Souvenez vous, Mike Birch, 1978. Pour 98 secondes fatales à Pierre Malinovsky, la légende de la Route du Rhum naissait. Moyenne du petit trimaran jaune Olympus : 6,33 nœuds. La comparaison est rapide : aujourd’hui, Eric Drouglazet, est à 8,02 nœuds en 14 jours de course. C’est presque autant – sur un monocoque de 10 mètres – que le catamaran Elf Aquitaine de Marc Pajot dans la Route du Rhum 1982 (8,17 nœuds). Impressionnant. Pas comparable ? Que dire alors de cette autre statistique qu’on regarde à deux fois en se frottant les yeux : ce dimanche midi, les huit premiers bateaux de ce Trophée BPE Saint-Nazaire-Cienfuegos de Cuba sont sur des temps supérieurs à celui du record de l’Atlantique en Figaro Bénéteau II. Ce record est détenu par Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel depuis leur victoire dans la Transat AG2R l’an passé, à 7,6 nœuds de moyenne. Ils vont plus vite en solitaire qu’en double ! Et cet après midi encore la majorité de la flotte conserve un rythme supérieur à 200 milles par 24 heures. En outre Crédit Maritime-Zerotwo rafle son cinquième Top Chrono AG2R Prévoyance avec 223,6 milles.On croit rêver… et on appelle les agences de voyage pour changer les billets d’avion, avancer les départs des équipes techniques. « Je maintiens une prévision d’arrivée dans le début de la semaine du 25 avril », dit le météorologue de la course, Louis Bodin, « tout dépendra de la vitesse à laquelle ils vont traverser le front ». Mais ils devraient naviguer relativement vite derrière ensuite.