Peter Laureyssens : Le Belge volant des Canaries

Peter Laureyssens
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– Comment un Belge, travaillant comme consultant en informatique, fait-il pour se retrouver seul sur une coque de noix en plein milieu de l´Atlantique ?
Peter Laureyssens : “En fait, pendant deux ans, j´ai travaillé à Paris. Un jour, dans une revue nautique française, j´ai lu un article sur la Mini-Transat : ça m´a bien plu et c´est comme ça que tout a commencé. Je me suis rendu au chantier qui construisait les Pogo 1 (NDLR : le chantier Structures à Combrit – Sainte-Marine dans le Finistère) pour en acheter un. Là, ils m´ont dit qu´un Pogo 2 allait bientôt sortir et que, si j´attendais six mois, je pourrais en avoir un. J´ai attendu et c´est ainsi que j´ai eu le premier Pogo 2 en avril 2003″”.

– D´où vous vient cette passion de la mer ?
P.L. : “”Nous avons la Mer du Nord à 100 km de la maison. Il y a également beaucoup de régates entre la Belgique et la Hollande. Moi, tout petit, j´habitais près d´un lac et il y avait une école de voile juste à côté…””

– Malgré des pépins techniques, vous avez réussi à triompher à Lanzarote. Racontez-nous cette première étape…
P.L. : “”J´ai déchiré mon petit spi lors de la deuxième nuit de course alors que j´étais au nord des côtes espagnoles, à la hauteur de Gijon. La même nuit, j´ai cassé des lattes de grand-voile et ma liaison entre les deux barres. Il y avait des rafales à 35-40 nœuds et ça m´a surpris : c´est comme ça qu´on apprend. J´ai mis 1 h 30 pour tout remettre en ordre et réparer, sauf le petit spi. Le vent s´est calmé après le Cap Finisterre et pendant 5-6 jours, j´ai pu naviguer sous grand spi””.

– Sylvain Pontu (2e à 44´) reste un sérieux rival. Comment allez-vous aborder la deuxième partie de course ?
P.L. : “”Déjà, cette première étape m´a permis d´apprendre beaucoup, notamment que la Transat 6.50, c´est autre chose que le Mini-Fastnet ou la Transgascogne. Entre Lanzarote et Bahia, il faudra être plus prudent, ne pas attaquer autant, prendre moins de risques””.

– D´où vient ce surnom de “”Belge volant”” ?
P.L. : “”Ah bon, on m´appelle comme ça ? Je ne savais pas, c´est une surprise pour moi. Comme ce fut une surprise de terminer 12e au scratch de ma première course, la Mini-Fastnet 2003. Je visais la 40e place et je termine 12e. En fait, c´est le travail effectué avec AOS à Lorient qui m´a fait progressé. Grâce à cette structure, j´ai énormément appris. Depuis octobre 2004, on a fait des speed-tests, des manœuvres, pris des cours, etc… Nous étions 12 Pogo à Lorient et, forcément, on a tous progressé””.

– A la barre de votre Pogo 2, vous rivalisez avec les meilleurs protos (13e au scratch) : envisagez-vous de passer un jour en proto ?
P.L. : “”Le Pogo 2 est un super bateau, très sain et stable, mais j´ai envie de passer en proto. D´ailleurs, j´ai demandé à Pascal Conq de m´en dessiner un : il est actuellement en construction chez Thierry Fagnen à La Trinité-sur-Mer. Le bateau sera mis à l´eau en janvier prochain et je compte bien refaire la Mini en 2007″”.

– Après la Mini, un Vendée Globe ?
P.L. : “”J´en rêve, mais d´abord, je veux arriver à Bahia. Au Brésil, je dois récuperer le 60 pieds “”Ecover”” de Mike Golding après la Transat Jacques Vabre pour le ramener en Europe avec trois autres marins””.

Propos recueillis par Philippe Eliès”