Solitaire Urgo Le Figaro. Le parcours dévoilé à Nantes

Jeudi 18 avril 2019, Nantes, Le Nautilus, présentation officielle de la Solitaire Urgo le Figaro 2019, 50e edition.

C’est à Nantes que le parcours de la prochaine Solitaire – la 50e édition et la première avec le Figaro Bénéteau 3 – a été dévoilé. Début juin, ce sont plus de 2 000 milles que la cinquantaine de solitaires attendus vont devoir avaler avec des étapes plus longues, plus techniques, plus variées, mariant le côtier et le large, la Manche et la mer d’Irlande, les brises thermiques et les vents synoptiques, les courants de marée et les jours sans fin d’un solstice d’été. Il va y avoir du match !

Pour fêter ce demi-siècle de course au large en solitaire qui a formé les plus grands skippers français, La Solitaire URGO Le Figaro 2019 propose un parcours atypique passant par l’île de Man, au départ de Nantes, via Kinsale, Baie de Morlaix et Dieppe.

Nantes – Kinsale : l’Irlande en entame
La première étape de La Solitaire URGO Le Figaro partira sous le pont de Saint- Nazaire, à 16h30 le dimanche 2 juin, après une descente de la Loire à partir de 8h30 au départ de Nantes. La flotte devra d’abord contourner une marque d’eaux saines face à Port Bourgenay avant de s’élancer vers le phare du Fastnet, puis de rallier le port irlandais de Kinsale, l’escale la plus mythique de cette course en solitaire pour la vingtième fois ! Un tracé de plus de 550 milles au large en laissant à tribord les plateaux rocheux de Sein et de Land’s End pour une arrivée prévue des premiers, le mercredi 5 juin. La Solitaire URGO Le Figaro remet en exergue le format rugueux qui a construit sa difficulté et formé moult marins renommés.

Kinsale – Roscoff : l’île de Man en première
Après au minimum deux nuits de repos, la flotte devra aborder l’étape la plus atypique de l’histoire de La Solitaire URGO Le Figaro : le dimanche 9 juin, c’est par une remontée de la mer d’Irlande que débute ce marathon de plus de 630 milles vers l’île de Man avant une longue descente le long du pays de Galles, un passage entre Land’s End et les Scilly, pour finir par une traversée de la Manche en direction de Roscoff. Le port finistérien qui accueille pour la troisième fois la course en solitaire, devrait voir les premières étraves pointer vers le jeudi 13 juin…

Roscoff – Roscoff : mi-temps bretonne
Quelques jours de sommeil plus tard, les solitaires vont entamer le dimanche 16 juin, un parcours semi-hauturier de 460 milles environ qui permettra de jouer avec les courants de la pointe Bretagne (Four, Sein, Fromveur), puis de la Manche avec le contournement du brise-lames de Plymouth, les îles anglo-normandes et retour par Granville. Un tracé assez technique pour « switcher » du grand large au côtier où la problématique doit concilier effets de site, courant de marée et contrôle des concurrents à la mi-parcours de cette Solitaire URGO Le Figaro, avec une nouvelle arrivée dans le port finistérien dès mercredi 19 juin.

Roscoff – Dieppe : pour conclure
Enfin, c’est une double traversée de la Manche qui attend les coureurs pour clôturer cette cinquantième édition de La Solitaire URGO Le Figaro. En partant de Roscoff le samedi 22 juin, les solitaires vont devoir parer Land’s End via une bouée devant Portsall, puis longer les côtes anglaises jusqu’a sud Owers à l’est de l’ile De Wight, avant de descendre vers Barfleur pour une arrivée prévue vers le mercredi 26 juin à Dieppe (pour sixième fois escale), soit encore plus de 500 milles dans les courants de marée et les effets de site perturbant la brise.

L’habituel postlogue de conclusion se déroulera ainsi devant la côte d’albâtre, le samedi 29 juin en prélude à la remise des prix officielle. Ainsi cette cinquantième édition cumulera plus de 2 000 milles tout le mois de juin, montant quasiment jusqu’au 55° Nord, avec un nouveau monotype que la quarantaine de solitaires attendus découvrira pour la première fois après les half-tonners (1970- 1989), le Figaro Bénéteau (1990-2002), le Figaro Bénéteau 2 (2003-2018). Un mélange tonique entre tradition, sur un parcours technique qui retrouve l’Irlande, Roscoff et Dieppe, et modernité avec Nantes en ville d’accueil, l’île de Man à contourner et un bateau à foils qui ouvre bien des perspectives tactiques avec des conditions météorologiques très variées… Un parcours solide qui attire déjà nombre d’anciens vainqueurs et pléthore de jeunes talents.

#PARCOURS

50ème édition de La Solitaire URGO Le Figaro
27 mai : arrivée des Figaro Bénéteau 3 le long du quai de la Fosse (Nantes)
2 juin : départ de la première étape (550 milles) sous le pont de Saint-Nazaire
5 juin : arrivée des premiers à Kinsale (Irlande)
9 juin : départ de la deuxième étape (630 milles) vers l’île de Man
13 juin : arrivée des premiers à Roscoff
16 juin : départ de la troisième étape (450 milles) autour de la pointe Bretagne

Avec un nouveau monotype, le Figaro Bénéteau 3, et surtout autour d’un plateau exceptionnel où se retrouvent six anciens vainqueurs, des dizaines de multirécidivistes, de jeunes talents et un beau panel d’étrangers. À un mois du départ du Quai de la Fosse, le point sur cette cinquantième édition extrêmement ouverte !

