Vendée Globe. Dernier entraînement à Port-laf à bord d’Apivia

Charlie Dalin sur Apivia. Dernier entraînement à Port-la-Forêt avec François Gabart à 38 jours du départ du Vendée Globe. Photos : LS. Course Au Large

Le célèbre centre de formation du Pôle «Finistère Course au Large» de Port-la-Forêt organisait son dernier stage cette semaine. L’occasion d’aller naviguer sur Apivia pour suivre le tout dernier entrainement de son skipper Charlie Dalin pour sa dernière sortie au large avant le départ du Vendée Globe dans 38 jours. Un entrainement sous l’œil averti d’un François Gabart venu lui prodiguer ses derniers conseils.
Dans des conditions météos forcissantes de 12 à 17 nds et une mer devenant de plus en plus agitée à l’approche de la tempête Alex, on a pu apprécier les conditions de vie à bord d’un foiler. Sur un parcours construit par Erwan Tabarly, nouvel entraineur du pôle, pour 6 heures de navigation au programme, Charlie a pu se mettre en condition de course avec Sébastien Simon (Arkea-Paprec) et Boris Hermann (SeaExplorer) comme partenaires d’entraînement.

Premier objectif : prendre un bon départ. Même à 3 bateaux, Charlie entendait bien travailler cette phase. Nous enchainerons quelques empannages et virement avant de couper la ligne de départ qui finalement sera à l’avantage de Boris Hermann dont l’IMOCA a retrouvé une nouvelle jeunesse équipé de foils de nouvelle génération. Arkéa, 2e, précède Apivia.
Pendant 6 heures, Charlie Dalin sera en permanence sur les réglages de son bateau. Pour se faire, il s’aidera de l’image de sa caméra mais sortira régulièrement sa tête du cockpit pour apprécier le réglage de ses voiles, sa vitesse et la trajectoire d’Arkea ou de Seaexplorer.

Sur le bord de près qui a duré 1h30, Apivia et Arkea sont revenus doucement sur SeaExplorer entre 10 et 12 nds avant de le rattraper dans des allures plus abattues entre 22 et 25 nds avec des pointes à 27-29 nds. A noter que les bateaux ont préféré virer qu’empanner pour ne pas prendre le risque de casser quoique ce soit.
Et si Arkea volait un peu plus tôt qu’Apivia, c’est dans le dernier bord de portant que Charlie Dalin a pu laisser exprimer tout le potentiel de son foiler avec une pointe à 29 nds et une moyenne de 2 nds plus rapide qu’Arkea.
A partir de 20 nds, les conditions de vie à bord commencent à devenir difficiles. Les chocs sont brutaux. Il faut rentrer dans le cockpit se protéger des embruns qui commencent à faire mal et des vagues qui submergent le pont.
On frôle l’accident lors d’un arrêt brutal à 27 nds dans une vague lorsque la fixation d’un bout fixé au toit auquel se tenait Charlie se casse. Projeté vers l’avant, celui-ci a le bon reflexe de tendre son autre bras pour se rattraper. L’avertissement est sans frais. François Gabart et Antoine Gautier se regardent. Il faudra renforcer le système : « Sur le trimaran, on est 30 fois plus sécure que cela. » ajoute François. Comme quoi, la fiabilisation d’un bateau peut aussi être dans les petits détails comme celle d’une fixation.
Concentré du début à la fin sur sa vitesse, Charlie Dalin est confiant sur son bateau qu’il a voulu le plus polyvalent possible. Il est assurément l’un des favoris de ce Vendée Globe.