Solitaire Urgo Le Figaro. Changement de parcours, une étape qui reste ouverte !

Forcément il y a de le déception pour les skippers comme pour les spectateurs à ne pas voir cette deuxième étape aller à l’île de Man. Mais Francis Le Goff, le directeur de course a pris ses responsabilités pour la sécurité des coureurs qui l’ont bien compris. C’est maintenant la course pour établir sa stratégie météo avant le départ qui sera donné à 18h pour une étape qui devrait durer 3 jours et 6h selon les routages ce dimanche matin.

Prévision mardi

Une étape qui reste ouverte, longue de 535 milles. Avec des conditions musclées qui vont sévir dès lundi soir avec des vents à plus de 35 nds, il faut espérer qu’il n’y aura pas de casse sur les bateaux qui ont été peu éprouvés dans ces conditions.
On se souvient de l’épisode de la Sardinha et des barreaux de flèches qui avaient dû être changés, puis revus une deuxième fois avant la Solo Concarneau où les gréements de tous les bateaux ont été « mis à jour » à St Gilles Croix de Vie, Port-laf et Lorient. Au départ de Nantes, un bateau a eu un problème de rail décollé. Des défauts de jeunesse qui semblent avoir été tous corrigés mais pour une première édition sur ce nouveau Figaro Bénéteau 3, on peut comprendre qu’il n’est pas raisonnable d’aller prendre un risque inutile.

Les réactions des skippers

Yoann Richomme (Hellowork-Groupe Télégramme)

« C’est une bonne nouvelle. Hier soir, mon coeur balançait en effet à cause de la sécurité. C’est la première fois que je me fais un briefing personnel de sécurité. J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’obstacles sur le parcours, zones d’éoliennes, puits de pétrole, de gaz et très peu de ports pour relâcher en cas de pépin. Tu rajoutes le trafic maritime là-dessus et notre bateau qu’on ne connait pas dans ces conditions, ça fait beaucoup quand même. Je crois que l’étape sera plus belle finalement comme ça. Et on aura quand même un bord de bourrin pour tester le Figaro 3 et mieux le connaître !».

Alain Gautier (Merci pour ces 30 ans)

« Ce n’est pas une question d’être déçu, c’est une question d’organisation. A partir du moment où le départ était décalé à 18 h, on avait le temps de faire un briefing ce matin et d’attendre les dernières informations météo. Globalement et c’est le cas de toutes les courses, on se fie trop à la météo qui reste une science inexacte. Plus on prend d’avance sur les informations, plus on prend ce risque. Les coureurs sont aussi responsables car ils veulent préparer très tôt leur étape avec l’armada et les équipes à terre le plus tôt possible. Personnellement, je n’ai pas de préparateur, je dois être ici et là en même temps, ce changement complique pas mal la journée. Après, je n’ai jamais eu 25 noeuds au portant avec le bateau, donc je ne vais pas me permettre de juger. Mais on aurait pu choisir un autre parcours, avec un peu moins de Manche car l’étape 3 en propose aussi beaucoup. Mais on est 47 et il peut y avoir 47 avis différents … »

Michel Desjoyeaux (Lumibird)

« On savait depuis quelques jours qu’on aurait un gros flux de Nord bien alimenté sur toute la descente de l’île de Man jusqu’à Lands End ce qui représente une belle glissade. Visiblement, Francis Le Goff a eu les nouveaux fichiers ce matin et a considéré que ce n’était pas raisonnable pour une première saison en Figaro 3. Donc on ne va tergiverser . Il faut s’adapter,… et vite. C’est plutôt cool car la Direction de Course nous envoie tous les way-points, ce qui facilite le boulot. On revient en terrain connu mais il reste du jeu car le parcours n’est pas canalisé notamment au niveau des DST et sur de longs segments. Il y aura plus de stratégie et d’écarts sur ce parcours que sur celui initialement prévu. Donc on arrête de se prendre le chou et on y va ! »

Clément Commagnac (Espoir Grain de Sable)

« Sur cette étape, je vais moins jouer de grandes options que celle de l’Ouest que j’ai réalisé en début de course avec Thomas Ruyant. J’ai vu que rester isolé, sans contact VHF, c’était compliqué. Je vais essayer de rester avec mon groupe, tenter des petits coups. Peut-être qu’il faudra rester agressif à la fin. »

Martin Le Pape (Skipper Macif 2017)

« Cette modification du parcours de la deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro change tout ! La décision de la Direction de Course est la bonne : c’était très chaud d’aller à l’île de Man avec des conditions très difficiles sur de nouveaux bateaux. Même si ce changement est tardif (quelques heures avant le coup de canon), c’était nécessaire à mon avis. Forcément, le tracé est plus court, moins ouvert, les portions de parcours sont plus petites. Et on aura moins de vent, mais on va jouer dans les courants de la Manche, avec des transitions, des passages à niveau : il faudra être dans les bons coups tout le temps ! »

Corentin Douguet (NF Habitat)

« Ce changement de parcours modifie la physionomie de cette deuxième étape, voire de La Solitaire dans son ensemble. Mais ce sont encore 530 milles et plein de coups à jouer ! C’est la décision du Directeur de Course et je pense que c’est une sage décision : on ne se rend pas compte que le canal Saint-Georges, c’est toujours pire que ce qui est annoncé dans les fichiers météo. Envoyer 45 bateaux tout neufs et que personne ne connaît dans ces conditions, ce n’était pas raisonnable… Ce vent-là au milieu du golfe de Gascogne, pas trop de problèmes ; mais en mer d’Irlande, dans une zone très restreinte en longitude, ce n’est pas bon : ce cumul de facteurs pouvait provoquer des incidents graves. Et ça ne s’est pas transformé en régate de quartier : il y a de la route à faire avec des zones complexes. Comme dit Darwin : « ceux qui survivent sont ceux qui s’adaptent ». Alors on va partir là-dessus… »