@ Carlo Borlenghi

Thomas Ruyant participera à la Jacques Vabre aux côtés de Boris Hermann à bord du monocoque de 60 pieds IMOCA Malizia II – Yacht Club de Monaco. A 36 ans le nordiste s’engagera sur sa quatrième Transat Jacques Vabre avec l’ancien Edmond de Rothschild de Sébastien Josse, pourvu de foils. Rencontre avec le dunkerquois qui continue à chercher des partenaires afin de prendre le départ du Tour du Monde en solitaire et sans escale 2020 avec l’ambition de jouer les premiers rôles sportifs. Trois questions…

1) Quelle est ta réaction quant à ta quatrième participation à la Transat Jacques Vabre ?
C’est canon ! Je suis très heureux de me retrouver au départ d’une grande course océanique après mon abandon malheureux sur le dernier Vendée Globe. Cela rentre dans tous mes objectifs à savoir pratiquer ma profession de coureur au large et m’engager sur un monocoque de 60 pieds dernière génération ou en tout cas récent car c’est sur ce genre de voiliers que je veux me présenter sur la ligne de départ du prochain Vendée Globe. Je recherche d’ailleurs activement depuis un moment un ou des partenaires dans ce sens. Malizia II est un voilier très rapide. En moyenne, il a une vitesse plus élevée que mon plan Verdier 2007 sur lequel j’ai navigué ces dernières années. Au reaching, c’est un bateau qui accélère très fort grâce notamment à ses foils. C’est un voilier qui va à la vitesse du vent tout le temps. Et puis, Boris Herrmann, le skipper en titre du bateau, a récupéré une machine très optimisé par Sébastien Josse et son équipe. Je pense qu’actuellement en 60 pieds IMOCA, c’est un peu l’arme fatale !
2) Quelle est ton histoire avec Boris Herrmann ?
Nous nous étions croisés ces dernières années mais, pour finir, nous ne nous connaissions pas vraiment. Boris, Pierre Casiraghi et le Yacht Club de Monaco m’ont proposé de venir à bord de Malizia II pour un convoyage au printemps. J’ai évidemment accepté. Le courant est très vite passé. Boris a une grande expérience car un grand nombre de milles au compteur depuis ses débuts en Class 40 notamment. Il a aussi navigué avec Giovanni Soldini en Vor 70 sur des campagnes de record. Il était aussi équipier de Francis Joyon sur le trophée Jules Verne sur sa première tentative de record du Tour du Monde en équipage. Nous nous dépensons autant en mer. Nous mettons la même énergie et avons les mêmes objectifs de performance. Comme nous nous sommes bien entendus, nous avons enchaîné cette année avec de longues navigations comme La Trinité-sur-Mer – Monaco ou Monaco – Lorient et dès demain, nous allons convoyer à nouveau le bateau entre Monaco et la Bretagne. Avant cette Transat Jacques Vabre, nous aurons parcouru plus de 4500 milles à deux. Cela va me permettre de mieux appréhender ce nouveau support !
3) Que représente la Transat Jacques Vabre pour toi ?
Deux abandons en Class 40 avec Stéphane Le Diraison et Bruno Jourdren pour des soucis techniques et une superbe participation avec Adrien Hardy à bord du Souffle du Nord pour Le Projet Imagine. Nous étions des bizuths en Imoca et nous avons terminé 4ème. Cette performance m’a mis dans de bons rails alors que je préparais mon Vendée Globe. C’est, enfin, un parcours que je connais puisque j’ai pris le départ de deux Mini Transat en direction de Salvador de Bahia dont une victoire en 2009. Mon arrivée dans la baie de tous les saints en 2009 est un moment très fort de ma vie. J’espère que le Brésil va continuer à me porter chance !