Spindrift Racing
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Avec une huitaine de jours de mer en prévision, cette transat en convoyage sera bien évidemment mise à profit par l’équipe comme l’explique le skipper Yann Guichard. « La route la plus courte se ferait au près, face au vent et aux dépressions, ce qui n’est pas très intéressant en préparation d’un record qui se joue au portant. Nous allons donc adapter au mieux notre trajectoire pour aller chercher au maximum des allures portantes et de reaching. L’objectif est de nous approcher au plus près des conditions de navigation du record afin que chacun retrouve bien ses sensations, notamment à la barre. J’ai vraiment hâte. Même si nous avons effectué plusieurs navigations longues au départ de La Trinité, rien ne remplace le mode océanique, tant techniquement que humainement. »

A bord, l’organisation mise en place sera la même que pendant le record. Deux quarts de cinq équipiers se relaient sur le pont, tandis que Yann et le navigateur Erwan Israël restent hors quart. « La météo s’annonce très variée voire même plutôt instable sur la fin de parcours, » explique ce dernier. « Nous partons au Sud dans des conditions médiums pour aller longer le Portugal avant d’enrouler l’Anticyclone des Açores par dessous. Ensuite, nous remontrerons vers Newport dans un régime plus dépressionnaire et le vent doit forcir sur le final. » L’équipage se prépare donc à beaucoup manœuvrer afin de tirer toujours le meilleur du bateau, tout en préservant la machine et en gardant toute la vigilance nécessaire pour ne rien casser. « Nous allons rencontrer un large panel de forces de vent ce qui est excellent pour poursuivre le calibrage de nos instruments de navigation, » ajoute le skipper. « L’important est que tout le monde reprenne la mesure du trimaran à l’échelle d’une transat et se sente bien à bord. »

Xavier Revil a la responsabilité de l’avitaillement pour l’équipage de Spindrift 2. Bien manger est forcément important, autant pour l’énergie qu’il faut dépenser jour et nuit que pour le mental. Quand les conditions sont éprouvantes, partager un bon repas avec les marins de son quart aide forcément à rester endurant. « Comme à terre, on prend un petit déjeuner et deux repas chauds, » explique Xavier. « Sur le record, nous n’aurons que des lyophilisés. Là, sur le convoyage, nous avons mixé avec des plats tout prêts à réchauffer, ce qui permet de varier les menus. Le matin, c’est porridge ou céréales selon les goûts. Ensuite, nous avons par exemple le choix entre risotto, paëlla, couscous, petit salé aux lentilles, les grands classiques ! Nous avons aussi ajouté de la charcuterie, du fromage, des barres de céréales et nous aurons des fruits frais pour les quatre premiers jours. Nous préparons les plats en une seule fois pour tout le monde, généralement 1h30 avant le changement de quart. A douze, il faut faire chauffer cinq à six litres d’eau. On remplit ensuite les gamelles isothermes qui permettent de garder les portions au chaud pendant trois heures. Comme ça, ceux qui quittent leur quart mangent en descendant alors que les autres montent sur le pont l’estomac plein ! »

Spindrift 2 devrait pointer ses étraves dans la baie de Newport aux alentours du 3/4 juin.