Trophée Jules Verne. Belle accélération +448 mn

Yann Riou / PolaRYSE / Gitana S.A.

L’équipage du Maxi Edmond de Rothschild a commencé à mettre de l’est dans sa route et compte une belle avance de 448 mn. Le rendez-vous avec la dépression qui s’est formée en Argentine devrait mettre l’équipe sur de bonnes bases au cap des Aiguilles. Le timing semble parfait.

Très rapides sur les quatre dernières heures avec plus de 35 nœuds de moyenne au pointage de 8h, Franck Cammas, Charles Caudrelier et leurs quatre équipiers ont aussi profité de la nuit pour accroître encore leur avance sur l’actuel détenteur du record avec 442 milles de crédit ce lundi matin. À bord du maxi-trimaran volant, nous l’avons compris la cadence va s’accélérer dans les prochaines heures tandis que la température va baisser au fur et à mesure que les six marins plongent vers les latitudes sud.

Depuis leur sortie du Pot-au-Noir vendredi dernier, les six marins du Maxi Edmond de Rothschild ont bénéficié de conditions de navigation clémentes tout au long du week-end. Ils ont su se montrer rapides sur un long bord bâbord amure au large des côtes brésiliennes, sans pour autant forcer que ce soit sur la machine ou encore sur les hommes. Des performances que nous commentait Franck Cammas : « nous avons tenu des moyennes élevées à des allures qui normalement ne permettent pas d’aller si vite. Nous savions que le Maxi Edmond de Rothschild était capable de cela mais c’est toujours mieux d’en avoir la confirmation sur l’eau. L’une des forces de ce bateau volant c’est d’être véloce à des allures serrées, comme celles que nous venons de connaître durant trois jours. » Malgré la vitesse constante, les hommes du Gitana Team ont profité d’une mer ordonnée et de températures chaudes mais très agréables pour se reposer mais aussi faire le tour du bateau et vérifier la plateforme et les systèmes avant leur plongée vers le Grand Sud.

Changement d’ambiance annoncé
« Il fait nuit noire et nous avançons très vite à bord du Maxi Edmond de Rothschild. Le bateau est sous pilote, calé à 35 nœuds, offrant régulièrement des pointes à 39, 38 nœuds à l’équipier de quart qui a les mains sur le chariot de grand-voile, prêt à choquer si besoin était », débute ainsi son message de la nuit Yann Riou, notre équipier média, avant de poursuivre sa carte postale en compagnie d’un des skippers du bord, Franck Cammas : « Nous sommes par 30° sud, il va nous falloir encore gagner en longitude mais nous approchons doucement du début de notre tour de l’Antarctique et des Mers du Sud. Cette nuit, j’ai remis ma polaire que j’avais quitté au sud des Canaries, c’est un premier signe du changement d’ambiance que nous sommes en train de vivre. Les températures ont chuté rapidement car hier au large de Rio nous avions encore très chaud sur le pont. Le vent va sortir et devenir plus portant d’ici une dizaine d’heures ! »

Après plus de 5 500 milles parcourus sur le fond depuis le départ de Ouessant, à la vitesse moyenne de 28 nœuds, l’équipage mené par Franck Cammas et Charles Caudrelier est en passe d’atteindre l’un des premiers objectifs qu’il s’était fixé. En effet, la coordination avec le train des dépressions australes est un point capital de ce début de record, un vrai passage à niveau pour aborder l’océan Indien dans des temps compétitifs. Les six marins ont su parfaitement respecter le timing de ce premier grand rendez-vous.