Sébastien SIMON sur Bretagne - CMB Performance - © Benoît Stichelbaut - Bretagne/CMB

C’est la première épreuve du championnat de France Elite de course au large 2017 et elle a tenu toutes ses promesses. La 8e édition de la Solo Normandie s’annonçait à la fois virile et technique. Du vent supérieur à 25 nœuds sur les deux derniers tiers du parcours, un clapot difficile, des effets de sites, des cailloux en pagaille… Tout était réuni pour faire de cette première épreuve un premier round intéressant, mais aussi pour prendre ses marques, jauger la concurrence et dévoiler les forces en présence.

En ce qui le concerne, Sébastien Simon, qui s’est octroyé une belle troisième place, s’est d’emblée imposé comme l’un des hommes forts du moment, confirmant ainsi son statut. La saison commence donc de belle manière pour le skipper Performance de la Filière d’excellence Bretagne – CMB. C’est un peu plus dur, en revanche, pour Pierre Rhimbault, le skipper Espoir, qui débute, lui, par un abandon à la suite d’un problème de drisse de spi. Reste que comme le dit l’adage, ce qui ne tue pas rend plus fort !

« Je suis plutôt content de ma course, d’une part parce que c’était la première épreuve de l’année et, d’autre part, parce que nous avons eu des conditions super difficiles avec jusqu’à 35 nœuds de vent, ce qui, au mois de mars, n’est jamais très agréable », a commenté Sébastien Simon peu après son arrivée à Saint-Quay-Portrieux, un peu plus de 28 heures de mer et une belle troisième place décrochée au bout du compte. « Sur le long bord de portant, cette nuit, je suis passé en tête à plusieurs reprises. Je me suis senti vraiment à l’aise en vitesse. Même en partant au tas et en faisant une cocotte, j’ai réussi à rester devant et ça, c’est assez encourageant », a ajouté le navigateur qui a effectivement joué entre la première et la troisième place tout au long du parcours pour finalement monter sur la troisième marche du podium derrière Charlie Dalin et Nicolas Lunven. « Par rapport à eux deux, il semble que j’ai un petit déficit de vitesse au près ce qui est un peu dommage car, à distance égale, on passe logiquement plus de temps au près qu’au portant. Cela étant dit, je suis quand même satisfait de ce que j’ai fait, d’autant que j’ai vraiment essayé de gérer ma course comme une étape de deux ou trois jours. J’ai notamment fait en sorte de m’alimenter et de me reposer régulièrement », a souligné Sébastien qui s’est trouvé un peu barbouillé la nuit dernière. « J’ai mangé un peu froid et un peu trop vite. C’est relativement mal passé », a-t-il précisé, pas mécontent, par ailleurs, de poser le pied à terre après s’être bien fait malmené par les conditions météo depuis hier soir. « Au final, débuter la saison par un podium ça fait du bien », a ajouté Sébastien, manifestement satisfait.

Une petite erreur qui coûte cher
La déception est palpable, en revanche, chez Pierre Rhimbault. Le skipper Bretagne – CMB Espoir, bien dans le match en début de course, s’est retrouvé dans l’incapacité d’envoyer une voile d’avant sur le long bord de portant entre Roche-Gautier et Granville. « Peu après l’envoi de mon spi, celui-ci est redescendu brusquement, la faute à un t-bone mal fermé. Après cette première bêtise, tout s’est mal enchaîné », a expliqué le marin à son arrivée à terre. « Après ce gros chalut, j’ai renvoyé, affalé, renvoyé de nouveau, fait une cocotte, affalé encore… Au bout du compte, ma drisse et spi s’est enroulée autour de la drisse de génois puis coincée dans l’étai. A partir de là, je ne me suis plus retrouvé en mesure d’envoyer de voile d’avant mais seulement de régater sous grand-voile seule », a détaillé Pierre qui a longtemps cherché une solution avant de se contraindre à rejoindre le port de Granville. « Je n’aime pas abandonner. C’est vraiment quelque chose de très peu plaisant mais je ne voulais pas non plus prendre de risques inutiles », a ajouté le skipper Espoir de la Filière d’excellence de course au large Bretagne – Crédit Mutuel de Bretagne qui progressait alors dans plus de 30 nœuds de vent et pour qui l’option de monter en tête de mât n’était même pas envisageable. « Je suis à la fois déçu, vexé et frustré. J’avais bien commencé ma course et j’étais content de ma place jusqu’à ce fameux envoi de spi (8e, ndlr). Je savais que ce moment serait un peu critique et je pensais avoir bien anticipé, pris le temps de tout bien faire or j’ai fait une petite bêtise qui m’a coûté cher », a poursuivi Pierre Rhimbault que l’on ne reprendra plus à faire ce type d’erreur et qui mettra le cap sur Port-la-Forêt, vraisemblablement, lundi matin.