Solitaire URGO Le Figaro. Michel Desjoyeaux : « Je ne suis pas déçu du voyage ! »

Michel Desjoyeaux (Lumibird) 5eme de la 3eme etape de la Solitaire Urgo Le Figaro 2019 - en mer le 18/06/2019

11è du classement général provisoire de cette 50è Solitaire URGO Le Figaro, Michel Desjoyeaux était loin de parier au départ de Nantes qu’il jouerait aux avant-postes alors qu’il n’avait pas remis un pied sur l’épreuve depuis 2013. Le skipper du Figaro Bénéteau 3 Lumibird est particulièrement heureux de se frotter à la jeune génération spécialiste de ce support exigeant. Et autant dire que les sensations qui reviennent le stimule à 300% à la veille du coup d’envoi de la dernière étape. Demain, dès 16h00, la horde de figaristes s’élancera direction Dieppe. Le jeu est ouvert et tous les scenarii semblent possibles si l’on regarde les étapes précédentes. Mich Desj, qui est à 2h de la troisième marche du podium, reste aux aguets… Juste au cas où…

« Je suis très content d’être le coup ! »
Après 6 ans loin du circuit Figaro et un début de saison en demi-teinte, Michel Desjoyeaux ne finit pas de se surprendre. Lui qui était venu sur cette Solitaire URGO Le Figaro avant tout pour se faire plaisir a été rattrapé par son âme de compétiteur et surtout ses sensations, meilleures d’étape en étape ! « Je ne suis pas déçu du voyage et toujours autant enthousiaste à essayer de faire avancer vite le bateau surtout quand j’y arrive, ce qui commence à être le cas ! Je me suis retrouvé leader sur les 3 étapes, pas au bon moment certes, mais quand même à plusieurs reprises et de belle façon. »

Respectivement huitième, vingt-sixième, puis cinquième des trois premières étapes, Michel Desjoyeaux est sans conteste, dans le coup. « Je suis à 2 heures du podium mais aussi à une heure de 4/5 places devant. Au vu du début de saison et de la difficulté que j’avais, si je faisais entre 15 et 25 c’était déjà pas mal. Là on est à 2 crans au-dessus en étant passé tout près de très belles choses ! »

Sur la dernière étape notamment, où Michel Desjoyeaux était à quelques milles seulement de réaliser une superbe opération en s’échappant dans les premiers de l’enfer d’Aurigny et ses courants contraires. Loin d’avoir des regrets, le « professeur » reconnait tout de même qu’il aurait fait différemment si… « J’aurais peut-être dû naviguer un peu différemment, si j’avais eu cette perception d’être dans le coup dès le départ, mais on ne réécrira pas l’histoire… Comme dit Simon (Troel, ndlr) qui bosse avec moi, avec des si (scies) à part couper des arbres on ne fait pas grand-chose de bien en voile (rires !) Donc bon, on va oublier de dire si j’avais si, si j’avais ça, car ça n’a pas beaucoup de sens. Je me régale ici et c’est l’essentiel ! »

Une dernière étape dans la droite ligne des 3ères ?
Alors que les préparateurs s’occupent des derniers détails sur les bateaux, Michel Desjoyeaux se plonge progressivement dans l’étude du parcours et de la météo des prochains jours. « On commence à regarder la météo. Elle devrait être sympa pour aller jusqu’à Wolf Rock avec du vent d’Est donc du portant pouvant être soutenu jusqu’à 20/25 nœuds et puis après ce sera le bazar sur la remontée le long des côtes anglaises ! Ensuite, nous devrons passer l’île de Wight qui n’est pas une marque de parcours, tout comme Ouessant, je tiens à le préciser (en référence à sa route dans le sud d’Ouessant pour aller virer le phare de Nividic sur la dernière étape, ndlr) ! » Contournement par la pointe Sainte Catherine ou par le Solent, les concurrents décideront au moment venu, en fonction du vent et… du courant ! Lui qui a causé de nombreux dégâts au passage d’Aurigny risque une nouvelle fois de redistribuer les cartes. Et la suite du parcours n’est pas plus aisée. Une seconde traversée de la Manche puis la flotte prendra direction de l’Est du Cotentin pour remonter ensuite le long de la Baie de Somme et ses falaises… Beaucoup de choses à faire donc, ce qui n’est pas pour déplaire à Michel Desjoyeaux, « Ça peut être encore une étape dans la droite ligne des 3 premières de cette édition 2019 riche en imprévus et forte de plein de rebondissements, c’est génial ! En mer nous ne voyons pas tout ce que vous pouvez voir à terre, mais le peu que nous pouvons suivre est assez incroyable ! »

Ravi d’être là, Michel Desjoyeaux espère prendre autant de plaisir sur la dernière étape que sur les 3 précédentes, avec dans sa tête dorénavant, l’objectif clair du Top 10, voire plus…