Solitaire du Figaro. Pierre Leboucher : Ça va être dur et comme toujours en Figaro, ça va se jouer à rien, mais je suis prêt

Pierre Leboucher à la barre de Guyot Environnement © Thomas Deregnieaux

Le skipper du Figaro Bénéteau 3 aux couleurs de GUYOT environnement aborde sa 4e Solitaire du Figaro avec une certaine sérénité. « J’espère naviguer propre, prendre un maximum de plaisir et ne pas avoir de regrets à l’arrivée. Si j’y arrive, alors je pense que j’aurais fait une belle course », annonce le navigateur qui préfère ne pas se prononcer en termes d’objectifs, même s’il a forcément dans un coin de la tête des envies de podium. « L’an passé, j’avais un trou de vitesse au près qui m’avait franchement desservi mais que j’ai désormais réussi à combler. J’ai également fait de vrais choix de voiles par rapport au bateau. Grâce à un gros travail avec Fred Duthil et son équipe de Technique Voile, je pense être aujourd’hui très polyvalent et c’est précisément ce que je souhaitais », affirme Pierre qui se réjouit, par ailleurs, du tracé de cette 51e édition de la Solitaire du Figaro. « Le parcours concocté par Francis Le Goff, le directeur de course, ouvre le jeu en grand car il n’y a pratiquement aucuns points de passage obligatoires. Toutes les options seront possibles et comme en plus le nouveau bateau permet des trajectoires un peu différentes, il va vraiment y avoir de nombreux coups à faire », assure le Nantais. Le premier round, un morceau de 642 milles au départ et à l’arrivée de Saint-Quay-Portrieux via le mythique phare du Fastnet dont le coup d’envoi est prévu demain, va donner le ton. « Ce premier acte va être bien costaud. C’est d’ailleurs le plus long de cette édition et je pense que certains risquent d’y laisser des plumes », relate Pierre, qui espère être dans le match d’entrée de jeu.

Un physique affuté, un mental boosté
« C’est sûr que ce sera important de bien commencer la course surtout que la suite du programme est bien coriace lui aussi. Je pense notamment que la troisième étape va être dure, surtout si on compte déjà un peu de retard à l’issue des deux premières. Courants, algues, effets de côte, bancs de sables, passages de caps… le combo s’annonce explosif », commente le marin, bien conscient que la Manche est un terrain de jeu riche, mais aussi très piégeur. « Il faudra être régulier, mais surtout régulier dans les bons coups, et savoir provoquer un peu la chance », avance Pierre, 9e en 2019, qui voit entre dix et douze solitaires capables de l’emporter, sans compter la surprise d’un gros coup d’un concurrent qui tenterait le tout pour le tout après un début de course raté. « Ça va être dur et comme toujours en Figaro, ça va se jouer à rien, mais je suis prêt », termine Pierre Leboucher que la perspective de terminer « presque » à la maison, à Saint-Nazaire, stimule particulièrement, de même que l’annonce de son partenaire de poursuivre son engagement en 2021. La Direction générale de l’entreprise vient de l’en informer. « Nous sommes heureux de continuer d’accompagner Pierre. Nous sommes aussi contents de retrouver un peu de sport et d’évènement cette année avec cette Solitaire du Figaro. Le support de Pierre est une chance pour nous pour fédérer nos équipes. C’est sympa et nous avons tous hâte que ça démarre. En aucun cas, nous souhaitons lui mettre la pression. Nous savons qu’il ne cesse d’élever son niveau de jeu depuis trois ans. Il a fait un bon début de saison. Il a la vitesse et il a réalisé un énorme travail sur ses réglages et ses voiles… Nous savons ce dont il est capable et nous sommes tous derrière lui ! », assure Erwan Guyot, co-dirigeant de GUYOT environnement.