Départ Porto
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Le choc de la première étape n’est plus qu’un lointain remous dans les sillages. Après 72 heures d’escale portugaise, tous les coureurs relégués à plus d’une heure derrière le leader Yann Eliès (Groupe Quéguiner – Leucémie espoir) avaient la ferme intention d’effacer l’ardoise. D’autant que le profil de l’étape 2 a tout, sur le papier, pour créer de nouveaux chamboulements au classement.


A 13 heures, l’impatience des marins à renouer avec la compétition se concrétisait par un rappel général. Le deuxième départ était le bon et c’est dans un vent de sud de 8 nœuds, mais très irrégulier en force, que les solitaires s’élançaient sur un parcours côtier de 6 milles devant Porto.  Le groupe parti à terre chercher le courant du Douro prenait d’emblée l’ascendant : à l’issue du premier louvoyage, Jérémie Beyou enroulait en tête la bouée de dégagement devant Yoann Richomme (DLBC), Adrien Hardy (Agir Recouvrement), Jean Pierre Nicol (Bernard Controls), Thierry Chabagny (Gedimat) et Sam Goodchild (Shelterbox Disaster Relief). Le skipper de Maître Coq dominait ensuite tout le parcours côtier, jusqu’à s’imposer à la bouée Radio France, comme lors de la première étape bordelaise. A 14h26, il était le premier à envoyer le spi et à filer au largue serré, cap au nord-ouest. Un quart d’heure plus tard, toute la flotte avait respecté la marque et faisait route vers le cap Finisterre dans un vent refusant.

Ce début de deuxième étape est conditionné par la présence d’un front orageux qui pourrait générer des vents très instables. Une partie de la flotte a choisi de traverser cette zone aléatoire au plus vite pour aller chercher de l’air frais plus au large, quitte à rallonger un peu la balade. C’est le cas de Jérémie Beyou et d’Anthony Marchand (Bretagne –Crédit Mutuel Performance), les deux hommes les plus occidentaux.  De l’autre côté du spectre, certains ont opté pour une navigation plus proche de la route directe, comme Adrien Hardy (Agir Recouvrement, pointé en tête au classement de 15 heures), Gildas Morvan (Cercle Vert) et Jean Pierre Nicol (Bernard Controls). Entre ces deux extrêmes, une multitude de voies, dont celle, intermédiaire, empruntée par Thierry Chabagny (Gedimat). A 16h00, la flotte s’était étalée en éventail sur une bande de 3 milles et progressait sous génois à un peu plus de 6 nœuds de moyenne dans un vent de nord-ouest d’une douzaine de nœuds et face à une belle houle.

Vers une nuit sans vent et sans visibilité

La flotte s’apprête donc à entamer un long bord de près bâbord amures, avant d’entrer dans un marasme météorologique. Au cours de la nuit, le vent devrait faiblir et la pétole deviendra de plus en plus menaçante. La houle de nord-ouest de 1.0 à 1,5 m ne facilitera pas la remontée. Le temps couvert et très humide se traduira par une visibilité devenant très mauvaise, parfois nulle en fin de nuit . Autant dire, une nuit lente et probablement sans sommeil pour les marins. Ils se sont déjà préparés à ce grand jeu de patience le long des côtes portugaises.

Les 10 premiers à la bouée Radio France :

1- Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 14h26
2- Adrien Hardy (Agir Recouvrement)
3- Anthony Marchand (Bretagne-Crédit Mutuel Performance)
4- Morgan Lagravière (Vendée)
5- Thierry Chabagny (Gedimat)
6- Simon Troël (Les Recycleurs Bretons)
7-Alexis Loison (Groupe Fiva)
8- Yann Eliès (Groupe Queguiner Leucémie Espoir)
9- Yoann Richomme (DLBC)
10- Sam Goodchild (Sherlterbox-Disaster Relief)