Transat Jacques Vabre. Le bon coup de Charlie Dalin et Yann Eliès sur Apivia

S’il y a bien deux marins heureux sur cette Transat Jacques Vabre. Ce sont bien eux. Charlie Dalin peut être rassuré sur les qualités de son nouveau foiler et sa construction. Il n’a eu aucun problème technique majeur et le Plan Verdier s’en sort très bien en vitesse moyenne par rapport à Charal. Avec du talent et de la réussite, Apivia a passé ce Pot-au-Noir au bon endroit et a pu s’extirper devant Charal et vole vers l’arrivée avec une victoire qui lui tend les bras. Il compte ce jeudi soir 210 milles d’avance sur Jérémie Beyou et Christopher Pratt bien malheureux sur cette Transat et qui voient défiler dans leur Est l’ensemble de la flotte les contourner dont Banque Populaire et PRB respectivement 2e et 3e.

Yann Eliès lui aussi a le sourire. Il doit se dire qu’il at bien fait d’embarquer Charlie il y a quelques années qui lui a rendu la pareille sur cette Transat. Yann se régale et en plus devrait annoncer à son arrivée une participation au Vendée Globe sur un nouveau bateau. Celui qu’on a connu bien malheureux sur la Solitaire Le Figaro peut aujourd’hui savourer ces moments. Comme quoi, en voile, rien n’est jamais perdu.

Ce que partageaient les deux skippers d’APIVIA ce jeudi.

Vous aviez juste devant vous les Multi50. Est-ce que leur trajectoire vous a confortés dans votre choix pour la traversée du Pot-au-Noir ?
Charlie Dalin : « On a regardé la trajectoire des Multi50, notamment celle de Sébastien Rogues et Mathieu Souben qui étaient proches de nous. Ils prenaient une route assez similaire devant nous et comme ils ont droit à un routage à terre, cela nous a confortés effectivement dans notre choix. Cela nous a également permis de voir le moment où ils sortaient du Pot-au-Noir, de regarder Leurs vitesses et les angles qu’ils arrivaient à tenir ».

Est-ce que la traversée du Pot-au-Noir propose souvent des scénarios aussi radicaux ?
Yann Eliès : « Il n’y a pas toujours un gagnant et un perdant dans le Pot-au-Noir. Parfois, les conditions sont les mêmes pour tout le monde. C’est un scénario assez rare que nous vivons parce que, généralement, les écarts se font et se défont dans ce moment. L’incertitude règne généralement ! On a des outils informatiques et d’information de plus en plus performants, : on arrive à s’appuyer sur des faits de plus en plus précis.. Cette zone reste complexe à traverser. Il peut, comme cette année, se créer des écarts extrêmes, en notre faveur cette fois-ci. Cela n’a pas toujours été le cas : pour une fois, c’est en notre faveur et c’est tant mieux. »

Dans les heures qui viennent, vous devriez trouver plus de vent et dans un meilleur angle. Est-ce une bonne nouvelle ? Est-ce que la navigation va changer ?
Yann Eliès : « On est sorti depuis plusieurs heures du Pot-au-Noir et on a trouvé des conditions plus favorables à la glisse d’APIVIA. On est à 70-80 degrés du vent, des conditions pour lesquelles APIVIA a été dessiné. On s’attend à atteindre des vitesses bien plus élevées ces derniers temps. On est tout de même stressé parce que ce bateau est très récent. C’est la première que nous passons autant de temps en mer à bord d’APIVIA. Avec la perspective d’une issue de Transat Jacques Vabre qui pourrait ne pas être mal du tout, on reste vigilant. On ne va pas tirer sur le bateau comme on l’aurait fait si on avait été à touche-touche avec d’autres concurrents. On en garde sous le pied, mais ce seront des conditions rapides et super sympa, et on va en profiter ».

Physiquement, comment vous sentez-vous ?
Charlie Dalin : « De manière globale, on sort très fatigué du Pot-au-Noir. Là, avec APIVIA, on a eu la chance d’avoir un pot-au-noir pas trop difficile, on ne s’est jamais complètement arrêté, on n’a jamais été « empétolé » dans un grain. Il y a bien eu quelques changements de voiles, mais rien de très engageant physiquement. En revanche, il fait très chaud dans le bateau, c’est très humide. En même temps on n’en attendait pas moins quand on navigue dans ces latitudes. On a fait attention à dormir suffisamment pour ne pas se mettre dans le rouge pour garder un certain niveau de vigilance et de forme. »

APIVIA est à l’épreuve d’une transatlantique depuis 10 jours pleins. Comment se porte le bateau ?
Yann Eliès. : « Cela fait onze jours que APIVIA est parti du Havre. On a eu quelques petits soucis techniques, mais on savait qu’en partant avec un bateau neuf, on en rencontrerait. Le délai de mise au point est toujours assez long, mais on est agréablement surpris du peu de problèmes qu’on a eu à gérer. C’est à mettre au crédit de toute l’équipe technique qui a très bien travaillé depuis la mise à l’eau. On a fait attention, on a choisi la bonne option (sud au départ, ndlr) et surtout, la course n’est pas finie, il faut faire attention, rester vigilant ! »

A terre, nous sommes épatés par l’ambiance qui règne à bord, et que vous partagez dans vos vidéos !
Charlie Dalin. : « Notre duo fonctionne ! on sait lorsque nous sommes fatigués pour prendre le relai et on arrive à rire tout en étant studieux, tout en s’occupant de la performance, des réglages… On a des beaux moments de partage, c’est notre deuxième transat ensemble, « ce n’est pas du faux ! ». On rigole autant hors caméra. »


Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre
Classement Intermédiaire de 09h en catégorie IMOCA

1er : APIVIA – Charlie Dalin & Yann Eliès
2ème : CHARAL – Jérémie Beyou & Christopher Pratt – distance au premier 130 milles.
3ème : PRB – Kevin Escoffier & Nicolas Lunven – distance au premier 133 milles.