Sébastien Simon a su contrôler ses adversaires

Sébastien Simon
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Dans l’histoire de la course, le skipper de Bretagne-Crédit Mutuel Espoir compte, avec Laurent Bourgnon et Franck Cammas, parmi les plus jeunes à parvenir à voler la vedette sur la ligne d’arrivée d’une étape au nez et à l’étrave des plus fines lames du circuit, réputé pour son niveau d’exigence maritime. Après s’être emparé de la tête de flotte jeudi matin, à la faveur d’un léger décalage bien inspiré, Sébastien Simon a fait preuve d’un solide mental pour contenir les assauts de ses plus proches et redoutables poursuivants, à l’instar de Xavier Macaire (Skipper Hérault) et de Yann Eliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir). Vitesse, finesse de trajectoire, et sens affirmé de l’art de contrôler ses adversaires, le jeune marin, formé à l’école du 420 (3è du Championnat du Monde 2013), imprime sa marque et laisse son empreinte au terme de ce parcours, pourtant semé de pièges et d’embûches entre les côtes galiciennes et finistériennes.

Ingénieur de formation, Sébastien Simon a intégré depuis l’année dernière le premier niveau de la Filière d’excellence de course au large Bretagne – Crédit Mutuel, qui offre une chance unique, après d’âpres sélections, à un jeune régatier de bénéficier d’un encadrement et d’un entraînement au Pôle Finistère Course au Large pour vite gravir les échelons. Après une première participation à la Solitaire du Figaro l’année dernière, où il avait manqué de constance pour se démarquer, Sébastien Simon confirme, en coupant en tête la ligne d’arrivée  mouillée sous haute tension au large de Concarneau, qu’il tire déjà de tous les bénéfices de son apprentissage méthodique et rigoureux.

Sébastien Simon (Bretagne-Crédit Mutuel Espoir) à l’arrivée: “Je ne m’y attendais pas du tout. Je suis super content. J’ai tenu pendant 24 heures avec Yann Eliès et Xavier Macaire derrière moi. C’était hyper stressant et pourtant je n’ai rien lâché. Je ne voulais vraiment pas lâcher cette course. Je me suis retrouvé là et je me suis dit : « C’est pour moi » ! ». Je suis resté concentré jusqu’au bout. En Espagne mes partenaires m’ont dit : « Allez, maintenant rentre vite, c’est bien aussi la Bretagne. C’est ce que j’ai fait et je suis content pour la région.
Avoir gagné, c’est quand même quelque chose parce qu’entre faire un podium et gagner,  il y a une marche. En plus je suis super fier d’avoir tenu tête à des ténors comme ça. Et j’espère qu’un jour je pourrai presqu’aussi bien que ça. On verra”.

Comment avez-vous pris la tête jeudi ?
C’est pendant la première nuit, on est passé dans un premier centre dépressionnaire, je me suis retrouvé entre les deux groupes. Je ne sais pas si j’ai trouvé le truc mais j’allais plus vite que les autres. J’étais peut-être dans une risée mais j’ai dû avoir beaucoup de chance. Après, c’était juste de la stratégie, il y avait des empannages à bien placer. Bien suivre le vent. Et je m’en suis super bien sorti.”

Xavier Macaire (Skipper Hérault), deuxième en Cornouaille : « C’est super d’arriver deuxième. Il a fallu tenir longtemps cette position. Après 24 heures, j’étais premier, puis deuxième derrière Sébastien. Il a fallu tenir, tenir longtemps comme ça en tête de flotte, c’est très difficile, surtout avec Yann Eliès, qui, tout le monde le sait, est un excellent marin. Je suis resté serein, zen. J’ai fait marcher mon bateau du mieux que je pouvais. Cela a fonctionné, je suis resté devant lui, je suis vraiment très content. C’est la troisième fois que je fais un podium sur une Solitaire du Figaro, j’ai fait deux fois troisième. Là, c’est un petit cran au-dessus. J’espère qu’une prochaine fois, j’irai titiller la place supérieure. Je suis ravi pour Sébastien. On voit cette année qu’il a vraiment progressé. On le sent en forme, présent, rapide, intelligent, attaquant. Cela fait plaisir qu’il ait gagné, parce qu’il le mérite. Il a bien tenu aussi, parce qu’il est resté comme moi longtemps devant. Ce n’est pas facile quand il y a des empannages à faire comme ça, c’est très tactique. De rester en tête de flotte, ce n’est pas facile. Chapeau ! »

Yann Eliès (Groupe Quéguiner – Leucémie Espoir), troisième en Cornouaille : « Sébastien se demandait si c’était faisable, mais oui c’est faisable ! Et il l’a bien fait en plus ! T’as gazé Bravo. Tu as trouvé un bon petit trou de souris et tu nous as mis minables ! Et puis après tu nous as impressionnés car je pensais que nous allions te fondre dessus mais que nenni, pas moyen, rien, pas un mille. C’est comme pour Xavier (Macaire – Skipper Hérault), Xavier je me suis énervé dessus pendant au moins 36 heures derrière lui a essayer de le ramener et rien pas un mètre ! La dixième victoire d’étape ? Oui elle attendra, de toute façon il faut faire une course parfaite pour gagner les étapes et jusqu’à présent j’ai fait de bonnes étapes mais pas parfaites. Il y a toujours eu un petit quelque chose qui me manquait, donc pour l’instant c’est Sébastien (Simon – Bretagne – Crédit Mutuel Espoir) et Thierry (Chabagny – Gedimat) qui ont fait des étapes parfaites et je vais essayer d’en claquer une d’ici à la fin. Là, à la fin je me battais seconde par seconde,  je pensais à Armel Le Cléac’h quand il a battu Alain Gautier de 13 secondes et je me dis que chaque seconde va compter car je sens que ça va être super serré. Maintenant je n’ai pas encore fait la course parfaite il faut que j’arrive à en claquer une, si possible la dernière. »