Vendée Arctique. Départ ce samedi

IMOCA, Départ Entrainement PLF, 14 September, 2017. Yann Riou/polaRYSE

Les bateaux de course au large de la classe IMOCA engagés dans la course Vendée Arctique ont enfin largués les amarres après près de trois mois d’immobilisation pour cause de crise sanitaire. Tous les bateaux étaient en mer ce vendredi 3 juillet à 15h et ce quelque soit leur port d’attache : Port la forêt, Lorient, les Sables d’Olonne, sauf dérogation pour cause d’écluse à La rochelle.
Après l‘annulation de deux courses préparatoires au Vendée globe, les IMOCA vont pouvoir s’élancer ce samedi 4 juillet pour le départ effectif permettant ainsi à une flotte de 20 bateaux de renouer avec la compétition en haute-mer. Basés « à domicile » aux Sables d’Olonne, masqués et heureux, les skippers Arnaud Boissière et Manuel Cousin seront de la partie, vécue comme une répétition pour le grand départ du Vendée Globe le 8 Novembre prochain.

La veille tous les skippers ont suivi un protocole sanitaire stricte imposé par l’organisation : tests médicaux et masques de protection. « Nous avons rendu obligatoire ce test avant le départ pour les skippers et les équipiers qui vont faire le convoyage, pour être certains que tout le monde est négatif » explique Thierry Charland (Association Médicale Course Au Large). « Il est essentiel aussi de s’assurer de la préservation de la chaîne de secours en cas d’avarie avec des marins qui ne sont pas contaminés. »

Antoine Mermod, Président de la classe IMOCA : « L’histoire de ce départ très inhabituel débute le 19 mars quand on a rangé le tapis rouge qui nous menait au Vendée Globe. Il a alors fallu tracer à la place une allée de graviers, et tout remettre d’aplomb. La grande qualité des marins, c’est la résilience : surmonter les tempêtes et repartir de plus belle à la sortie, c’est leur mode de vie. On a vu le programme initial s’effondrer, on a réfléchi, et on est reparti. Retrouver la compétition fut difficile, parce qu’il a fallu obtenir beaucoup d’autorisations, mais le degré de confiance qui unit les membres de la Classe IMOCA a permis de lever toutes les barrières en faisant accepter à tout le monde ces protocoles sanitaires contraignants et nécessaires ».

Jérémie Beyou (Charal) : « L’ambition, c’est de prendre plaisir à être seul sur l’eau et sur le bateau, parce qu’on a fait beaucoup de navigations en équipe, mais finalement très peu en vrai solo. Or, c’est important d’en faire pour être bien préparé pour le Vendée Globe ».

Armel Tripon (L’Occitane en Provence) : « La météo, c’est comme un film qui défile. Alors on commence à entrer dans le film. Ce qui est sûr, c’est que ce sera rythmé, avec une dorsale, une dépression… Il y aura beaucoup de changements de conditions, d’allures, de voiles… ».

Clément Giraud (Vers un monde sans sida) : « C’est une année compliquée pour moi. Mon ambition est d’aller faire un tour sur un parcours magnifique et innovant, et de terminer la course. Je vais me régaler côté météo : je suis allé une paire de fois dans le nord. Je dois faire attention au fait que je suis fatigué par deux mois de chantier : il va falloir que je compose avec ça ».

Manuel Cousin (Groupe SETIN) : « On est heureux de retourner sur l’eau, sur un parcours magnifique, et de valider tout ce qui a été fait sur le bateau cet hiver. C’est une répétition générale pour le Vendée Globe. Il est essentiel de finir la course mais aussi, je serai content de faire des « speed tests » avec les camarades qui ont un bateau de la génération du mien ».

Samantha Davies (Initiatives-Cœur) : « L’objectif pour moi est de tout valider sur mon bateau, et sur moi-même en configuration Vendée Globe. J’applique ce plan en termes de choix de voiles, de matériel de spare embarqué. La seule chose qui diffère sera le nombre de jours de nourriture. Je suis aussi une compétitrice, donc je ne vais pas résister au désir de pousser mon bateau et j’espère une belle bagarre avec le groupe de concurrents qui ont la même génération de bateau et vont à la même vitesse. »

Boris Herrmann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) : « Je n’ai navigué que six jours avec la nouvelle configuration et les nouveaux foils. Il était prévu que je navigue plus, et je suis très heureux que cette course ait lieu. On a une bonne préparation, ce sera un test pour moi cette course, c’est une bonne occasion pour se projeter sur le Vendée Globe. Mon objectif est d’apprendre les meilleurs réglages avec ce nouveau comportement du bateau. Ce bateau a complètement changé. Avant; à 50° du vent, la vitesse était de 11 nœuds au près ; aujourd’hui, à 60°, on va à 18 nœuds dans la brise forte. Cela change complètement la manière de mener le bateau dans toutes les allures. On n’a pas eu le temps de tout faire. Je serai ravi de finir la course sans problèmes techniques ».

