Transat Jacques Vabre. Nuit Tonique à bord de Primonial

UNSPECIFIED - FEBRUARY 2: Sebastien Rogues and Matthieu Souben are sailing on Multi 50 Primonial prior to the Transat Jacques Vabre, on February 2, 2019. (Photo by Marie Le Floch)

Le Multi50 Primonial filait ce lundi matin à 25 nœuds après avoir laissé Ouessant et le célèbre passage du Fromveur dans son tableau arrière. Petit à petit, c’est le rythme du large qui va commencer à s’imposer, mais la première nuit fut délicate à gérer. « On a connu une entrée en matière engagée… » Sébastien Rogues, les traits tirés, témoignait dans une petite vidéo envoyée aux premières heures du jour combien cette première nuit avait été tonique. « On a dû procéder à beaucoup de changements de voile, dans un vent très irrégulier. On récupère un peu à peu de cette première nuit… » Petit à petit le rythme des quarts se met en place : le temps de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, les deux marins vont se croiser régulièrement sur le pont pour permettre à chacun de se reposer et de garder toute la lucidité nécessaire à la bonne conduite du trimaran. Savoir dormir, s’alimenter correctement sont quelques-unes des clés de la réussite. Pour l’heure, les deux compères pointent à une trentaine de milles derrière Thibault Vauchel-Camus et Fred Duthil, les deux leaders, soit une petite heure de course aux vitesses actuelles des deux multicoques.

Bonne nouvelle, « le bateau est à 100% de son potentiel » témoigne Matthieu Souben dans une courte vacation avec son équipe à terre. Même si les deux marins ont dû bricoler, faire face à quelques petits soucis techniques comme souvent en début de course, Primonial est paré pour affronter l’Atlantique. Les prochaines heures devraient être décisives : il va falloir exploiter au mieux les variations du régime de sud à sud-ouest qui se met progressivement en place sur le golfe de Gascogne. C’est ici que l’intelligence tactique et la lucidité s’avèrent nécessaires : quelques heures sur le mauvais bord, et ce sont des milles précieux perdus sur la route de Salvador de Bahia. La sagesse recommande de partir plein sud et de longer les côtes d’Espagne et du Portugal pour ensuite attraper les alizés et les vents portants. Mais auparavant, il va falloir accepter de manger son pain noir : allures de près, ciel bas et couvert, pluie régulière devraient composer le menu des prochaines heures à bord de Primonial.