. C’était ma première montée au mât. Au premier coup, je me dis que j’allais déjà essayer de monter à 3 mètres et je n’arrivais pas à descendre ! Il vaut mieux être sûr de bien connaître tout le système pour descendre avant de monter tout en haut. La situation serait embêtante. J’adorais monter dans les arbres quand j’étais petit, j’étais le plus léger de la bande donc on m’envoyait toujours chercher les nids de pies et un jour j’étais resté coincé dans l’arbre (rires). Mon père avait dû venir me chercher car tout le monde était parti et m’avait laissé. Hier ça m’a rappelé ça, j’avais peur de rester coincé là-haut.

J’ai dû rester 45 minutes là-haut hier, j’ai des bleus partout parce que tu dois serrer très fort le mât pour ne pas donner de l’inertie dans le clapot. Je ne sais pas comment les marins peuvent monter au mât avec plus de mer, c’est de la folie. Je vais devoir remonter pour renvoyer mon J2 quand il sera sorti de l’atelier voilerie.

La position de chassé qu’a Yannick n’est vraiment pas facile car il doit la tenir. Le pire c’est qu’on risque de revenir sur tout le monde et la pétole va s’en aller. Je n’ai pas eu beaucoup de chance dans ma vie, mais si cela pouvait se faire, et c’est probable, ça serait pas mal. On verra bien.

Quand François Gabart avait gagné en 2013, j’étais 5 ou 6ème et j’étais au Cap-Vert quand lui était aux Sables d’Olonne. Normalement les premiers s’en vont. Cette année, ça revient par derrière. Après cette pétole là, c’est vent de travers, alizés, un petit Pot au Noir, donc ça devrait filer. Il va falloir matosser à fond et roule ma poule ! On fait une remontée très rapide. ”