Spindrift nouveau record à l’Equateur + 191 mn

Spindrift a passé l’Equateur ce lundi en décrochant un nouveau record en 4 jours 19h et 57mn soit 22h et 47 mn de mieux qu’Idec Sport. L’équipe de Yann Guichard file plein sud à 26 nds de moyenne et compte une journée d’avance sur le record. Le pari de Yann Guichard et son routeur Jean-Yves Bernot est le bon jusqu’à maintenant. L’équipe compte, ce lundi, 191 mn d’avance sur Idec Sport. Tout va bien à bord.

Après deux mois d’attente, Yann Guichard et Jean-Yves Bernot ont attendu la meilleure fenêtre possible pour partir et tenter de rejoindre l’Equateur puis le Cap de Bonne Espérance avec une avance d’au moins 24 h sur le record. Seule stratégie possible aux yeux de Yann Guichard pour espérer le battre avant d’attaquer le grand sud. A mi-chemin vers le Cap, Spindrift a rempli son premier objectif. La suite vers le Cap en 6/7 jours s’annonce un peu plus compliqué pour augmenter son avance. Il va être difficile pour le trimaran jaune et or de « couper le fromage » directement vers le Cap comme avait pu le faire François Gabart lors de son record en solitaire. Il va y avoir une zone de transition compliquée à gérer dans 48h. Si Sprindrift parvient à bien la gérer, l’équipe devrait pouvoir maintenir son avance voir l’augmenter si elle parvient a accrocher une dépression qui la propulserait vers le Cap.

« On a commencé à rentrer dans le Pot au Noir vers 2°Nord : il n’était pas très actif, ce qui ne nous a pas facilité sa traversée avec très peu de brise… Même les grains n’étaient pas très ventés. C’était surtout sympa d’avoir la pleine lune au passage de l’équateur : nous avons même vu l’éclipse ! C’était magnifique pendant une bonne heure… Tout le monde a pris le rythme et la modification de la casquette est vraiment un bonus : on est nettement plus à l’abri. La descente jusqu’à l’équateur n’a pas été une route simple : il a fallu enchaîner les empannages et passer au travers des archipels des Canaries et du Cap-Vert. On a eu une mer assez difficile avant ces deux groupes d’îles. » indiquait Yann Guichard quelques minutes après avoir franchi la ligne de séparation des hémisphères.

Pour autant, l’horizon n’est pas encore clairement dégagé puisque le Pot au Noir se prolonge en ce moment jusqu’à 120 milles au Sud de l’équateur, soit encore six heures délicates avant d’accrocher les alizés de Sud-Est à Est qui soufflent au large du Brésil. Mais la bonne nouvelle est l’installation d’un front orageux qui sortira du cap Frio (au large de Rio de Janeiro) dès mardi.

« On doit sortir complétement du Pot au Noir vers 2°Sud, et ensuite, nous allons devoir faire le grand tour de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui se reforme dans l’Est : nous allons devoir faire du Sud pendant un bout de temps jusqu’au 37°Sud avant de tourner à gauche vers l’océan Indien. Cela nous rallonge la route, surtout que nous devrons traverser une zone de petit temps dans trois jours. Mais ensuite, nous toucherons du vent de Nord-Ouest favorable. Ce sera finalement une descente assez lente… mais nous devrions toujours être un peu en avance par rapport à Francis Joyon et son équipage au passage du cap des Aiguilles. » précisait le skipper de Spindrift 2.

Car le prochain objectif est désormais la pointe de l’Afrique du Sud : Francis Joyon et son équipage avait franchi la longitude du cap des Aiguilles après 12j 21h 22′ de mer. Or avec 23h 02’ d’avance sur ce premier tronçon, Yann Guichard et ses hommes peuvent espérer conserver une petite demie journée d’avance avant d’entamer l’océan Indien. Le même trimaran alors sous les couleurs de Banque Populaire en 2012, avait mis un tout petit peu moins de douze jours depuis Ouessant (11j 23h 50’). Il reste environ 3 200 milles à Spindrift 2 pour atteindre cette longitude : le trimaran noir et or a déjà aligné 26 nœuds de moyenne depuis son départ de Ouessant, soit plus de 620 milles par jour, traversée du Pot au Noir incluse !

Le début vers l’Equateur
«  Le début a été sportif avec du rythme car il y a eu pas mal d’empannages à faire avant de passer les Canaries. L’alizé est super instable. On a navigué entre 18 et 28 nœuds et ce matin on a moins d’air. Ça avance bien mais c’est assez éprouvant car ce n’est vraiment pas régulier en intensité et très variable. En ce moment ça oscille entre 18 et 23 nœuds.

Tout le monde est bien dans le rythme et prend ses marques. C’est parti vite et on va arriver vite à l’équateur. On n’a pas vraiment regardé le temps, on est concentré aujourd’hui sur les Canaries mais ça peut faire une ETA le 21 au matin. Après il y a le pot-au-noir à passer, il n’a pas l’air très actif mais il est quand même assez large, on peut y perdre quelques heures. Les prochaines 12h, il y aura pas mal d’empannages pour parer les îles. On va passer entre Ténériffe et La Palma et ensuite, un dernier empannage dans l’ouest des Canaries et après c’est tout droit jusqu’au pot-au-noir.

C’est le premier anniversaire du bord aujourd’hui : celui de Jackson. Les petits jeunes ont l’air content. Tout le monde arrive à se reposer quand il faut. Là c’est sympa, il commence à faire chaud, on arrive vraiment dans l’alizé, l’air se réchauffe, la mer aussi. On a plutôt des bonnes conditions devant nous. Ces trois prochains jours vont être supers. Dur à dire si on peut battre ou non notre propre record de l’équateur. Il faut déjà que l’on sorte de ces îles et demain on pourra voir les temps. »