Pierre Quiroga, une bonne brise comme à la maison

14e à 1h18 du leader au classement général, Pierre Quiroga aura mis 2j 15h 11min et 2s pour venir à bout de cette seconde étape de la solitaire URGO le Figaro et avaler les 520 milles qui séparaient Saint Quay-Portrieux de Portosin. Une fois de plus les skippers se sont battus dans des conditions très diverses, Pierre a su placer ses cartes pour évoluer dans le paquet de devant et jouer parmi les plus grands tout au long de cette étape, qui on peut le dire, était très complète ! Il prend d’ailleurs la deuxième place du classement Radio France sur l’étape !

Comme prévu, le vent n’a fait que se renforcer au cours de cette longue traversée du Golfe de Gascogne qui offre très généralement des conditions de navigation à la hauteur de sa réputation. Dès l’entrée dans le golfe après la Bretagne nord, c’est une belle brise à plus de 20 noeuds qui attendait les marins pour un enchaînement sans transition sur la voie rapide direction l’Espagne. Moins encombrée que la route de retour de vacances, les Figaros ont pu dévoiler tout leur potentiel de vitesse au portant pour s’offrir une traversée express sans équivoque. “Les conditions étaient un peu sport, et dès mon arrivée dans le golfe lors du 4ème empannage, mon spi lourd a éclaté en deux ! Ce fut une manœuvre difficile par la suite car tout le matossage pour le récupérer plus l’envoi du petit spi à demandé beaucoup d’énergie.”

Des vitesses de croisières constamment à la hausse malgré le spi léger, au milieu d’un océan qui commence à se former sérieusement et qui ne compte pas s’arrêter avant le passage du cap Finistère!

L’anémomètre vient chatouiller les 30 – 35 noeuds sur la fin de ce long bord de 375 milles au large, les vagues déferlent, Pierre est au coeur du sujet, lancé à plus de 12 noeuds à piloter au milieu de cette longue houle à l’écume brumisante, sous spi* léger, pour terminer la portion d’autoroute en beauté. Il est alors 14ème au passage du Cap Finistère. C’est tout à son honneur quand on sait que son spi lourd a éclaté en deux dès l’entrée du golfe et qu’il a dû se battre avec seulement son spi léger contre les plus grands encore sous spi lourd. Challenge de vitesse ! Relevé avec succès, car après seulement deux saisons, il colle au train des meilleurs malgré sa casse matériel. Il a su tirer les ficelles comme il se devait, d’ailleurs : « je commence à avoir mal aux mains » déclare-t-il d’un air ironique mais non dénué de vérité ! Il faut dire qu’il a barré continuellement pendant les dernières 48h pour être le plus efficace possible malgré sa différence de matériel. Well done ! La phase numéro 2 était terminée, après le nord Bretagne riche en algues et pauvre en vent, la traversée éclair du golfe de Gascogne dans des conditions musclées, arrive la troisième phase, le longe-côte Galicien en bas des falaises, sans lune s’il vous plait !

La grande traversée a bien secoué les marins, la houle croisée faisait largement partie du jeu soigneusement accompagnée des 35 noeuds de Nord Est qui ont poussé les bateaux à leur maximum. L’entame des côtes Ibériques s’est fait dans un autre style, de type orage et caprice éolien. Une nuit complètement noire où il fallait jongler entre effets de côte et déventes duent à la falaise Espagnole. Les éclairs eux aussi étaient de la partie, atmosphère mystique avant l’arrivée de cette deuxième étape qui commence à sérieusement ressembler à un tour du monde miniature au vu de la diversité des conditions rencontrées. Pierre aura réellement fait face aux éléments pendant cette deuxième course, mais l’arrivée n’est plus très loin !

Il faut encore pénétrer dans le golfe de Portosin qui peut voir disparaître le vent en un instant. Mais ce dernier semble tenir ! Petit coup de pression avant de pénétrer dans la Ria de Muros e Noia où un petit bouchon se crée dans une belle molle aux portes du golfe. La course aurait pu revenir par l’arrière ici précisément, mais les écarts étant plus importants que sur la précédente course, ce passage à niveau ne fait qu’amortir la flotte. Le vent revient et c’est dans une vingtaine de noeuds que Pierre franchi la ligne d’arrivée au près juste avant l’aube ! Il est 5h 11min et 2s, Pierre passe l’arrivée à la 15ème place et prend par la même occasion une 14ème place au classement général après deux étapes ! Il sait que la régularité paie, il faut continuer comme ça, pour bien figurer sur la durée !
« J’ai cette année la chance d’avoir un team complet qui s’occupe de remettre bateau et bonhomme à 100% dès l’arrivée ce qui me laisse beaucoup plus de temps qu’avant pour dormir quand avant je devais aller bricoler »

Les marins le savent, la course se joue aussi à terre, plus que jamais sur une épreuve telle que la Solitaire.
Il est bien dans le match contrairement à certaines têtes d’affiches, la troisième étape pourra être déterminante pour le reste de cette 49ème Solitaire URGO le Figaro. “C’est une étape où contrairement à la précédente, je suis allé chercher loin dans la fatigue, mais je suis déjà dans ma course à étudier les fichiers météo pour la suivante, concentré et motivé !”

Thibault BERNARD