Les Sables – Les Açores en baie de Morlaix: Départ dimanche 10h de la dernière étape

étape de la Les Sables Les Açores en baie de Morlaix ©Christophe Breschi

Ce dimanche 23 août, à 10 heures, les 65 skippers quitteront Roscoff pour rejoindre Les Sables d’Olonne, via Rochebonne, la bouée BXA située à l’entrée de l’estuaire de la Gironde puis l’île d’Yeu, pour un total de 500 milles à parcourir sur cette 3e et dernière étape. Si c’est moins que les 870 milles qui les attendaient au départ afin de tenir les plannings de la course malgré le changement de programme, cela reste un joli morceau. C’est d’autant plus vrai que la météo s’annonce assez complète, avec différents passages à niveaux à négocier. Des barrières susceptibles de créer d’importants écarts. Pour preuve, si on s’en tient aux derniers routages, les arrivées des Mini 6.50 à Port Olona pourraient s’étaler du mercredi 26 à la mi-journée jusqu’au jeudi 27 tard dans la nuit.

« Après une semaine d’arrêt, c’est finalement un peu compliqué de se remettre dans le match. Plus, en tous les cas, que ce que je pouvais imaginer », relate Marie-Pierre Séris (250 – Marie prend le large). Avec cette phrase, la navigatrice Girondine résume l’état d’esprit général des troupes de la Les Sables – Les Açores en Baie de Morlaix. Et pour cause, leur escale roscovite a duré un peu plus longtemps que prévu. Quatre jours pour être précis. En cause, la mauvaise météo qui a balayé la Manche et la mer d’Iroise ces derniers jours. « Evidemment qu’on était mieux à terre qu’en mer au vu des conditions. Cela étant dit, c’est vrai que le fait de s’être arrêté si longtemps nous a fait un peu quitter le mode course. Pour ma part, clairement, je me suis un peu senti en vacances mais je m’y remets. J’ai vraiment hâte de partir, d’aller retrouver la mer ! », avance Rémi Lamouret (880 – Rémini), néanmoins ravi de cette halte Léonarde, remarquablement organisée avec l’aide précieuse d’Yves Le Goff et toute son équipe de bénévoles de l’association Voile Baie de Morlaix.

Ecarts monstres à prévoir ?
Ce qui les attend, lui et ses concurrents, risque pourtant bien de les cueillir un peu à froid. Les premiers milles de course, jusqu’à la pointe Bretagne que les premiers devraient atteindre dans la nuit de dimanche à lundi aux alentours d’une heure, devraient en effet se jouer au près, avec entre 15 et 22 nœuds de vent contre-courant, sur une mer encore cabossée. « Comme entrée en matière, ça va être un peu difficile. Je suis sensible au mal de mer et je risque bien d’être malade mais c’est le jeu », note Marie-Pierre Séris, qui se prépare donc à un début de course fort inconfortable. Elle le sait cependant, ce louvoyage le long de la côte nord Finistérienne sera très certainement l’une des phases les plus importantes de la course. Une phase où des premiers écarts significatifs pourraient rapidement se créer et ne faire que s’accentuer ensuite puisque les plus rapides devraient réussir à contourner le DST (dispositif de séparation de trafic) d’Ouessant sur un seul et même bord, à l’inverse des retardataires. Embêtant quand on sait que pour l’heure, les fichiers météo laissent envisager peu ou pas de véritables options stratégiques pour descendre jusqu’à l’entrée de l’estuaire de la Gironde.

Sept abandons officiels
« Sur cette portion du parcours, il ne devrait effectivement pas y avoir de difficulté majeure. En revanche, après le passage de la bouée BXA, le vent va devenir très changeant et faiblir progressivement pour atteindre moins de dix nœuds », détaille Denis Hugues, le Directeur de course qui estime aujourd’hui les premières arrivées aux Sables d’Olonne mercredi en milieu de journée. « Il va y avoir de nombreux passages à niveaux et vraisemblablement des écarts importants au bout du compte », précise-t-il, rappelant par ailleurs qu’après Philippe Chevereau (962 – Abardast) à l’issue de la première manche, six coureurs se sont déclarés non-partants pour ce troisième acte. Thomas Racoupeau (995 – Team Vendée Formation), Basile Bourgnon (975 – Edenred), Gaby Bucau (984 – Mex), Timothée Douin (959 – Neptune) en Série puis Paul Gauchet (709 – Barra) en Proto, qui avaient déjà dû jeter l’éponge sur le deuxième acte pour des raisons diverses (problèmes d’énergie, coup de bôme dans la tête et démâtage), ont signifié leur abandon officiel dans l’épreuve. De même que l’Estonien Ular Mark (996 – Elukas) contraint, pour sa part, de rentrer dans son pays où une période de quarantaine vient d’être décrétée pour les personnes de retour de France.

