Vendée Globe. Jean Le Cam allume le feu sur le chenal

#EN# LES SABLES D’OLONNE, FRANCE - JANUARY 29: Yes We Cam!, skipper Jean Le Cam, is pictured in the channel during finish of the Vendee Globe sailing race, on January 29, 2021. (Photo by Olivier Blanchet/Alea) #FR# LES SABLES D’OLONNE, FRANCE - 29 JANVIER: Yes We Cam!, skipper Jean Le Cam, est photographié lors de son arrivée dans la course du Vendee Globe, le 29 Janvier 2021. (Photo Olivier Blanchet/Alea)

Ils étaient nombreux à 2h du matin pour accueillir Jean Le Cam pour se remontée du chenal. Une ferveur populaire pour saluer le Roi Jean qui aura marqué cette édition.

Il est le 8e à avoir franchi la ligne mais se classe finalement 4e. Le « roi Jean » a eu les honneurs d’une arrivée grandiose, à en oublier le couvre-feu et la grisaille du moment. « Je vois que les gens ont bravé la nuit pour nous accueillir, ça fait chaud au cœur. eu qui sont là, ils sont là pour moi pas pour aller faire leur course », lâche Jean dans une première réaction. L’équipage est montée à bord, Kevin Escoffier aussi et puis il y a eu la remontée chenal. L’explosion d’émotions a eu lieu, il y avait l’enthousiasme, les fumigènes craquées, les baffes qui crachaient du Johnny Hallyday, le feu d’artifice qui illuminait l’endroit et les bénévoles du Vendée Globe le long du chenal, curieux, admiratifs, qui l’ont accompagné jusqu’au bout.

Pour que la fête soit totale, des écrans loués par PRB montrait le visage du skipper et son slogan « Yes we cam ». Sur le tapis rouge, le monde de la voile a veillé. Il y avait Damien Seguin – « on refera le monde demain ? » sourit le skipper d’Apicil – Kevin Escoffier bien sûr avec qui il trinque un verre de rouge à la main. Et on aperçoit Roland Jourdain qui esquisse des pas de danse, Bernard Stamm qui a déjà connu un tour du monde aux côtés de Jean. 

#EN# LES SABLES D’OLONNE, FRANCE – JANUARY 29: Yes We Cam!, skipper Jean Le Cam, is pictured with Vincent Riou and Kevin Escoffier during finish of the Vendee Globe sailing race, on January 29, 2021. (Photo by Jean-Marie Liot/Alea) #FR# LES SABLES D’OLONNE, FRANCE – 29 JANVIER: Yes We Cam!, skipper Jean Le Cam, est photographié au ponton avec Vincent Riou et Kevin Escoffier lors de son arrivée dans la course du Vendee Globe, le 29 Janvier 2021. (Photo Jean-Marie Liot/Alea)

« Tu sens cette âme, cette profondeur, cette sincérité »

À voir cette foule qui grouille sur les pontons, ces médias qui attendent pour capter quelques mots, il se dit que Jean Le Cam est devenu un peu plus qu’un marin parmi les autres. Et tant pis si certains oublient qu’il a mené un bateau de 2007 à la 4e place d’un Vendée Globe, ce qui est un exploit sportif en soit avant d’être l’expression d’une personnalité, aussi chaleureuse soit-elle.

Jean a les yeux brillants, il est rasé de près. Mais l’émotion est palpable. On peut avoir accumulé les Vendée Globe, les Figaro, les scénarios en mer et les galères qui vont avec et être touché, fortement, par ce qu’implique l’instant. « Tu sens cette âme, cette profondeur, cette sincérité. Ça c’est beau, tu ne peux pas l’avoir dans d’autres situations », explique-t-il. Un peu plus tôt, Jean Le Cam avait tenu à dire « merci » à ceux qui étaient là. Il a parlé de « solidarité », de « partage », de « consécration dans l’émotion ». On lui a donné une couronne, il l’a posé sur la table de la conférence de presse.

Le gardien du phare 

Ensuite, son propos était posé, réfléchi. La conférence de presse s’est étirée et certains guettaient ses bons mots. Il y en a eu quelques uns. Sur la « place du con » : « j’ai soulagé le con qui aurait pu être à ma place ». Sur sa popularité : « si le président veut m’appeler, il m’appelle et puis c’est tout ». Il y a eu aussi l’anecdote sur la côte cassée après un besoin naturel. Jean s’amuse à dire qu’il n’a rien prévu dans les prochains jours et les prochaines semaines, assurant qu’il y a du bon à ne pas savoir.

Le marin a aussi offert son regard sans concession sur la course et sur son sport. Les foilers ? « Il faut se poser des questions quand on voit que j’arrive 23 heures après le premier ». Jean s’est aussi mué en défenseur d’une certaine forme de Vendée Globe, une épreuve qu’il désire « toujours accessible aux PME et aux jeunes skippers ». Et Jean a salué ses compères à dérives droites, Damien Seguin (qui était présent à la conférence de presse) et Benjamin Dutreux. « Nous, c’est le vieux con, l’handicapé et le branleur » résume le skipper de Yes We Cam ! Ainsi, en plus de sa trajectoire limpide autour du monde et sa gouaille à nul autre pareil, Jean Le Cam s’est aussi transformé en gardien du phare, garant d’un certain esprit du Vendée Globe qu’il espère voir perdurer bien au-delà de cette nuit de janvier.