Un nouveau départ dimanche pour Charal ?

Banque Image aérienne de l'IMOCA CHARAL, skipper Jérémie BEYOU (FRA), le 23 Septembre 2018, au large de Groix - Photo Yvan Zedda / Alea

Jérémie Beyou scrute la météo et compte les heures : le skipper a envie d’y retourner pour continuer à naviguer sur Charal. Il lui faut attendre la fin de la construction de deux pièces indispensable à son système de barre.
Lundi dernier, alors que la tempête faisait rage dans le golfe de Gascogne, où la flotte de la 11e Route du Rhum – Destination Guadeloupe commençait à s’aventurer, Jérémie Beyou a lancé un message vers son équipe à terre pour annoncer une avarie du système de barre et dire que le bateau était devenu incontrôlable après être parti en toupie. Mardi, dans la nuit qui tombait, Charal a retrouvé Lorient après avoir été remorqué. L’équipe de Charal Sailing Team avait déjà commencé à travailler sur les réparations à venir.

Pour permettre à Charal de revenir en course, il fallait reconstruire deux pièces, des palonniers de safran (plus précisément l’interface entre le palonnier intérieur et le palonnier extérieur), de dimensions importantes et de conception complexe.
Le système en lui-même est fait en aluminium par les sociétés Prodesign 3D et Méca Lorient, et l’adaptation du système au bateau, en carbone, est réalisée par l’équipe technique de Charal Sailing team.Avant que Charal sorte du chantier, l’été dernier, ces pièces avaient demandé un peu de temps, entre la commande et la livraison. « Là, nous sommes en train de les refaire en deux jours, salue Jérémie Beyou. Elles ne sont pas finies, il faut le temps de l’usinage, de la stratification, du collage et du séchage.
Ce sont des temps de fabrication incompressibles si nous voulons éviter une nouvelle casse ».

D’autres éléments du bateau ont également subi quelques dommages dans le mouvement intempestif du bateau et ont également fait l’objet de soins assidus. « Tout le monde est mobilisé toute la journée et quasiment toutes les nuits pour nous permettre d’être à nouveau en stand-by, précise le skipper. Encore une fois, tout le monde fait un gros effort. On savait que tout n’était pas parfaitement fiabilisé sur le bateau, et ça fait du bien de sentir qu’une équipe solidaire porte ce projet.

Tandis que l’équipe technique s’affaire aux réparations, Jérémie Beyou garde un œil sur la météo, dans l’attente de la fenêtre météo qui lui permettra de repartir sereinement et dans les meilleures conditions.

« Une nouvelle situation violente se présente depuis mardi et ça va durer jusqu’à samedi. A partir de samedi-dimanche, cela devrait s’atténuer avec une « frontologie » plus classique (l’étude des différents fronts météo, ndlr). On croise les doigts pour qu’il y ait des conditions d’un retour sur l’eau plus simples qu’actuellement, j’ai envie de repartir pour continuer à fiabiliser le bateau. Parce que je sais que le meilleur est à venir ».