Une étape courte mais difficile en perspective

Generali Athènes - Didim
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C’est dans des vents forts de 25 à 30 noeuds que devrait être donné demain le départ de Didim. Compte tenu des effets de pointe, des accélérations possibles du vent descendant des reliefs, les navigateurs de la Cap Istanbul s’attendent à des rafales pouvant atteindre les 40 à 45 nouds par instants. De quoi sortir la panoplie du parfait petit marin hauturier ; certains solitaires ont profité de l’escale à Didim pour vérifier que les longueurs de leurs bosses de ris, qui servent à réduire la surface de grand-voile, étaient bien appropriées. « Nous n’avons jamais pris le deuxième ris de la saison ; mieux vaut prévenir que guérir », le justifiait ainsi François Gabart, leader de l’épreuve.

Aux vents forts qui devraient durer une vingtaine d’heures, succédera, selon toute probabilité, un régime de petits airs typiques de la Méditerranée. « Le problème de la Méditerranée, c’est que l’inertie des systèmes météorologiques est très faibles, puisque ces vents peuvent être générés malgré des gradients de pression très bas », soulignait Gérald Véniard, adjoint à la direction de course et lui-même habitué du circuit Figaro Bénéteau.

Pour les concurrents, un tel cas de figure signifie que les écarts en distance qui se seront créés dans les vents forts se convertiront, dès que le vent mollira, en précieuses minutes qui auront tendance à faire des petits au fur et à mesure que les vitesses des voiliers diminueront. Il faudra alors être dans le match d’entrée, savoir se faire mal, trouver la bonne carburation dans la brise, choisir ses bords de manière intelligente entre s’abriter de la mer sous le vent des îles et jouer avec les variations d’angle du vent.

C’est une étape qui ne devrait pas laisser beaucoup de place au hasard. Elle pourrait aussi consacrer le vainqueur de la Cap Istanbul, compte tenu de la faiblesse des écarts entre les neuf premiers, qui se tiennent encore en un peu plus d’une heure. Il n’y a que 190 milles entre Didim et Bozcaada, mais ceux-là risquent de valoir leur pesant d’or.