Le skipper malouin aborde la course dans les meilleures conditions, avec notamment l’arrivée d’une nouvelle Grand Voile et de deux nouvelles voiles d’avant. Aux commandes d’un bateau toujours aussi performant, le 7ème du dernier Vendée Globe s’apprête à vivre une fantastique transatlantique, tout en étant aux 1ères loges pour observer les options technologiques prises par certains concurrents de la flotte IMOCA.

Le mois de septembre a été celui d’une excellente nouvelle pour Louis. Après discussion avec son sponsor principal, Bureau Vallée et ses co-sponsors (Fellowes, APLI-Agipa, Exacompta, Rhodia et Clairefontaine de retour dans le pool des partenaires), Louis a pu engager la fabrication d’une nouvelle Grand Voile et d’un nouveau J2 : « Depuis que j’ai Bureau Vallée II, j’ai navigué alternativement avec les toutes premières voiles du bateau d’Armel le Cleac’h, celles qui avaient fait le Vendée Globe avec lui. C’est à dire des voiles qui ont quasiment deux tours du monde au compteur. Cela devenait donc compliqué de viser la performance. Les voiles c’est le moteur du bateau. Il y a bien entendu d’autres éléments, mais les voiles c’est tout de même central » explique Louis, avant d’ajouter : « Bien entendu ce n’est pas un jeu complet de nouvelles voiles, mais une nouvelle Grand Voile, un nouveau J2 et nouveau grand SPI. Le J2, c’est l’une des voiles d’avant les plus utilisées sur un IMOCA tel que Bureau Vallée II. Quant au grand SPI, c’est aussi une voile très importante sur la Route du Rhum, qui est une course qui se joue beaucoup au portant et notamment sous SPI. Et puis en solitaire c’est important d’avoir un SPI en très bon état, alors neuf c’est l’idéal. »

Autant de nouveautés qui permettent à Louis d’être serein en matière de performance potentielle et de fiabilité des voiles. « Pour la Grand Voile nous avons opté pour un matériau top de chez North Sail, avec qui nous travaillons depuis 7 ans : du 3DI Raw. C’est une technologie comparable à celle dont avait bénéficié le bateau lors du Vendée Globe 2016-2017, mais comme c’est une voile faite pour les transatlantiques et pas un Tour du Monde, c’est un peu plus léger et ca va donc dans le sens de la performance. Même matériau pour le J2. Quant au Code 0 et Gennaker, je vais réutiliser les voiles précédentes qui sont encore en bon état. »

Pour le skipper malouin cette nouvelle édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe va aussi être placée sous le signe de l’observation : « On sait qu’il y a pas mal de foilers qui ont déjà installé le système qui permet de jouer sur l’incidence des foils, et donc un vrai gain potentiel de performance. Nous n’avons pas pris la décision d’y aller cette année. On devrait pouvoir le faire l’année prochaine. Alors sur cette course, on va bien regarder comment marchent ces bateaux. Et puis il y a un IMOCA nouvelle génération très extrême (ndrl : Charal) qui vient d’être mis à l’eau, ça va être très intéressant de voir comment ça se passe pour Jéremie Beyou. On a fait un peu moins d’évolutions sur le bateau que les autres, cela s’explique aussi par le montant de notre budget qui se veut raisonnable. C’est un budget sur 4 ans, cela nous permet donc de faire les choses au fur et à mesure. Cette position d’observateur est très importante pour nous dans l’objectif du Vendée Globe, cela nous permet de prendre un peu de temps, d’étudier les évolutions prises au sein de la flotte, de regarder les solutions qui fonctionnent vraiment et donc de faire au moment opportun les bons choix techniques. »

UN BATEAU QUI RESTE TRES PERFORMANT

Alors quel objectif pour le skipper malouin à l’occasion du 40ème anniversaire de la plus mythique des transatlantiques ? « Pour moi c’est de pouvoir compter sur un bateau qui est très fiable, puisqu’il a gagné le dernier Vendée Globe. Tous les petits bobos liés à ce tour du monde ont été réparés. Bureau Vallée II est bien entretenu, parfaitement suivi par l’équipe, avec certaines améliorations, très performant par rapport à l’ensemble de la flotte. J’ai très envie de le mener le plus fort possible, pour essayer d’être aux meilleures places à l’arrivée à Pointe-à-Pitre. »

UN SUIVI PHYSIQUE POUR ETRE REPOSE ET PRET POUR LE DEPART

A côté de tout le travail effectué sur le bateau, Louis a également su s’entourer pour optimiser sa préparation personnelle : « J’ai autour de moi une nouvelle équipe pour ma préparation physique, sportive et médicale. A commencer par un ostéopathe qui me fait beaucoup de bien ! Il m’a notamment réparé et débloqué certains maux qui dataient du dernier Vendée Globe. C’est important pour la concentration et l’apaisement intellectuel. Ca va me permettre d’arriver reposé et en forme au moment du départ. Cela fait longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien. Mon coach sportif me fait travailler sur le cardio, la respiration et surtout sur la capacité à ne pas se blesser. Et puis mon fidèle médecin Gwen Roth (ancien champion du monde de formule 18, deuxième de la dernière Transquadra), qui connaît bien tous les enjeux médicaux en départ de course, veille particulièrement au grain. Enfin, je peux compter sur toute l’équipe de mon écurie (BE Racing) et l’équipe du projet voile chez Bureau Vallée. Cela fait beaucoup de personnes qui travaillent sans relâche autour de moi. Avec tout çà je mets toutes les chances de mon côté, pour partir dans les meilleures conditions le 4 novembre prochain» conclut le skipper Bureau Vallée.