Solitaire Urgo Le Figaro. Alexis Loison en tête

Dimanche 16 juin, la Solitaire Urgo Le Figaro 2019, Roscoff. Départ étape 3 @ Yvan Zedda

Le départ de la troisième étape annoncée piégeuse, a été donnée ce dimanche à 14h de Roscoff. Une bonne brise sud-ouest de 15-20 nœuds a permis à la flotte de réaliser rapidement le parcours devant Roscoff avant de partir vers la bouée de Videcoq, au large de Granville.
Comme pour les deux premières étapes, les routages sont devenus rapidement obsolètes dans leur timing pour cause de retard à l’allumage au niveau météo. Après 5h de course le vent s’est évanouie complètement devant les Héaux de Bréha avant de revenir progressivement vers minuit. Alexis Loison, Gildas Mahé (Breizh Cola-Equi’Thé) et Michel Desjoyeaux (Lumibird) furent les premiers à passer la bouée Le Videcoq au petit matin.
Les 46 solitaires longent ce matin le Cotentin. La flotte reste encore bien resserrée ce matin mais la nuit a du bien éprouver les marins qui vont attaquer cette après midi leur première traversée de la Manche alors que la molle est annoncée. Alexis Loison, Gildas Mahe, Anthony Marchand et Michel Desjoyeaux sont les skippers en forme de ce début d’étape. Yoann Richomme, Adrien Hardy et Armel Le Cleac’h ne sont pas très loin.

Alexis Loison (Région Normandie) : “J’ai fait le choix d’une route très au large, l’idée c’était d’être sûr de ne pas rester bloqué à Bréhat parce que ce n’est pas évident avec le vent, il y avait beaucoup de courant donc j’ai essayé de ne pas trop lutter contre le courant mais de m’en servir et, surtout, ça permettait, en arrivant par le large, de prendre la renverse avant les autres bateaux aux Minquiers, parce que là ça fait une demie-heure que le courant est avec nous. Et c’est aux Minquiers que ça renverse en premier donc ça ne s’est plutôt pas trop mal passé mais il y a les bateaux de terre que je vois maintenant et je ne sais pas trop qui va croiser devant. « Route dessous, route devant », je connais cette théorie mais le vent bouge beaucoup, en tous cas, dans mon paquet, ça s’est bien passé. Il faut monter vers le nord pour Aurigny et il y a pas mal de choix de routes : est-ce qu’il faut longer le Cotentin, est-ce qu’il faut aller dans l’ouest, est-ce qu’il faut passer au travers des Ecréous ? Je n’ai pas encore fait mon choix parce que je pense que la route dépend beaucoup du timing de notre arrivée à Videcoq et là notamment, on a pris pas mal de retard sur les prévisions de ce matin donc je me laisse encore la possibilité d’étudier différentes routes. J’ai usé quelques cirés près du Cotentin, c’est toujours plaisant de naviguer là, il se passe plein de trucs, c’est sympa de passer dans le coin. Dans la stratégie, le courant sera souvent à mettre en haut de la pile parce que, déjà avec 50 de coefficient, c’est lui qui décide de la route, alors à 83, c’est encore plus important car le courant modifie même le vent. On va essayer de se recaler par rapport aux routages météo maintenant, grâce au baromètre notamment qui nous permet de deviner comment se déplace son action et puis on a des cartes isobariques qui ne sont pas toujours de bonnes qualités mais ça permet de voir si la dorsale bouge, ce genre de choses. Malheureusement, ça ne marchait pas sur la première étape, ça m’aurait pourtant bien servi ! Mais bon, comme on charge différents fichiers avant le départ, on essaie de voir qui est le plus juste, ça nous permet de nous recaler sur le fichier le plus en phase avec la réalité.”

Gildas Mahé :Ça n’a pas été facile comme passage là avec la renverse de courant et un vent très mou donc il y a deux groupes : l’un collé à la terre et un groupe au large. Fallait miser, choisir son côté et c’était intéressant, en tous cas c’était un beau panorama encore. On était à toucher les cailloux, c’était un petit peu chaud quand même, fallait faire gaffe, on sait que les talonnages sur ces bateaux font mal. Moi j’ai pris une trajectoire un peu différente de celle du paquet de leaders, globalement proche des cailloux mais un petit peu décalée. Le vent de sud-ouest qu’on attendait est rentrée un peu après minuit, a priori la plupart des fichiers donnaient plus de vent à terre qu’au large mais, en attendant, en allant chercher le vent, ça faisait quand même un bon écart à la route, on verra ce que ça donne au bout mais pour l’instant ça n’a pas l’air mal pour aller à Granville. On a la marée favorable, ça y est, depuis pas si longtemps, surtout pour les bateaux dessous, c’est ce qui me fait dire qu’on n’a peut-être pas tant d’avance que ça parce que les bateaux dessous profitent de la renverse d’abord sur le plateau des Minquiers, on verra ce que ça donne, ça va dépendre un peu des oscillations de vent. D’ici environ deux heures, on passe la bouée de Videcoq, je suis à 14 milles et demi et je marche à 8 nœuds. La météo annonce du sud-ouest donc normalement on est sous spi jusqu’au contournement d’Aurigny donc après il va falloir faire des choix parce que l’empannage fait passer dans Chausey donc il faudra bien gérer les choses, faire de bons choix de trajectoires.Là c’est magnifique, supers conditions, 13-14 nœuds de vent, pas de mer en plus donc c’est vraiment très agréable. En plus, il n’y a pas trop d’algues, il faut surveiller mais ça va, ce n’est pas la catastrophe.”