Cette transat aura été pleine de surprises et déjà riche d’enseignements pour les skippers. En tête depuis plus de 24h, il faut admettre que Jérémie Beyou crée la surprise avec son IMOCA60 nouvellement doté de foils et en tête devant Alex Thomson et Sébastien Josse.

On vous avait présenté en exclusivité dans Course Au Large n°68 les lourdes modifications apportées au bateau cet hiver. Fallait-il encore maîtriser l’engin et le fiabiliser à quelques mois de la course. Cette transat prouve que le pari à 500 000 € de Jérémie Beyou est un pari gagnant en permettant à Maître CoQ de rivaliser avec les IMOCA de dernière génération équipés de foils. Ceux qui doutaient que cela soit possible et réalisable dans les temps pourront peut-être avoir quelques regrets au départ du prochain Vendée Globe.

A un peu plus de 48 heures de l’arrivée, rien n’est encore joué. Maître CoQ et Edmond de Rothschild doivent infléchir leur route un peu plus nord cette après-midi et tenter de trouver le bon passage dans une bulle anticyclonique qui leur barre la route. Hugo Boss, plus au nord, devrait sans doute croiser leur trajectoire. Les trois bateaux naviguent tous à peu près à la même vitesse. Le sprint final est lancé en mode régate entre ces trois bateaux. Un mode qu’affectionne Jérémie Beyou, un habitué de la Solitaire du Figaro.

Derrière les trois bateaux de tête, Vincent Riou est déjà reparti des Açores. Son arrêt au stand n’a pas traîné. Arrivé hier soir aux Açores vers 22 heures (HF). Il a quitté l’archipel ce matin. PRB a profité des soins de l’équipe technique et est de nouveau à 100% de son potentiel. C’est le trou au niveau du cache ligne d’arbre d’hélice qui a nécessité le plus de temps. Il a fallu attendre 6h30 ce matin que le composite soit sec pour s’assurer que la réparation soit suffisante pour que Vincent puisse reprendre la course. Le solitaire a pu renvoyer sa grand voile vers 9h ce matin et quitter Horta où il était au mouillage. Un arrêt digne de la Formule 1. Vincent ce matin à 10h :  » Les réparations se sont déroulées dans le timing que nous nous étions fixés. PRB a retrouvé tout son potentiel et je suis très heureux de pouvoir enclencher à nouveau le mode course ! »

Enfin Paul Meilhat. On en parle peu mais il est maintenant 4ème. Une place qui fait du bien et qui montre quelque chose de positif, qui doit faire du bien au marin comme à l’équipe. Le Brestois de La Garenne- Colombes (Hauts-de-Seine) retrouve du plaisir à naviguer, la meilleure manière d’effacer les stigmates de son accident de mer lors de la Transat St Bart – Port la Forêt en décembre dernier au large des Açores. « Ça fait vraiment du bien ! Chaque jour passé en mer depuis qu’on a remis le bateau à l’eau, il y a environ un mois, me fait un bien fou. Je passe actuellement un peu au même endroit (que son accident), en course, plutôt bien placé et avec le Vendée Globe dans le viseur… Je savoure chaque moment sur le bateau, même si je ne suis pas en pleine forme physiquement. Je me rends compte que cette Transat est vraiment positive pour moi, j’apprends énormément sur la gestion du bateau. La course est encore vraiment longue et compliquée, mais on a fait les deux tiers de la route, et l’arrivée sera bonne. Mais il peut encore se passer des choses, je fais attention à ne rien casser dans cette mer pas très bien rangée ».

Positions à 11 HF :
1 – Jérémie Beyou (Maitre Coq) à 671,2 milles de l’arrivée
2 – Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) à 21 milles
3 – Alex Thomson (Hugo Boss) à 63,1 milles
4 – Paul Meilhat (SMA) à 371,4 milles
5 – Tanguy de Lamotte (Initiatives Cœur) à 457,2 milles
6  – Kojiro Shiraishi (Spirit of Yukosh) à 497,8 milles
7 – Vincent Riou (PRB) à 587,7 milles