Vendée Globe. Alex, Thomas, Charlie et les autres

hoto envoyée depuis le bateau Apivia pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 18 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Charlie Dalin)

Alex Thomson avec son Hugo Boss a franchi l’Equateur en leader du Vendée Globe pour la deuxième fois de sa carrière. Son temps de passage n’a aucune importance. Derrière lui, Thomas Ruyant sur LinkedOut et Charlie Dalin sur Apivia n’entendent pas le laisser filer.

Si Charlie Dalin et Thomas Ruyant connaissent chacun les qualités et défauts du bateau de l’autre pour s’être entrainés ensemble à Port-la-Forêt en partageant leurs données, leurs connaissance d’Hugo Boss est quasiment inexistante faute de confrontation directe. Alex Thomson n’ayant couru quasiment aucune course depuis la Transat Jacques Vabre où il avait abandonné après 2 jours. Le match à trois qui se profile s’annonce donc intense et sur un rythme soutenu. Le pot au noir n’ayant donné lieu à aucun passage à niveau, les trois bateaux se tiennent en 100 milles. Quasiment rien pour des foilers. Les 3 bateaux sont sortis indemnes des 3 dépressions, du pot au noir , donc les trois, bateaux et skippers, sont à 100% de leur potentiel. La course pour la victoire commence maintenant avec un avantage psychologique pour Alex qui connaît le chemin, l’a déjà éprouvé dans la durée et qui a montré son tempérament au passage de la tempête en y allant franco quand les deux autres temporisaient. Le tournant à gauche vers le Cap de Bonne Espérance est dans quelques jours. C’est l’un des premiers marqueurs. Alex voudra continuer à rester en tête, Thomas voudra le contester, Charlie continuera d’observer tout en se rapprochant.

«Je suis toujours désespérément inquiet de perdre dans le Pot au noir», déclare Alex à la vacation. ” Je suis donc très heureux de l’avoir passer rapidement. Maintenant, je me retrouve en tête et c’est exactement là que j’aime être. Je suis là pour essayer de gagner la course. C’est ce que je suis venu ici pour faire. Et être dans cette position à l’équateur, avec le bateau en bonne forme, me donne beaucoup de confiance dans ses performances mais aussi dans mes propres capacités et prise de décision ».

Derrière, les écarts vont croître à vue d’œil ! Il y avait déjà des prémices de fracture après le passage autour de Thêta, mais en ce début d’onzième jour de course, les deltas commencent à compter : Kevin Escoffier (PRB, 5ème !) est déjà à près de 200 milles du tableau arrière du leader, l’Italien Giancarlo Pedote (Prysmian Group, 13ème) à plus de 400 milles, Stéphane le Diraison (Time for Oceans, 19ème) à plus de 700 milles du Britannique, Didac Costa (One planet-One ocean, 20ème) passe tout juste les îles du Cap-Vert avec Pipe Hare (Medallia), Arnaud Boissières (La Mie Câline-Artisans Artipôle) et Manuel Cousin (Groupe SÉTIN) alors que sept solitaires sont encore au large des Canaries à 1 500 milles de l’équateur tandis que Jérémie Beyou (Charal) tire des bords à la sortie du golfe de Gascogne, à plus de 2 800 milles du premier !

Une situation que ne va pas aller en s’améliorant et qui s’annonce comme un vrai casse-tête pour la direction de course avec une flotte très étalée. Les 10 premiers devraient pouvoir contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène assez rapidement et assez loin des côtes brésiliennes pour atteindre le tropique du Capricorne, puis les Quarantièmes Rugissants… Or les hautes pressions de l’hémisphère Sud se dispersent la semaine prochaine en plusieurs cellules, ce qui va rendre ensuite la traversée de l’Atlantique Sud très compliquée pour les poursuivants !