C’est à l’occasion d’une très belle soirée à Paris, que Patricia Brochard et Thomas Coville nous ont annoncé la construction prochaine d’un nouveau trimaran, le S5, comme 5è Sodebo. Un trimaran qui sera dans les limites maximales du cadre de la catégorie Ultim, soit 32m de long et 23m de large. Une taille similaire au futur Banque Populaire IX. Il sera le fruit d’une réflexion commune avec plusieurs architectes dont Vincent Lauriost-Prévot, Renaud Banuls, Martin Fischer. L’autre nouvelle est que Sodebo devrait venir installer sa base à Lorient l’année prochaine, à côté de Gitana.

Après son magnifique record, la question de l’après revenait souvent. L’entreprise vendéenne, leader sur son marché, et le skipper désormais recordman du tour du monde, se lancent ensemble dans une nouvelle aventure. Qui dit nouveau défi, dit nouveau projet. Ce partenariat entre un homme et une entreprise a commencé il y a 18 ans et elle se poursuit aujourd’hui avec la construction d’un nouveau bateau qui sera conçu pour la course autour du monde en multicoque et en solitaire dont le départ sera donné de Brest à l’automne 2019.

Patricia Brochard, coprésidente de SODEBO revient sur la genèse de cette décision et partage les ambitions de ce nouveau défi tandis que Thomas Coville nous explique sa démarche.

PATRICIA BROCHARD
« Avec ce nouveau bateau, notre ambition est bien de figurer au premier plan face aux acteurs en présence. Avec le collectif Ultim, nous sommes en train de constituer une flotte capable d’apporter de l’émotion et de susciter de l’intérêt. Parmi nos objectifs, outre la sécurité, nous voulons offrir des courses avec du suspense, de l’émulation entre les marins et pour chaque événement, une histoire à écrire qui pourra passionner le public

Depuis un an, nous échangeons avec Thomas et son équipe avec, au centre de nos débats, le timing, le bon moment pour se lancer dans un nouveau bateau. Dans toute phase d’innovation, il faut arriver au bon moment. Nous le savons aussi chez Sodebo pour nos lancements de produits. Il nous arrive de renoncer quand nous estimons que nous ne sommes pas dans le bon timing.

Nous avons envisagé d’améliorer Sodebo Ultim’. Avec cette plate forme, nous partions de nouveau d’une contrainte que nous pouvions améliorer mais pas révolutionner. La décision finale a été prise, pendant le tour du monde, avec l’envie d’innover. Les enseignements de ce tour du monde en mode record ont permis d’enrichir la réflexion et donc la prise de décision. A chaque fois qu’on innove, on prend un risque. Heureusement, l’expérience permet de le limiter. Et un risque, c’est aussi une opportunité. Chez Sodebo, l’innovation fait partie de notre histoire, de notre ADN.

Thomas naviguera sur Sodebo Ultim’ pendant encore deux saisons et sur le nouveau bateau en 2019. Le trimaran sera ensuite à vendre permettant ainsi à un nouveau projet de participer à cette course majeure que sera le tour du monde en Ultim en solitaire en 2019. Nous avons toujours revendu nos bateaux pour alimenter les compétitions existantes. Ce nouveau projet a pour ambition de continuer à révéler l’entreprise au travers de ce sponsoring et de faire vibrer toujours plus de personnes grâce à ce sport et ces marins qui racontent de belles histoires. »

THOMAS COVILLE
« Ce nouveau bateau est pour nous la concrétisation de cette idée qui a germé en 2007 en ouvrant le terrain de jeu au tour du monde en multicoque en solitaire. Malgré le devis de poids très présent avec les bras qui datent des années 2000, Sodebo Ultim’ reste un bateau intéressant et performant qui a de très grandes qualités parmi lesquelles sa polyvalence, sa simplicité et sa robustesse.

Tout ce qu’on a appris et conçu avec Sodebo Ultim’ nous sert aujourd’hui. Nous avons la chance d’avoir un Ultim comme laboratoire pour tenter, chercher, explorer, tester grandeur nature et concevoir un nouveau bateau. Nos trois tours du monde en multicoque en solitaire constituent une base de données unique. En 2007/2008, nous avons avions une vision, celle de pouvoir faire le tour du monde en solitaire sur un multicoque.

Pour continuer après la Route du Rhum 2014, il fallait que je m’entoure de spécialistes qui m’alimentent, qui me nourrissent. Tous les vendredis, nous avons mis en place une veille technologique pendant laquelle nous débâtions sur ce que font nos concurrents directs ou pas. Nous avons dialogué avec des architectes qui nous ont immergé dans cette évolution technologique des bateaux qui volent. Nous avons aussi observé tout ce qui se fait de mieux dans la voile actuelle, sur la Coupe de l’America et même dans l’aéronautique et l’automobile en se posant la question : si je devais concevoir un nouveau bateau, qu’est ce qui nous aiderait ?

Nous sommes sur un projet qui n’est pas encore définitif avec des avant-projets pionniers et une organisation très innovante que nous dévoilerons au printemps.

Nos bateaux sont aujourd’hui capables de participer à un programme complet avec les courses historiques et de nouvelles épreuves dont de l’équipage qui nous permet de former des marins pour transmettre et donner la place aux jeunes talents. Cette idée de nouveau bateau m’a accompagné pendant le record. Quand c’était vraiment dur, cette dynamique m’a permis de trouver de la ressource et de l’énergie. Pour me motiver, j’imaginais que j’étais en course et qu’il y avait un bateau à côté de moi …

L’émulation, la compétition est au cœur de notre système et de notre évolution. Aujourd’hui, notre plateau se constitue et nous construisons avec le collectif en vue ce tour du monde en solitaire au départ de Brest en 2019. »

Agenda
2017
The Bridge (équipage)
Transat Jacques Vabre (double)

2018
Route du Rhum (solitaire)
Mise à l’eau du nouveau bateau fin 2018

2019
Course autour du monde en solitaire en Ultim

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