Tanguy Le Turquais : « Pour l’emporter, il faut ce petit truc en plus que l’on ne maîtrise pas »

Tanguy Le Turquais, skipper du Figaro Beneteau 3 Queguiner - saison 2019 - En mer le 13/03/2019 @ ALexis Courcoux

Le stress des grands jours monte doucement mais sûrement pour les Figaristes. Parmi eux, Tanguy Le Turquais, le skipper du Groupe Quéguiner, compte bien donner le meilleur de lui-même. Ses objectifs ? Être l’un des animateurs de l’épreuve mais aussi et surtout, terminer avec le sentiment du travail bien fait… et sans aucun regret.

« La nuit a été un peu courte car on a quitté Lorient sur les coups de minuit la nuit dernière pour être à l’heure pour le départ de la parade entre le pont de Saint-Nazaire et Nantes qui a débuté à 8h30, mais je me sens en grande forme », annonce Tanguy Le Turquais, qui se trouve dans une dynamique positive depuis sa jolie 2e place dans la Solo Maître CoQ décrochée en début de mois. « Cette performance m’a permis de me mettre en confiance mais je garde néanmoins la tête froide. La Solitaire qui arrive est une autre course, une autre histoire », explique le skipper de Quéguiner qui ne veut en aucun cas se mettre la pression au risque d’être déçu. « Je pars malgré tout serein. J’ai bien travaillé tout l’hiver et j’ai bien progressé. L’essentiel pour moi, sera de réussir à être un vrai acteur de la course, d’animer les débats. Si cela se concrétise par un bon résultat, tant mieux. On sait que pour gagner cette fameuse Solitaire du Figaro, il faut vraiment que toutes les étoiles soient alignées. Ceux qui l’ont inscrite à leur palmarès le dise : lorsque c’est arrivé, ils étaient dans un moment de grâce. Pour l’emporter, il faut ce petit truc en plus que l’on ne maîtrise pas », note le Vannetais.

Quatre étapes costaudes au menu
Au programme pour lui et ses 46 concurrents : quatre étapes de 450 à 630 milles. « Ça va être très costaud. La grande étape de la Solo Maître CoQ, c’était finalement seulement la moitié de la plus grande étape de cette 50e édition. Un morceau de plus de 600 milles, c’est tout simplement énorme et à celui-ci s’ajoutent trois autres manches qui ne sont pas petites non plus. Aujourd’hui, on ne sait même pas sur le bateau qui peut suivre le rythme techniquement parlant. On ne sait pas non plus si nous, marins, on est capable de suivre le tempo. On part complètement dans l’inconnu avec le nouveau bateau mais une chose est sûre : ça va être riche en enseignements. J’ai hâte et je trouve ça génial de pouvoir vivre ça ! », assure Tanguy avec son enthousiasme habituel. « Physiquement, ça va être copieux et on va tout de suite voir les gars qui sont en forme et ceux qui le sont moins, même si l’on risque de devoir attendre le dernier moment pour connaître le tiercé gagnant. Il ne faut pas perdre de vue qu’avec le Figaro 3, des écarts importants peuvent se faire et de défaire bien plus rapidement qu’avec le Figaro 2. Ce n’est désormais plus rare de voir des écarts de 15 milles se créer puis disparaître. Cela change pas mal la donne, mais cela veut surtout dire que jusqu’au bout, rien ne sera jamais joué », note Tanguy Le Turquais.