Solitaire Urgo Le Figaro. Louvoyage au programme

@ Alexis Courcoux

Les 47 solitaires entament ce dimanche après-midi un long louvoyage vers l’ile de Wight alors que la flotte reste pour l’instant toujours assez regroupée avec des écarts assez minimes. Alexis Loison (Région Normandie) mène la flotte devant Armel Le Cleac’h (Banque Populaire) et Jérémie Beyou (Charal) au passage du Cap Lizard. Mais c’est à partir de la nuit prochaine que cela va se compliquer comme le souligne Francis Le Goff, directeur de course : « La traversée de la Manche a été rapide cette nuit sous spi, à environ 12 nœuds de moyenne, j’ai vu des pointes à 15-16 sur certains bateaux, ça glissait bien. Il y a eu quelques empannages pour se recaler car la route n’était pas tout à faire directe, certains l’ont fait 15-20 milles avant Wolf Rock, d’autres juste pour taper la lay-line sur le phare. A l’arrivée à Wolf Rock, il y avait peu d’écarts, mais on a tout de suite vu des options assez tranchées entre le peloton et deux échappés, Alexis Loison, le premier à passer le phare, et Anthony Marchand, qui ont viré tout de suite et sont partis au sud, là où les autres ont pris la direction de la côte anglaise, mais ils se sont vite recalés, je pense que c’était plus un décalage psychologique histoire de dire : « On n’a pas peur et à la moindre occasion, on va attaquer. Actuellement, nous avons 16-18 nœuds de vent d’est, en plein dans le nez et une mer courte et hachée, ça tape un peu, mais rien de bien méchant, en revanche, il manque le soleil. Le programme du jour, c’est louvoyage vers l’est dans du vent et du courant contraires, donc pas vraiment d’options à tenter, l’objectif est vraiment d’aller le plus vite possible vers la prochaine marque, Owers. C’est à partir de la nuit prochaine que les choses vont se compliquer, puisque ça va mollir très sérieusement, il v y avoir du mou dans tous les sens, c’est dans ces conditions aléatoires que beaucoup de choses peuvent se jouer. »

Morgan Lagravière: « C’est super sympa. On a eu des conditions top pour traverser la Manche, à 14 noeuds quasiment de moyenne, ce qui est assez rapide pour ces bateaux. On savait que cette étape allait être assez compliquée avec notamment des dépressions qui vont se succéder. Il ne va pas falloir lâcher et on attendra d’être arrivé pour se détendre et en profiter. Au départ, on a eu une zone de transition entre le vent de terre chaud et le vent du large un peu plus frais. Il fallu se casser un peu la tête pour trouver de l’air et à ce petit jeu, on a été plutôt pas trop mauvais avec Yann (Eliès), on a réussi à s’en extirper un peu mieux que les autres. Je pensais que ca nous donnerait une petite avance mais ce n’est pas le cas parce qu’ils sont vite revenus. On est au couds à coude avec une petite dizaine de bateaux et c’est la bagarre pour gagner le moindre mètre. Il y a peut-être une ou deux longueurs d’écart entre les bateaux, je suis passé en tête et ensuite Alexis (Loison) est passé devant. Il a bien navigué, intelligemment, quand il y avait du vent, mais aussi quand il y en avait moins ! Cette nuit, je n’ai pas du tout dormi, il y avait du vent quand même, 20-25 noeuds, avec des angles serrés sous grand spi, c’est compliqué de dormir dans ces conditions. Peut-être que certains ont pu dormir un peu ce matin, mais ça devrait être plus facile dans pas longtemps maintenant. Le bord qui arrive, il va être long forcément, je pense qu’en ligne droite, on a quasiment 150-160 milles, peut-être même plus. Ce sera plus lent aussi que jusqu’à présent et on va devoir être malin sur la stratégie, parce qu’il peut se passer pas mal de choses en termes de choix et de décisions. Ce serait bien d’essayer de se reposer un peu sur le début au moins pour avoir les idées et l’esprit clairs et prendre la bonne décision, pour une fois sur cette Solitaire ! »