Transat Jacques Vabre. Charlie Dalin embarque Yann Eliès

simeliprod2019

Charlie Dalin et Yann Eliès vont former à nouveau un duo de choc pour la Transat Jacques Vabre mais cette fois-ci sur le nouvel IMOCA Apivia qui sera mis à l’eau fin juillet. Le duo avait terminé l’édition 2015 de cette même Transat Jacques Vabre à la troisième place. Une complémentarité idéale pour prendre la mesure de ce nouveau bateau dont ce sera la première course, le timing étant trop juste pour participer à la Fastnet.

« C’est évidemment, dit Charlie Dalin, un retour d’ascenseur plein d’amitié, parce que j’avais appris et progressé en navigation avec Yann, mais c’est bien plus que ça. Apivia sera sorti du chantier depuis trois mois, et c’est une grande responsabilité pour le co-skipper. Il doit notamment accepter l’idée qu’il y aura forcément des petits pépins techniques à gérer. On sait qu’il y aura un peu de bricole à faire. C’est aussi rassurant de partir avec quelqu’un qui connaît la route… »

Mais le choix est surtout sportif et humain. Charlie et Yann se côtoient depuis des années au Pôle Finistère course au large, à Port-la-Forêt, et dans un cadre plus amical. Et de leur transat commune en 2015 est née une forme de convergence naturelle : « Nous ne naviguons pas de la même manière, mais nous ‘matchons’ très bien. Yann fonctionne fort au feeling, je suis très cartésien, et nous nous révélons très complémentaires. Dès le début, nous avons compris quels étaient nos points forts, nous n’avons même pas besoin de nous donner des consignes, tout est naturel. Je me rappelle très bien d’une navigation de nuit lors d’un stage à Port-la-Forêt au cours de laquelle nous avons échangé sur la navigation, la stratégie, les choix de voiles au départ d’une course, tout convergeait simplement. »

Quand, en 2015, Yann Eliès avait proposé à Charlie Dalin d’être son co-skipper sur la Transat Jacques Vabre, c’était avec l’intention d’en faire son remplaçant sur le Vendée Globe 2016-2017. L’idée avait germé bien avant dans la tête du triple vainqueur de la Solitaire du Figaro. Pendant sa Route du Rhum 2014 en classe Ultime, précisément. Les deux hommes étaient alors en communication permanente puisque Charlie faisait le routage du skipper solitaire. « Ma rencontre avec Charlie, raconte Yann Eliès, ça a d’abord été un choc de générations, puis du troc sur le ponton : je t’échange une astuce de clic droit – clic gauche contre des astuces de vieux briscard des réglages. On a la même destination, mais pas les mêmes routes : j’ai une aspiration au sensitif, il fait partie de cette génération d’ingénieurs ou architectes qui cherchent les solutions dans les outils avec lesquels ils ont grandi. Charlie fait partie de cette génération qui, après la mienne, a toutes les raisons d’éclore au plus haut niveau. Techniquement, intellectuellement, dans tous les domaines de compétence, ces jeunes sont sur le haut du panier et ils méritent ce qu’ils vivent. Et Charlie n’a pas gagné la Solitaire du Figaro, mais il peut tout à fait embrasser la route de François Gabart, qui lui non plus n’a pas attendu de gagner la Solitaire du Figaro pour remporter le Vendée Globe. »

C’est donc au tour de Charlie Dalin de se préparer à affronter l’Everest des mers en solitaire, dès novembre 2020.