Vendée Globe. Incertitude totale à 10 jours de l’arrivée !

Le skipper francais Louis Burton s'entrainant sur l'imoca Bureau Vallée 2 pour le Vendée Globe 2020 (Photo Stephane MAILLARD)

Charlie Dalin mène toujours la flotte dans des alizés de Nord-Est d’une vingtaine de nœuds mais Louis Burton allonge la foulée sur un cap plus abattu avec un écart latéral de plus de 250 milles.

Il reste encore plus de 2600 milles à parcourir et tout peut encore arriver. Le pot au noir a été franchi pour une bonne partie des skippers de tête qui ont été surpris par son activité et il faut s’atteler maintenant au prochain obstacle : un bel anticyclone qui s’étale devant leur étrave d’est en ouest.
Charlie Dalin handicapé par son foil a choisi de naviguer comme un bateau à dérive en serrant le vent pour tenter d’accrocher la dépression prévue dans quatre jours au plus proche des Açores. Là, il pourra empanner et accélérer sur son bon foil. Idem pour Thomas Ruyant. Louis Burton a choisi quant à lui de tirer sur la barre. Il a crée un bel écart latéral de 250 milles mais sans gagner encore beaucoup sur la route directe.

Derrière les deux leaders, les trajectoires de Thomas Ruyant et de Boris Herrmann (SeaExplorer-Yacht Club de Monaco) révèlent aussi le même dilemme : le skipper de LinkedOut est un peu dans la même configuration que le leader tandis que le solitaire allemand aborde une situation intermédiaire. Il joue donc sur une trajectoire hybride… Quant aux suivants, ils sont désormais tous sortis du pot au noir ce mardi matin, à l’exception de Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family) qui peinait encore sous des masses nuageuses. « Le jour va se lever d’ici quatre heures environ (vers 9h00 heure française), mais le gros problème, c’est en fait les sargasses. Ces algues sont très présentes et comme j’ai des problèmes de moteur, je m’appuie sur mon hydrogénérateur depuis des semaines et là, il ne supporte pas ces algues. Il faut que je sorte de ce coin-là ! »

On n’oubliera pas non plus Yannik Bestaven qui est à 140 milles du premier. Il bénéficie d’un temps de compensation comme Boris Hermann.

Un pot au noir très proche de l’équateur

Quant à Maxime Sorel (V and B-Mayenne), il a franchi la ligne de démarcation entre les hémisphères la nuit dernière, à 22h57 (heure française) après 71 jours 08 heures 37 minutes… Et il a été ralenti très rapidement ensuite car le pot au noir semble collé à l’équateur. Mais en deux jours, la ZCIT semble avoir bien évolué et le Mayennais dispose des trajectoires de ses prédécesseurs pour se faire une idée plus juste du passage optimal. Et ce sera aussi une information importante pour Armel Tripon (L’Occitane en Provence) qui devrait atteindre l’hémisphère Nord dès la nuit prochaine…

Avec une journée d’avance sur Clarisse Crémer (Banque Populaire X) qui précède toujours Romain Attanasio (Pure-Best Western) de près de 500 milles. Quant à Isabelle Joschke (MACSF) hors course, elle progresse encore à vitesse réduite vers Salvador de Bahia dans des alizés d’Est et sur une mer apaisée, une escale distante de 800 milles que la franco-allemande devrait atteindre avant ce week-end. Et derrière à 2 200 milles du leader, Jérémie Beyou (Charal) a réussi à faire le break face à Arnaud Boissières (La Mie Câline-Artisans Artipôle) et Alan Roura (La Fabrique) toujours pénalisé par sa quille dans l’axe alors que le trio est en train de faire du près devant le front froid permanent.

Enfin du côté du cap Horn, Clément Giraud (Compagnie du Lit-Jiliti) semble heureux même s’il a perdu du terrain pour raser la Patagonie : « Il y a pas mal de courants dans le coin ! Et puis j’ai vu mon premier bateau depuis Rio de Janeiro ! Un gros bateau de pêche que j’ai contacté en anglais par radio VHF… C’était sur une sorte de marche où les fonds passent de 800 mètres à 200 mètres ! Le plateau continental est assez étendu par ici : d’un coup, la mer s’est calmée. »

Et le week-end prochain sera aussi un moment important pour Alexia Barrier (TSE-4myplanet) précédée de Sam Davies (Initiatives Cœur) et suivie à 200 milles par le Finlandais Ari Huusela (STARK) : les trois solitaires devraient ainsi en finir avec les mers du Sud et déborder le cap Horn dans un flux de secteur Ouest relativement modéré…