Vendée Globe. Histoire de latéral, qui a raison ?

Charlie Dalin s’entraine à bord d’ Apivia, le 29 Aout 2020, au large de Groix. (Photo Jean-Marie Liot/Alea/Disobey)

La distance en latéral qui sépare Charlie Dalin de Louis Burton est désormais de plus 270 milles. A 10 jours de l’arrivée difficile de dire qui a raison mais c’est clairement un moment clé de la course.


Charlie Dalin progresse désormais à 16 noeuds depuis 24h dans les alizés de Nord-Est et Louis Burton reste toujours plus rapide de deux noeuds. Ce dernier semble avoir ciblé son passage de la dorsale tandis que Charlie se garde encore des options mis surtout celle de faire la route la plus courte en attendant impatiemment de retrouver la bonne amure pour accélérer sur son foil valide.

Charlie a privilégié un positionnement Est en restant quelques 200 milles (370 km) au vent de la flotte. Un choix assumé qui lui permet de contrôler la situation sous le vent, de rester sur la route la plus approchante et donc, d’optimiser la distance à parcourir. Charlie ne peut pas exploiter à 100% les capacités de son foiler sur ce bord-là, APIVIA navigue cap au 338°, soit au Nord-Ouest, dans un vent de Nord-Est de 15 à 20 nœuds (37 km/h) et une mer de 2 mètres. Des conditions somme toutes idéales pour progresser à vitesse soutenue, et Charlie prouve une fois de plus, aujourd’hui, qu’il a appris à toujours mieux régler APIVIA sur son bord blessé… « On va continuer à naviguer dans les alizés de l’hémisphère Nord quelques jours explique Charlie. C’est de la vitesse pure. Ce positionnement va me permettre également d’ajuster la trajectoire pour traverser l’anticyclone des Açores au meilleur endroit possible. On va dessiner un grand C dans l’Atlantique et on verra au final qui a fait la bonne courbe ! ».

Charlie Dalin (skipper d’APIVIA) : « Comparé aux autres Vendée Globe, c’est vrai que cela risque de se jouer à pas grand-chose… Mais cela n’impacte pas ma façon de naviguer, ma façon de réfléchir. Je continue à être fidèle à moi-même et à la façon dont j’aborde mes choix de voiles, mes choix de route et mes choix stratégiques. »

Les alizés de Nord-Est, et après ?
Aussi, ne nous trompons pas… Si ces jours à venir dans l’alizé de Nord-Est ne sont pas haletants côté suspense, ils pourraient être déterminant quant à la suite des événements. « Au sortir du Pot au Noir, le bord tribord amures va durer 3 jours. Il faudra alors bien se positionner dans l’Ouest de l’anticyclone des Açores pour faire une petite aile de mouette et aller chercher le flux de Sud-Ouest, en avant du système dépressionnaire qui arrive de l’Amérique du Nord et qui devrait accompagner les concurrents jusqu’à l’arrivée » explique Christian Dumard (Great Circle – Squid et prestataire météo pour la Direction de Course du Vendée Globe).

« Le timing des systèmes n’est pas encore complètement calé. Le choix du compromis cap / vitesse est important. Il faut arbitrer entre accélérer en faisant une route plus longue dans l’Ouest ou serrer un peu plus le vent pour faire une route plus courte, au détriment de la vitesse ». Nous l’aurons tous compris : c’est une vraie course-poursuite qui s’engage avec les systèmes dépressionnaires qui circulent au Nord de l’archipel des Açores. Traverser et sortir en premier de la bordure Ouest de ce dernier anticyclone du Vendée Globe pourrait mener Charlie et APIVIA vers un dernier sprint final…

On sera fixé désormais ce mercredi.