Un Trimaran Sodebo Ultim 3 révolutionnaire

Sodebo Ultime 3 révolutionnaire @Frédéric Morin / Sodebo

Thomas Coville a dévoilé son nouveau trimaran, le Sodebo Ultim 3 à Vannes où il est sorti du chantier Multiplast en grande pompe devant un public venu en nombre le découvrir ce samedi. Thomas Coville l’avait assuré : son trimaran ne ressemblerait à aucun autre et serait révolutionnaire. C’est le cas avec son cockpit placé devant le mât qui laisse la place à l’arrière pour descendre la voile au maximum. Ce qui changera la manière de naviguer.

Un secret bien gardé par Thomas Covile et son équipe qui su rassembler autour de lui un collectif d’experts, d’architectes, de marins ou de personnes de différents horizons pour imaginer un bateau différent. La clé aura été de revoir le centrage des masses. Une réflexion qui vient du monde automobile et qui sur le trimaran avec le déport des masses vers l’avant a engendré un cercle vertueux pour concevoir la plateforme, les appendices et imaginer le bateau volant de demain le plus performant.


Pour dessiner ce bateau, Renaud Bañuls aura eu un rôle prépondérant en travaillant également avec Vincent Lauriot-Prevost, Gsea Design, Hervé Devaux et Martin Ficher. ” Pour imaginer un bateau comme celui-ci, nous ne voulions pas qu’il soit dans les mains d’un seul sachant mais le résultat d’un travail commun où chacun puisse s’exprimer. Qui dit nouveau bateau, dit nouvelles méthodes et pourquoi pas un Design team avec des gens que j’avais côtoyé dans leurs expertises. En mettant en place ce Design team, je savais qu’il allait falloir que j’explique à plusieurs personnes le goût que j’avais dans la bouche, la musique, le tableau que j’avais en tête. La transcription de l’acte est assez démesurée. Il n’y a pas beaucoup d’actes qui mesure 32m de long sur 23 m de large et 34 de haut !

Le fait d’avoir le cockpit devant le mât va considérablement améliorer la manœuvrabilité du bateau. L’habitacle est complètement intégré et ressemble à un cockpit d’avion. Ce n’est pas une petite évolution et je suis assez fier.
On se souvient dans les années 50, les pilotes étaient à l’arrière de leurs avions. Ils se protégeaient avec des petites lunettes et un casque en cuir, c’était très romantique. Et puis un jour, ils se sont rendus compte que plus on poussait sur les ailes, plus ça répondait. C’est la même chose avec Sodebo Ultim 3.
L’habitacle qui représente 20% de la masse du bateau a été avancé de 7 mètres par rapport au précédent Sodebo et le centre de gravité du bateau d’1,20 mètres. C’est ce qui a déterminé tout le reste et chaque chose a trouvé sa place de façon harmonieuse.
Dans tous les sports mécaniques, le centrage des masses est une donnée de base de l’aérodynamisme et de l’hydrodynamique.
Au niveau vision, perception, équilibre et repères pour régler les voiles et la grand-voile, je vais être beaucoup plus proche de l’étrave et des embruns. Mais quand on circule dans un avion, plus on est proche du centre de gravité, moins on est chahuté et sollicité. On verra dès les premières navigations mais l’objectif c’est que ce soit plus confortable.
La notion de pilotage, on la retrouve dans ce cockpit intégré dans le bras avant qui va donner une vision complètement différente de la manière de naviguer.
Depuis le départ, le bateau est très conservateur. Nous n’avons pas voulu en faire un bateau volant. Il progressera au fur et à mesure.”

Un voilier de course au large résolument atypique
“Audacieux et ambitieux ! Ce sont les mots qui caractérisent le mieux ce nouveau bateau. Je ne pense pas que nous ayons tort ou raison mais nous osons tenter quelque chose de différent. Quand nous avons lancé les études pour confirmer que cette idée était réalisable, les choses se sont combinées entre elles sans faire de compromis. Quand tu te poses la question de « pourquoi on n’a pas fait ça avant ? », c’est que tu tiens une bonne idée. On a osé et il est certain que ce bateau dénote une approche audacieuse. Depuis le début, dans la conversation que j’ai eu avec le Design team, j’ai accepté de changer ma perception, ma vue, ma façon de naviguer. C’est très radical, il va falloir me remettre en cause dans tous mes retranchements. Naviguer, c’est s’adapter en permanence et nous sommes allés jusqu’à le faire d’un point de vue architectural et technique.
Je trouve le bateau très épuré. Quand on va le mater et le mettre à l’eau, ça va être quelque chose de le voir dans son intégralité.”

“Tu comprends vite si le bateau à la bonne sonorité et sensibilité”

Nous voulions que ce nouveau bateau soit épuré avec des lignes assez tendues, avec une déco plus légère dans les couleurs avec une connotation plus blanche que Sodebo ULTIM’ 2. Il y avait une vraie volonté de Sodebo d’y ajouter une dimension humaine et que cela se lise dans la symbolique. L’allure finale de ce bateau sur laquelle Sodebo a imprimé sa patte avec ces figurines et l’esperluette est réussie.

Le programme du bateau
Il s’annonce dense en équipage et en solitaire avec 14 transats et 3 tours du monde.
• 14 mars mise à l’eau (date à confirmer en fonction de la météo)
• semaine du 18 au 22 mars : test statiques à quai =mettre en tension
• dernière semaine de mars : premières navigations et tests en mer de l’instrumentation
Au fur et à mesure, les programmes d’entraînements vont s’intensifier

LE DESIGN TEAM SODEBO
Yves Mignard (responsable du BE) Elie Canivenc, Jean Mathieu Bourgeon, William Fabulet, Valentin Hostettler, Johan Boutserin, Fréderic Gastinel