Série. Ambrogio Beccaria 1e à Horta avec milles d’avance

0
3
@Christophe Breschi

Ce jeudi 2 août à 20h00’10’’ (heure de Paris), Ambrogio Beccaria a franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la 7e édition des Sables – Les Açores – Les Sables en première position chez les bateaux de Série, après 11 jours 06 heures et 58 minutes de course. Le skipper de Geomag qui s’est installé aux commandes de la flotte dès la bouée de dégagement en baie des Sables d’Olonne, a mené les débats de bout en bout. Mieux, il a régulièrement accentué son avance pour la porter à plus de 100 milles à deux jours de l’arrivée avant toutefois de la réduire de près de la moitié dans une option assez radicale sur la fin du parcours. Le navigateur italien, qui a en effet choisi de contourner Pico par le sud, a composé avec de tous petits airs dans les dernières 48 heures. A l’arrivée, c’est toutefois une éclatante victoire… et une option sérieuse de prise pour la victoire finale. Ses premières déclarations.

Vous avez mené cette première étape du début à la fin et vous décrochez la victoire. Quel est votre sentiment ?
« Pour être honnête, en franchissant la ligne, je ne savais pas que j’étais en tête. Bien sûr, je savais que j’avais fait une belle course parce que trois jours après le départ, j’avais écouté la météo et les classements à la BLU, découvrant alors que j’avais 30 milles d’avance. Mais pour ne pas me mettre trop de pression, à partir de ce moment-là, je me suis dit « ok, n’écoute plus les pointages, fais ta course ». Le truc, c’est qu’après, on a eu une météo compliquée et je ne savais pas si j’allais vite ou pas. Le pire, ça a été en arrivant à quelques milles d’ici. Je me suis retrouvé collé deux jours dans la pétole et j’étais sûr que j’étais passé 20e. Pour essayer de me rassurer, sans pour autant avoir vraiment envie de tout savoir parce que j’avais un peu peur de prendre un coup de massue sur la tête, j’ai rebranché la BLU et écouté les classements, mais pas les premières places. En fait, je voulais seulement savoir où était la flotte. J’ai entendu que Valentin (Gautier) et Nicolas (D’Estais) étaient à 200 milles de l’arrivée. Je me suis dit « finalement, c’est pas si mal comme course », mais je ne savais vraiment pas que j’étais toujours en tête. Je suis super content ».

Vous finissez avec une belle avance de 60 milles, ce qui n’est pas rien…
« 60 milles ? Ah oui ? Ah oui, c’est beaucoup ça ! C’est super ! C’est d’autant plus génial après être passé par des moments aussi durs que ceux de ces derniers jours. A deux reprises, j’ai pensé que j’aurais aimé être ailleurs qu’en mer, ce qui ne m’était encore jamais arrivé jusqu’ici. La première fois, c’est dans la grosse dépression qu’on a eue. Jamais je n’avais eu autant de mer. Je me suis dit « On fait comment si on veut sortir ? Elle est où la porte ? ». J’ai pris mon mal en patience mais ça a été un peu dur. La deuxième fois, c’est lors de ces deux derniers jours, dans la pétole. J’en pouvais vraiment plus. Il y avait du vent de secteur sud-ouest de prévu. J’avais préparé tout le bateau, tout matossé et tout réglé en pensant que c’était parti et que dans dix heures, j’étais à la maison. Et puis bam… deux heures après, je me suis retrouvé scotché, et ça a duré comme ça pendant deux jours ! Au final, ça a quand même été une super expérience. J’ai beaucoup appris. »