Sébastien Josse et Thomas Rouxel cravachent pour reprendre le leadership de la course en Ultime dans un duel magnifique avec Coville – Nélias. Au classement de 16h ce jeudi, le dernier-né des Gitana pointait à 62,7 milles de Sodebo Ultim’. Il était ce matin à 20 mn et avançait 1 à 2 nds plus vite. Les prochaines heures vont être cruciales avec le passage du Pot au noir. Avec Nélias à bord, Thomas Coville a une carte joker en plus. La deuxième partie de la course s’annonce passionnante.

Sébastien Josse expliquait sobrement les milles concédés la nuit dernière à son concurrent : « Thomas et Jean-Luc ont joué un joli coup météo qui explique aujourd’hui qu’ils soient en tête de la course. Après le passage des Açores nous avions le choix entre empanner plusieurs fois ou passer sous J0 (grand gennaker). Compte tenu de notre position à ce moment-là, nous avons opté pour les empannages et une navigation sous J1 (génois) qui devait nous permettre de gagner en longitudinale. Sodebo a fait le choix inverse en se décalant dans l’Ouest pour glisser. Notre choix ne s’est pas avéré payant, loin de là. Non seulement l’état de mer dans la nuit de mardi à mercredi ne nous a pas permis d’exploiter comme prévu notre choix de voile et notre rencontre avec un grain sans vent a enfoncé le clou. Au final, c’est Thomas et Jean-Luc qui ont tiré le bon bord et aux vues des conditions météos qui se présentaient devant nos étraves nous avons dû hier soir empanner à 90 ° de la route pour nous éloigner des côtes africaines et des zones de molles annoncées dans notre sud. »À la sortie de ce recalage, l’addition s’est montrée salée : d’un crédit de 64 milles à 21h, Gitana 17 concédait 60 milles au lever du jour. « C’est toujours dur comme décision mais les fichiers du soir étaient très clairs. Il faut parfois savoir perdre un peu pour ne pas complètement hypothéquer la suite des évènements. »  confiait le skipper du Maxi Edmond de Rothschild.

Thomas et Jean-Luc continuent de contrôler la route du géant qui vole, à leur propre surprise. Après une journée sans manœuvre, ils ont repris des forces et se battront jusqu’au bout.

Thomas déclarait : « Je pensais qu’ils allaient nous déboîter plus que ça, je ne pensais pas qu’au Cap Vert on serait au contact avec eux. On est content de jouer et de bien jouer ». Bien sûr, notre duo sait que Gitana 17 n’est pas à 100% de son potentiel ; le bateau est neuf, à son bord les marins n’ont pas la même expérience que Thomas et Jean-Luc ensemble sur leur Ultime… Les conditions du jour seraient cependant favorables à la prise de vitesse, voire à l’envol…
Être en tête, c’est bon pour le moral, mais ça peut aussi être dur pour les nerfs. Dans les heures qui viennent, il faudra prendre des décisions stratégiques pour bien se placer avant de traverser le Pot au Noir, qui peut redistribuer les cartes à l’avantage ou au désavantage de l’autre. Cette zone bien connue des marins est synonyme d’instabilités, d’orages, de grains ou de pétole (pas de vent). En ce moment pourtant, elle est moins établie, plus au Nord qu’à son habitude et moins étendue.
La trajectoire du jour est donc pensée sur un point d’entrée stratégique dans le Pot au Noir, et un pari sur le point de sortie. « On a fait des routages. Même si tu te décales de 150 milles dans l’ouest, l’écart n’est que de 20 minutes à la sortie… en tous cas, c’est maintenant que ça se joue » expliquait Thomas ce matin.
Les 2 ultimes devraient être à l’orée du Pot au Noir ce soir, avec l’espoir d’en sortir dès demain midi.