Vendée Globe. Glisse vers les alizés, Alex Thomson reprend les commandes

Alex Thomson s’entraine pour le Vendee Globe au large de Gosport, Angleterre, le 9 Septembre 2020.

La nuit aura été particulièrement bonne pour les skippers du Vendée Globe qui ont pu recharger un peu les batteries. Alex Thomson est à l’attaque et à repris les commandes du Vendée Globe. La chasse derrière lui est lancée.

Jean Le Cam qui ne comptait pas s’occuper des foilers a un “souci de plus” avec sa belle prestation depuis le départ. Il nous régale encore par téléphone. « C’est fou, ce contraste et le changement de rythme en si peu de temps » confirme un Jean Le Cam très disert,  qui se réveillait d’un petit  « sieston ». « La mer est plate, le bateau glisse comme une goutte d’eau sur une toile cirée. Le ciel est étoilé. Quand on éclaire le spi avec la lampe torche, c’est beau ! Ça fait du bien ce calme dans ce monde de brutes » poursuit-il, tout en regardant le premier classement du matin.

A l’approche du tropique du Cancer, les températures grimpent. Il fait plus de 20 degrés à l’extérieur. Les polaires ont été remisées dans le bateau et les navigateurs peuvent caracoler dans leur cockpit ou sur le pont en short et T-shirt. C’est le moment de rattraper son déficit de sommeil, de manger un premier vrai repas, de se faire un café ou un thé… tout ce qui a fait défaut depuis le coup d’envoi des Sables d’Olonne. « Depuis le départ, c’est la première journée avec un peu de temps pour moi » confie Benjamin Dutreux, 3e au classement du matin. Les solitaires ont besoin de se reposer et de préparer leur monture pour un grand run au portant qui va durer plusieurs jours.

Bientôt les alizés

Alex Thomson a repris les commandes et devrait creuser l’écart sur ses poursuivants en touchant davantage de vent devant son étrave. Derrière, chacun cherche à trouver le meilleur angle pour attaquer les prochains jours. Jean Le Cam tient toujours la cadence, mais il sait que dans quelques heures, dans l’alizé, lorsque le vent sera stabilisé au Nord-Est, les foilers vont pouvoir exprimer tout leur potentiel.
Thomas Ruyant

Vers des écarts énormes

Plus loin, profitant du décalage à l’Est de la dépression Thêta, Isabelle Joschke et Kojiro Shiraïshi ont  réussi à « couper le fromage » et à réduire un peu la distance les séparant des leaders. Le navigateur japonais, s’il ne parvient pas à réparer sa grand-voile déchirée, risque toutefois de perdre énormément de terrain dans les prochains jours. Il fait actuellement route sous foc seul.

Enfin, dans le Sud-Est des Açores, c’est toujours la punition pour six bateaux en queue de flotte qui ont du mal à se sortir d’une zone de vents faibles. Ce matin, Miranda Merron, Ari Hussela, Alexia Barrier, Armel Tripon, Clément Giraud et Sébastien Destremau accusaient entre 600 et 770 milles de retard sur les premiers.