Skandia chavire, Nicorette s’impose

Sydney-Hobart 2004
Sydney-Hobart 2004

Tout avait bien commencé en baie de Sydney. Comme promis, la jolie clique des géants des mers, aux carènes rutilantes, ont débuté cette 60ème édition du « Fastnet des antipodes » de la plus belle manière. Sur fond de Maxis bataille navale en somme ! D’emblée aux avant-postes, on avait retrouvé, non sans plaisir, les grands animateurs de la précédente édition et notamment les deux rivaux de 98 pieds chacun – l’Australien Skandia de Grant Wharington et le Néo-Zélandais Konica Minolta (ex Zana) – que seules 14 petites minutes étaient parvenues à séparer sur la ligne de tous les honneurs après un duel au sommet. Comme à leur habitude, Skandia et Konica Minolta se cherchaient donc des noises et jouaient volontiers au chat et à la souris en tête de classement. Leurs concurrents, tous les Nicorette, et autres AAPT ou Nokia progressaient en embuscade, prêts à se faufiler devant au moindre au faux pas.

Abandon et chavirage de Skandia
Ce qu’ils n’ont pas manqué de faire quand les duettistes ont tour à tour abandonné dans des vents violents et contraires soufflant à plus de 35 noeuds. Skandia, d’abord, victime d’une avarie du système hydraulique pour basculer la quille, jetait l’éponge. « Il est endommagé et irréparable » précisait Grant Wharington pour justifier son abandon et sa décision d’évacuer l’équipage (16 hommes à bord) dans deux radeaux de survie. Skandia pointait alors à 65 milles dans l’est-nord-est de la Tasmanie et la police envoyait un navire sur zone pour le remorquer jusqu´à Eden ou le mettre à l´abri dans la baie de l´île Flinders. Konica Minolta de Stawart Thwaites, qui possédait alors un léger avantage de 8,5 milles sur Skandia, annonçait quelques heures plus tard son retrait. Une méchante vague avait fait son lot de dégâts à bord endommageant également la quille. Un abandon de plus sur la liste déjà longue sur cette 60ème édition. Plus d’une cinquantaine des 117 bateaux engagés ont en effet renoncé à poursuivre entre Sydney et Hobart alors que les conditions météo, si elles n’avaient pas la violence et la virulence de celles rencontrées en 1998, n’ont pas manqué de mettre les équipages à très rude épreuve, tant dans le détroit de Bass qu’en mer de Tasmanie. Plus tard, Skandia chavirait. Gant Wharington, très déçu et très marqué par cette fortune de mer qui n’a fait aucune victime, espère toujours faire remorquer son superbe maxi de 98 pieds, grand vainqueur l’année dernière, aujourd’hui à l’envers et à la dérive dans une mer très formée.

Nicorette prend la tête
Dans ce scénario météo, seuls quelques maxis et super-maxis sont parvenus à faire le dos rond et composer avec la force des vents. En tête Nicorette notamment, qui n’a pas manqué de prudence pour attraper au vol dans ses voiles les fameux honneurs de la ligne. « Il suffit d´une mauvaise vague pour que la course soit finie, que le bateau soit vieux ou neuf », précisait son skipper, Ludde Ingvall, à l’heure de prendre les commandes de la flotte. Pour ne plus les lâcher… Il était alors suivi à plus de 60 milles derrière par les deux pocket-maxis AAPT de Sean Langman et Brindabella de Georges Snow, un vieux routinier de cette épreuve qu’il a remportée en 1997.
Ludde Ingvall, déjà vainqueur en 2000 à bord de son premier Nicorette de 74 pieds, signe ce mardi soir (heure française) – sous spi et à 8 nœuds dans la Dewent River au large d’Hobart – un joli doublé. Il offre aussi à son 90 pieds flambant neuf construit en un temps record de moins de 90 jours un beau baptême du feu sur l’eau. Nicorette, aux antipodes, voilà bien le nouveau maxi à battre !

LF

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