Ainsi sur les cinq seuls vainqueurs par trois fois de cette Solitaire URGO Le Figaro, trois d’entre eux seront au départ de Nantes : Michel Desjoyeaux (1992, 1998, 2007), Jérémie Beyou (2005, 2011, 2014) et Yann Éliès (2012, 2013, 2015). Et à leurs côtés, trois autres vainqueurs tels Alain Gautier (1989), Armel Le Cléac’h (2003 et 2010) et Charles Caudrelier (2004) ! Mais tout le monde sait qu’en navigation au large en solo, il ne suffit pas de monter une ou plusieurs fois sur la plus haute marche du podium : le plateau proposé pour ce cinquantième anniversaire cumule un palmarès exceptionnel en course.

De tous les horizons
Des vainqueurs d’étape depuis 1970, viennent en masse : Loïck Peyron, Alain Gautier, Michel Desjoyeaux, Yann Éliès, Armel Le Cléac’h, Jérémie Beyou, Charles Caudrelier, Gildas Morvan, Corentin Douguet, Adrien Hardy, Fabien Delahaye, Morgan Lagravière, Xavier Macaire, Alexis Loison, Gildas Mahé, Anthony Marchand. Et des multirécidivistes, il y en a à la pelle avec Gildas Morvan qui cumule le plus grand nombre de participation : vingt-deux ! Avec des vainqueurs de transats, de records, de tours du monde : Loïck Peyron, Michel Desjoyeaux, Jérémie Beyou, Charles Caudrelier, Benjamin Schwartz, Fabien Delahaye, Armel Le Cléac’h, …

Mais aussi d’anciens spécialistes de la voile olympique et du dériveur, tels Pierre Leboucher, Achille Nebout, Pierre Quiroga… Et de nouveaux venus déjà bien armés comme Conrad Colman, Tom Laperche, Erwan Le Draoulec, Matthieu Damerval, Tom Dolan, Henri Lemenicier, Sébastien Marsset, André Morante-Perez, Benjamin Schwartz, Clément Commagnac… : ils seront douze novices pour cette 50ème édition et cinq femmes : Cassandre Blandin, Clarisse Crémer, Cécile Laguette, Justine Mettraux, Joan Mulloy. Sans compter une belle armada d’étrangers venus d’Italie, de Grande Bretagne, de Suisse, de Nouvelle-Zélande, d’Irlande. Or après un premier round de mise en jambes en double à l’occasion de la Sardinha Cup début avril, plusieurs solitaires marquent déjà un avantage psychologique tels Alexis Loison (1ère étape), Pierre Leboucher (2ème étape) et Yann Éliès (3ème étape) !

Prochains rendez-vous
Mais le véritable banc d’essai aura lieu dans une semaine aux Sables d’Olonne avec la Solo Maître CoQ, première épreuve en solitaire sur les Figaro Bénéteau 3. Non seulement presque tous les prétendants à La Solitaire URGO Le Figaro seront présents avec la venue de Michel Desjoyeaux, d’Armel Le Cléac’h, d’Adrien Hardy, de Thomas Ruyant… absents à Saint-Gilles-Croix de Vie, mais en sus le format se rapproche du scénario de cet été. Et il n’y aura plus que la Solo Concarneau mi-mai pour régler les derniers détails avant de rejoindre Nantes le 26 mai.

 

Verbatim
Achille Nebout (1ère participation) Le Grand Réservoir
« Je rêve de cette course depuis que je suis tout petit parce que mes parents sont très liés à Kito de Pavant : j’ai eu l’occasion de faire beaucoup de départs et beaucoup d’arrivées… sur les pontons. J’ai pris un peu le temps avant d’y venir, en passant par l’olympisme et l’inshore, mais cette fois, il va falloir se donner. Il y a un classement intéressant : c’est celui des bizuths qui sont nombreux (douze) et de très bon niveau ! J’ai commencé avec Xavier Macaire sur la Sardinha Cup (3ème), mais La Solitaire URGO Le Figaro, c’est un autre dossier, plus technique, plus exigeant, plus physique. »

Corentin Douguet (7ème participation) NF Habitat
« Ce sera la première fois que Nantes accueille la Solitaire ! C’est tout sauf anecdotique pour moi qui suis né dans cette ville, qui y a passé sa jeunesse et fait ses études de marine marchande… Et pour ma dixième participation, c’est un nouveau support avec le Figaro Bénéteau 3, mais même s’il faut remettre à plat certaines choses, il y a toujours cette base Figaro : on navigue sur le même terrain de jeu, il faut concilier performances et tactique, manœuvres et touché de barre. Et puis cette année, c’est un peu le Festival de Cannes avec tous ces anciens qui reviennent ! »

Michel Desjoyeaux (13ème participation) Lumibird
« Les émotions et les sensations fortes sur une Solitaire URGO Le Figaro, il y en a ! On va tellement loin en termes de sommeil, de volonté, de ténacité qu’on ne peut pas passer à côté : il y a un rythme de fou qui n’existe pas sur les autres courses. Et cette année, il y a un plateau superbe avec un nouveau bateau : tout le monde va devoir se pencher sur ses spécificités avec un parcours très exigeant. Ce sera très dur de finir dans le top ten… »