Giancarlo Pedote (Prysmian Group) : « On a pu tester le bateau dans des conditions musclées, avec 35 nœuds de vent. On a pu tester un maximum de choses, même en termes de vêtements, de nourriture. J’essaie de m’organiser dans la situation du Vendée Globe. Je pars sur la Vendée – Arctique –  Les Sables d’Olonne avec l’envie de tester le bateau dans toutes ses performances et aussi m’organiser dans la vie à bord, en cherchant à être structuré. Je ne me projette pas trop : je ferai de mon mieux, mais c’est super intéressant d’aller si nord ! »

Thomas Ruyant (LinkedOut) : « C’est étonnant comme situation car on prépare la course à la maison ! Je suis bien dans mes bottes, je me suis bien préparé physiquement, et impatient de régater : cela fait un moment qu’on n’a pas pu se confronter… Je suis excité de repartir en solo, c’est toujours un sacré défi. Il y a peu de chances qu’on ait des conditions clémentes tout le temps ! Il y a des systèmes météo à traverser du sud au nord, et du nord au sud. Cela veut dire beaucoup de manœuvres, de dorsales, des dépressions, ce sera très différent de ce qu’on a l’habitude de faire (…) Je suis déjà allé au Lofoten en croisière. A l’époque, il y avait beaucoup de pêcheurs et ils faisaient la fête à Dunkerque avant de partir : c’est de là que vient le carnaval ».

Fabrice Amedeo (Newrest – Art & Fenêtres) : « Je ne suis jamais allé aussi nord, je suis très excité, c’est une course, mais il y a aussi une dimension voyage. Je m’attends à avoir du vent. La dernière fois c’était 45 nœuds, j’avais cassé, j’aimerais vraiment avoir du vent sur cette course ! J’ai l’impression de partir sur une course plus courte alors que ce sera plus long que la Route du Rhum. Il y aura des écarts gigantesques entre les anciens bateaux et les nouveaux. Je m’attends à ce que la course pose les débats. Le podium de cette course sera sûrement celui du Vendée Globe. C’est dommage que tout le monde ne soit pas présent : ce n’est pas en faisant des runs que l’on se prépare à un tour du monde ».

Clarisse Crémer (Banque Populaire X) : « Ce n’est pas les tropiques là-haut ! Il peut y avoir du brouillard, du vent… J’y vais en mode découverte, je ne suis jamais allée aussi nord, et je n’ai jamais fait une course en solo. Sur le chemin vers l’Islande, il y a beaucoup de dépressions et de choses nouvelles. J’ai besoin d’avoir du vent fort, je ne suis pas stressée de ce point de vue-là ».

Maxime Sorel (VandB – Mayenne) : « Ça a été assez intense entre les navigations techniques, des entraînements de 24 heures, des sorties presse et partenaires. En tout cas, le bateau est prêt, il va être au top. C’est pour moi le brouillon du Vendée Globe. Pour toute la team, à terre, pour les équipes de communication, on s’est mis dans format tour du monde de manière à utiliser les systèmes qu’on a : l’audio, les procédures de réparation, de manière à se préparer au Vendée Globe et améliorer ce qui doit l’être. Ce n’est pas désagréable de préparer une course depuis la maison, on se fatigue moins, mais il manque le côté « boost » de la rencontre avec le public. Même si on la chance de partir frais, je préfère la configuration avec village. »

Kevin Escoffier (PRB) : « Côté performances, sur le serré portant, on tient les foilers. Au débridé ou au reaching, les logiques mécaniques et sportives font que les bateaux neufs sont plus rapides. En 2019, avec PRB, on arrivait encore à suivre car ils étaient en cours de développement. Là, c’est plus compliqué même si les développements faits sur PRB ont permis de progresser. Il faut voir dans la durée si ces bateaux parviennent tenir le tempo très élevé sur des longues durées, parce que plus tu vas vite, plus tu te fatigues. Je vais chercher à avoir un rythme « Vendée Globe » (sur la Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne, ndlr). Je vais essayer d’arriver à peu près frais après 13 jours de course, d’être devant les bateaux optimisés et anciens, et de tenir le rythme des bateaux neufs sans surexploiter PRB. »

Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) : « On a enfin nos deux ailes, ça donne le sourire à toute l’équipe, on retrouve le potentiel du bateau. C’est une grande découverte en solitaire, j’ai hâte de voir ce que donnent 10 jours en mer sur ce bateau. Il faut que j’arrive à mettre cœur de compétiteur de côté. Sur un effort semi-sprint, semi-endurance, il faut ménager le matériel. Nos bateaux sont très sensibles à l’état de la mer. Il faut apprendre à connaître les limites du bateau, et celles de l’homme. Il faut vite se mettre à l’abri, ne pas se mettre en danger, mais l’envie est forte d’aller au charbon ! Il faut que j’arrive à naviguer pour moi ».

Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artisans Artipôle) : « Je suis super content d’aller naviguer et de me confronter à cette flotte diversifiée, c’est une chance de pouvoir faire cette course. C’est un sprint, mais c’est intéressant pour le froid, les allures, c’est très court par rapport à un Vendée Globe. Si tu casses une latte pendant la Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne, tu ne la changes pas. Sur le Vendée Globe, tu prends le temps de changer. C’est un exercice ultra intéressant pour préparer le tour du monde, on va être au contact. Gaffe aux bêtises : le timing est très court. On n’aura pas tous les moyens de réparer ».

Alan Roura (La Fabrique) : « Il y a des décisions qui ne sont pas faciles à prendre. On navigue énormément depuis la mise à l’eau, il y a eu la qualification pour la course, des speed tests… Tout se goupillait super bien jusqu’à la crise sanitaire. Ma compagne attend un heureux événement pour le 15 juillet, mais ce sera sans doute avant. Mes partenaires ont tout à fait compris mon envie d’être là pour la naissance. On donne notre vie dans ce genre de projet, je ne me vois pas laisser passer la naissance de mon premier projet ».

Yannick Bestaven (Maître-CoQ IV) : « Les 10 foilers au départ devraient être plus rapides que moi, que ce soit les nouveaux bateaux ou certains des anciens (PRB, MACSF)… mais ce sera une course aussi très tactique. Je pense que tout le monde a un peu sa chance. Je n’ai pas la pression d’un objectif de résultat. Je peux entrer dans les 10 premiers, voire mieux. J’y vais pour le plaisir, pour faire du solitaire et trouver mes marques avant le Vendée Globe. Si on a quelque chose à casser ou à renforcer, c’est l’occasion sur cette course. Aller dans des conditions musclées, c’est la seule opportunité qu’on a aujourd’hui pour tester le bateau et le bonhomme ».

Isabelle Joschke (MACSF) : « Je me suis rendue compte en janvier que c’est très, très physique. Il va falloir trouver le juste rythme au fil des jours, des semaines et savoir quel niveau d’implication physique je peux avoir… Le facteur humain, ce sera notre capacité à supporter ce qu’on va endurer. Et avec les foils, ce sera nouveau pour pas mal de concurrents. Savoir ce que nous sommes capables de supporter et de faire supporter à nos bateaux (quand ils se crashent dans les vagues…), c’est un des enjeux de la course. On aura peut-être des surprises à la fin ».

Charlie Dalin (Apivia) : « En un mois d’entraînement, j’ai passé 11 nuits en mer. Il a fallu ça pour passer en revue la liste de tout ce qu’il y avait à faire et refaire, dans un temps plus court. C’était intense. J’ai hâte de retrouver la confrontation, cette fois-ci pour de vrai, en vrai en solitaire. Ce sera ma première course en solo en IMOCA. J’en attends beaucoup : il faut trouver le rythme, la bonne gestion des manœuvres. On parle beaucoup des bateaux, mais il faut parler des binômes skipper/bateau. Ce qui sera intéressant c’est de voir comment ces binômes vont performer. Ces bateaux qui vont vite, ça a un prix. Mais j’assume ça. La capacité du skipper à supporter l’inconfort fait partie de la performance. La question sera : quel ryhtme on arrive à tenir sur cette course qui sera plus difficile qu’une transat classique où l’on accompagne les systèmes météo ? Là, on sera tout le temps en train de changer de système. Ce qui est sûr, c’est que ce sera une course très fatigante. Je préfère casser quelque chose maintenant que sur le Vendée Globe, alors je ne vais pas me gêner pour tirer sur le bateau ».

Miranda Merron (Campagne de France) : « Campagne de France est le bateau le plus vieux de la flotte au départ de la Vendée-Arctique-Les Sables et je suis très contente de partir sur un bateau simple, classique sur lequel la vie à bord est confortable. Et j’ai vraiment hâte de retrouver le large ! »

Damien Seguin (Groupe APICIL) : « L’objectif pour moi sera de retrouver le rythme de navigation en solo. Mais si je me sens bien, je serai à 100% dessus. J’ai un instinct de compétiteur. Je suis content d’être sur un bateau fiable, simple, avec qui je forme un couple cohérent. Sur cette course, j’ai des problématiques simples et bien identifiées. J’ai coché toutes les cases. J’y vais assez sereinement ».