First aerial images of IDEC SPORT maxi trimaran, skipper Francis Joyon and his crew, training off Belle-Ile, Brittany, on october 19, 2015 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Ça sent bon pour Idec qui augmente son avance de 200 mn et compte maintenant un matelas de 2000 mn après avoir attrapé les vents soutenus d’une dépression active (jusqu’à 45 nœuds dans les rafales), lui permettant d’accélérer de nouveau la foulée pour remonter les latitudes. Le bateau devrait continuer d’engranger des miles d’avance avant de ralentir devant des vents mollissant en approche de l’influence de l’anticyclone de Sainte-Hélène.

Sébastien Audigane savoure la navigation tonique et sportive: « À donf’ dans la brise ! (…) Nous avons empanné pour nous éloigner du centre de la dépression et du vent trop fort… La mer est creuse, 5 à 6 mètres par moment, le vent souffle à 45 nœuds en rafale, mais on navigue « safe » vers des vents moins forts. L’équipage se porte bien et se remet tranquillement des dernières semaines du Grand Sud. Quelques albatros planent encore dans notre sillage. Dans quelques jours nous serons sortis de leur territoire », raconte-t-il dans un message envoyé du bord alors que le bateau pointe par 45° Sud.

« Nous sommes à 27-30 nœuds, sur un cap très est qui va progressivement tourner au nord ». Clément Surtel aux prises avec les pièges de l’Atlantique Sud. « Grand gennaker, à 140 degrés du vent, sur une mer maniable, on a retrouvé la glisse. La journée d’hier, marquée par un épisode de franche pétrole, a été propice au repos des guerriers, et à un examen minutieux du bateau » explique le responsable technique du voilier. « J’ai observé des points d’usure comme je n’en avais jamais vu auparavant » s’étonne t-il, preuve si besoin était, de l’intensité du rythme soutenu depuis le 17 décembre dernier par le grand multicoque. « Nous avons pallié à toutes ces petites avaries, le bateau est à 100% et nous sommes heureux de renouer depuis ce matin avec la vitesse. Nous entamons le retour vers la maison. On est concentré sur le bateau et on se projette vers une issue positive de ce grand voyage. Il faut rester concentré jusqu’à Ouessant ! » Et pour l’anecdote, Clément Surtel, cousin de Servane Escoffier, l’épouse de Louis Burton, concurrent du Vendée Globe positionné juste devant eux, avoue avoir pu échanger brièvement par mail avec Louis.

Ciel dégagé, mer plate, vent favorable, les barreurs du bord n’en ont pour autant pas encore terminé avec les gants et autres accessoires de protection. « Nous sommes toujours par 50° sud et les nuits restent fraîches, et on dort avec le bonnet » précise le benjamin du bord Gwénolé Gahinet, tout en à son admiration devant les beautés des Malouines découvertes hier. « On a bien profité de ce passage au Horn et aux « Falklands ». Nous avons depuis ce matin repris un régime de haute vitesse. On attend 30, 35, 40 nœuds ces prochaines heures. Ce sera costaud mais sans le train de houle associé. On fera un petit crochet par rapport aux routages pour éviter le plus fort de la « dep », ce soir entre 17 heures et minuit. »