Training for the maxi tri IDEC Sport, skipper Francis Joyon, and his crew, prior to their circumnavigation crew record attempt for Trophy Jules Verne, off Belle Ile, on october 12, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Pour battre ce record, il faut de la chance et de la chance à chaque océan. C’est en ces termes que Francis Joyon évoquait sa nouvelle tentative de battre le record du Trophée Jules Verne 3 jours avant de partir de Brest. IDEC vient de passer le cap Horn dans un temps canon avec 4 jours d’avance et plus de 1800 mn. Une marge de sécurité bienvenue quand on se souvient de l’année dernière où le trimaran rouge avait tout perdu juste avant de le passer.
Il se trouve actuellement au large des Malouines et après un court moment de répit va repartir porté par une belle dépression. Si dans 24-48h, il devrait être légèrement ralenti au large de l’Uruguay, cette remontée de l’Atlantique Sud s’annonce plutôt bien.
Il est sans doute trop tôt pour deviser sur le pot au noir mais celui-ci semble un peu actif et devrait sans doute forcer l’équipage à concéder quelques heures ou quelques miles en passant l’Equateur dans une semaine. Idec doit arriver avant le 30 janvier à 23 heures et 53 secondes pour battre le record.

« Il y a eu un moment d’euphorie particulièrement sympa ! » Francis Joyon, monument des navigations en solitaire, n’a pas boudé son plaisir de partager la nuit dernière un moment de bonheur propre aux sports collectifs. Les 26 jours, 15 heures et 45 minutes qu’il vient, en compagnie de son extraordinaire commando, de graver dans le grand livre des temps de références à la voile, traduisent derrière la froideur des chiffres, un impressionnant effort de la part de chaque homme de ce mini équipage, capable à la date d’aujourd’hui de parcourir sur le fond plus de 18 500 milles à 28,50 nœuds de moyenne! « Nous avons tenu des heures durant des vitesses de 40 nœuds et plus au cœur des mers du sud » s’émerveille Sébastien Audigane, cap hornier pour la 6ème fois de sa carrière, à bord des plus grands multicoques de course, Orange II, Groupama III et Banque Populaire V. » Le bateau est léger, parfaitement équilibré. Un régal à la barre ! Il fait merveille dans la mer et dans le vent fort. »

Du vent fort, un ingrédient qui risque de se faire rare en Atlantique sud, où sévissent des centres dépressionnaires émanant de la proche Argentine, et l’infâme anticyclone de Sainte-Hélène. « Nous comptons sur la légèreté du bateau pour ne pas trop ralentir lors de la traversée des zones de transition peu ventées qui nous attendent » souffle Joyon. La remontée « vers la maison » comme disent les marins d’IDEC SPORT, débute plutôt favorablement. Les îles Malouines seront en fin d’après-midi débordées sur tribord, au plus près des nombreux cailloux et îlots qui constituent ces territoires du bout du monde. « Nous aurons ensuite un jour et demi de belle navigation avant de devoir « tricoter » pour traverser des zones peu ventées. » précise Francis. L’avance conséquence sur le record est déjà refoulée aux confins des pensées des hommes d’IDEC SPORT, tous animés d’une même inébranlable volonté, de tirer mille après mille le meilleur parti des conditions proposées. « Remonter ainsi cap au nord est un bonheur » précise Sébastien Audigane, « car nous tournons le dos aux dangers des mers du sud, et nous nous réjouissons à l’idée de voir le thermomètre grimper régulièrement. Un peu de soleil nous fera le plus grand bien… »

Records Intermédiaires d’IDEC Sport depuis son départ, le 16 décembre 2016 :
> Cap des Aiguilles-cap Leeuwin : 4 jours, 09 heures et 37 minutes
> Ouessant- cap Leeuwin : 17 jours, 06 heures et 59 minutes
> Ouessant –Tasmanie : 18 jours, 18 heures, 31 minutes

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here