Vendée Globe. Alex Thomson : “Comme si j’avais fait la fête tout le week-end !”

Alex Thomson s’entraine pour le Vendee Globe au large de Gosport, Angleterre, le 4 Aout 2020.

Alex Thomson s’étonnait déjà d’être lundi ce matin à la vacation. Il est en tête du Vendée Globe et devrait aborder le pot au noir bientôt. Il a été choqué d’apprendre le démâtage de Nicolas Troussel.

On est déjà lundi ? Ah (rires), lundi matin (rires) ! C’est pour cela que je me sens un peu cassé, un peu poussiéreux. Un lundi matin après avoir fait la fête tout le week-end. C’était dur ! 
“J’ai 12-14 nœuds de vent avec des rafales pour 15 nœuds. Cela reste donc un peu léger. Ces bateaux avancent rapidement avec si peu de vent. Je n’ai pas vu de rafales supérieures à 15 nœuds depuis mon arrivée dans les alizés. Cela me laisse perplexe parfois – la capacité de ces bateaux à aller si rapidement avec si peu de vent. Je suis ici dans le fauteuil du Capitaine Kirk comme l’appelle l’équipe. Je regarde les instruments et je vois mes ordinateurs juste au-dessus des instruments. Je peux sortir mon pied et toucher le moulin à café. Je n’ai pas mis ma ceinture, mais j’aurais dû la mettre. C’est sûr qu’au milieu de la nuit quand le bateau surfe sur des vagues à 28-29 nœuds, c’est un automatisme de saisir la ceinture pour la mettre”. 

A propos du démâtage de CORUM L’Epargne :
“Je ne le savais pas. C’est horrible. C’est terrible pour Nico, vraiment. Mais c’est horrible pour nous tous, car nous avons tous les mêmes gréements. Cela m’intéresse de savoir ce qui s’est passé. Mais pour le moment, j’offre tout mon soutien à Nico”. 

Sur son passage dans la dépression tropicale Thêta :
“J’avais un vent soutenu de 50 nœuds, voire parfois 53-54 nœuds avec des rafales supérieures à 60 nœuds. Je naviguais avec trois ris sous grand-voile uniquement et on avançait vite. La drisse est sortie du bloqueur sur cette troisième bande de ris. Du coup la partie arrière de la voile s’est défaite offrant une plus grande surface de voile au vent. Le bateau était en surpuissance et est parti au lof. La partie avant du troisième ris s’est également détachée. Peut-être que je ne l’avais pas bien mise. Je ne sais pas si quelqu’un a déjà été dans un coup de vent avec la grand-voile qui se hisse toute seule, mais c’est la pire chose que l’on puisse imaginer. J’ai passé 3 ou 4 minutes face au vent en essayant de faire baisser la grand-voile. La charge était tellement importante. Mais j’ai réussi à reprendre les ris. J’ai viré et je suis reparti”. 

A propos de son IMOCA :
Tout va bien à part ce taquet coinceur, et j’ai cassé aussi le haut d’un chandelier. J’ai quelques petites bricoles à faire et un peu de rangement, mais pas de gros soucis.

 
Le Pot au Noir ?  
Il a l’air correct. On sait ce qui se passe habituellement dans le Pot au Noir. On se fait piéger. C’est comme un jeu. Cela t’attire. Tu te dis que tout va bien et te voilà englué, comme Charal lors de la Transat Jacques Vabre l’année dernière. Je ne vais pas tomber dans le piège. Je m’attends au pire et si ce n’est pas si mauvais, cela va être une surprise agréable.
 
Un commentaire sur Lewis Hamilton ? 
Oui, c’est bien pour Lewis. Incroyable. J’ai rencontré Lewis en 2005 lors de ma première année avec Hugo Boss. J’étais au GP de Monaco pour bosser. Il était à bord d’un bateau. Je me suis assis en me présentant. ‘Salut, je m’appelle Alex. Tu t’appelles comment?’ Il m’a dit qu’il s’appelait Lewis. Je lui ai demandé ‘Qu’est-ce que tu fais ?’ Il a répondu, ‘Je suis pilote de course’. A ce moment-là, il participait en F 2000 ou 3000…Je lui ai dit. ‘Je suis sûr que tu veux être en F1‘ et il a répondu ‘oui c’est sûr !’ Quand je pense à cela, même lui n’aurait pas imaginé gagner sept titres mondiaux. Chapeau bas !