Pénurie énergétique pour Isabelle Joschke

Synergie Travail Temporaire - Isabelle Joschke
DR

“La première nuit de course a démarré très fort, avec une solide brise portante. Je naviguais sous spi médium et grand-voile à un ris (grand-voile réduite d´un quart de sa surface) et je suis partie à l´abattée (violente sortie de route où le voilier se couche en travers de la route, du vent et des vagues). Degrémont est resté couché pendant vingt minutes environ, le temps que je réussisse à récupérer le spi et à remettre tout en ordre. J´étais très fatiguée, mais tout allait bien à bord””.

“”Le dimanche en début de journée, après une quinzaine d´heures de course, j´ai voulu démarrer le groupe électrogène pour recharger mes batteries. Il n´a rien voulu savoir et j´ai passé presque toute la journée à le démonter et à le remonter, sans succès. Pendant ce temps, j´ai beaucoup sollicité le pilote automatique et les batteries se sont complètement déchargées. Ensuite, elles n´ont pas réussi à retrouver leur charge grâce aux panneaux solaires, qui permettent d´entretenir la charge mais pas de la reconstituer complètement. Dès lors, je ne pouvais plus utiliser le pilote automatique.””

“”Je pense que la position couchée, lors du départ à l´abattée de la première nuit a été fatale à mon groupe électrogène, qui a pourtant été révisé juste avant le départ et qui fonctionnait parfaitement. Ensuite, j´avais le choix entre faire escale à La Corogne et acheter un groupe et des batteries, ou continuer en barrant tout le temps. J´ai considéré que la seconde solution était la moins pénalisante en temps et j´ai donc doublé La Corogne sans m´arrêter.””

“”Psychologiquement, c´est dur de ne plus jouer pour gagner, de ressasser des heures et des heures que je suis en train de décevoir mes partenaires et tous ceux qui croient en moi et m´aident depuis l´origine ; dur d´être ainsi contrainte à ne pas tenir ses engagements !””

“”Physiquement, je m´astreignais à ne dormir que trois heures par tranche de vingt-quatre heures, en arrêtant complètement Degrémont pendant mon sommeil, car nos prototypes ne savent pas aller droit sans barreur. Les man¦uvres étaient délicates, car je ne pouvais pas lâcher la barre sous peine de sortie de route et d´avarie. Je n´ai pas mangé chaud de toute la course, car je préférais barrer plutôt que de perdre du temps à faire la cuisine ou diminuer mon temps de sommeil pour un repas chaud. Résultat, j´étais exténuée à l´arrivée.””

“”Je vais faire réparer ou changer ce groupe électrogène récalcitrant. Rémi Aubrun, de la voilerie All Purpose va réparer les petits accrocs – rien de bien grave – aux voiles et un préparateur du Team SailingOne va m´aider à boucler ma préparation durant la dernière semaine avant le départ, fixé au samedi 8 octobre. Mon objectif est de démontrer que je suis capable de terminer cette Transat 6,50 dans des conditions dignes de la confiance qui m´est portée, en réalisant un bon résultat sur les 2 900 milles (5 370 km) qui séparent Lanzarote de Bahia.”””