Thomas Grandin (138 – Poch’trot) : « Cette troisième étape ne va pas du tout être adaptée à mon bateau, le plus vieux de la flotte. Clairement, ça va être compliqué pour moi de tirer mon épingle du jeu car on va faire pas mal de reaching et de près. Il y aura moins d’air sur la fin, alors peut-être que j’aurai des occasions de me refaire… Dans tous les cas, il faudra faire avec. Au niveau classement, je ne pensais pas être aussi bien classé après les deux premières étapes (11e Proto, ndlr). Je pense que j’ai assez bien exploité le potentiel de mon Mini. On verra ce que ça donne sur la troisième mais je préfère ne pas me prononcer sur un objectif. En tous les cas, je suis super content d’avoir reçu le prix de la meilleure performance que m’a remis Tanguy Bouroullec lors de la remise des prix de la manche 2. Ça fait plaisir et ça donne envie de se battre. »

Hugo Lauras (512 – Hugo au Large) : « Il y aura moins d’incertitudes et moins de pétole que lors des deux premières étapes mais je pense que l’on part sur une course intense. Une course de quatre ou cinq jours qui s’apparente, pour moi, un peu à un sprint. On va direct partir au près sur une mer encore formée pour rejoindre la pointe Bretagne. Là, on va traverser le rail montant puis le rail descendant, puis refaire la même chose dans les douze heures suivantes. Je serai content une fois que tout ça sera passé d’autant qu’ensuite, on entamera une phase de la course avec des angles plus ouverts pour rentrer dans le golfe de Gascogne, ce qui reposera un peu nos estomacs. J’aimerais bien finir. Je suis 28e au général pour le moment. Il y a un petit paquet, devant moi, assez serré en temps. A l’inverse, derrière, il y a un peu d’écart. J’ai donc plus à gagner qu’à perdre. »

Hugo Picard (1014) : « On a perdu un peu le rythme de la course ces derniers jours. Sur cette troisième étape, on va faire du près, puis du près puis encore un peu de près… Dans le golfe de Gascogne, on verra ce que l’on a comme type de météo en espérant qu’il y ait finalement des options et que le match change. Le but sera d’essayer de rester devant et de bien regarder ce qui se passe dans le ciel. Aujourd’hui, le jeu est grand ouvert et le classement loin d’être encore fait. Avant la deuxième étape, je visais un Top 10 et j’ai fini 15e. Je repars donc avec ce même objectif en espérant y parvenir cette fois. Ce sont mes premières courses et j’ai le bateau depuis peu de temps. Je cherche encore un peu les manettes alors c’est bien qu’on ait des conditions assez différentes. On va voir comment ça se déroule. Il faut juste espérer que ce ne soit pas trop pénible de sortir de la Manche. »

Nicolas Cousi (533) : « On va se faire un peu secouer mais finalement, ce que l’on recherche quand on fait de la course au large, c’est quand même des conditions un peu musclées. On a eu deux premières étapes un peu molles avec seulement un court passage au niveau du DST d’Ouessant où ça a cogné un peu. On va cette fois se retrouver dans une configuration de course un peu plus musclée où, du coup, les écarts risquent de se marquer un peu plus vite parce que la qualité des skippers risque de se révéler beaucoup plus que dans le petit temps. Les capacités à endurer, à mettre de la toile, à trouver les bonnes trajectoires seront importantes. Mon objectif, c’est de finir bien. Je navigue sur un vieux bateau et je n’ai pas de prétention de podium mais je voudrais terminer avec le sentiment du travail bien fait. A l’arrivée de la première étape, j’étais hyper satisfait de ma course. Elle avait pourtant mal commencé mais j’avais réussi à faire des trucs pas trop mal, même si j’avais fini par me faire bouffer dans le dernier bord. La deuxième, je l’ai beaucoup moins bien gérée. J’ai eu quelques problèmes d’énergie mais, honnêtement, ce n’est pas ce qui m’a vraiment embêté. Je n’ai pas d’objectif au classement d’autant que j’ai changé mes batteries et mon système électronique, ce qui fait que j’encaisse 24 heures de pénalité avant même le départ. Pour le général c’est clairement mort. Je veux toutefois réussir à naviguer au plus proche des meilleurs. »

Texte Perrine Vangilve